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National 7 Février 2010
     
   
  Haïti: Réflexions du Dr Fresnel Larosilière


Si vous n'êtes pas un homme de parti mais une partie de tous les hommes. Si vous pensez que la politique ne changera pas l'haïtien mais c'est l'haïtien qui doit changer de politique. Si vous faites de la misère de l'autre votre pauvreté et son mieux être votre vraie richesse. Si vous faites de l'amour votre sève, la liberté votre choix et l'éternité votre but, alors la déclaration qui suit est aussi la votre. Je vous invite à la partager avec moi.

Déclaration

Profondément affligés par ce désastre, sans précédent, qui a endeuillé toutes les familles haïtiennes, nous nous sentons dans l'obligation de faire une halte, dans la réflexion et le recueillement, pour honorer la mémoire de nos centaines de milliers de frères et soeurs, qui ont été fauchés par la mort impitoyable et pour être à coté des centaines de milliers de nos concitoyens, sans abris, qui vivent au quotidien dans la peine, dans la douleur, dans l'angoisse et dans les privations de toutes sortes.
Comme tous ceux qui, miraculeusement, ont survécu à cette catastrophe, la plus meurtrière de toute notre histoire de peuple, nous nous considérons comme des privilégiés. Cette survivance, pour chacun d'entre nous, a un prix. Nous saluons ceux qui, parmi nous, d'une façon ou d'une autre, ont assumé leur responsabilité, en s'engageant dans l'immédiat, individuellement ou sous la direction des compétences et des organisations structurées et reconnues, à panser les plaies physiques et psychiques de nos rescapés.

A long terme, nous voulons et nous devons nous engager pour une remise en question de l'homme haïtien dans son être intime qui nécessite des transformations profondes et pour la reconstruction de notre Haïti chérie, défigurée et meurtrie. Qu'il devienne, enfin, ce coin de terre, le seul qui nous est légitime, un pays ou il fait bon de vivre, pour chacun de ses enfants.
Ces engagements nous devons les concrétiser, dans une discrimination positive et citoyenne, donnant la priorité aux thèmes, aux problèmes et aux solutions qui nous paraissent indispensables, si nous voulons que notre Haïti s'affranchisse de ses démons qui l'ont entravée depuis toujours.
- Nous devons reconnaitre et admettre que, si nous n'avons pas fait échec comme patrie, nous n'avons jamais réussi, comme nation, à édifier une société de droit, charpentée sur la paix, la justice, le respect mutuel et le progrès continu. Nous avions été beaucoup plus souvent digérés que dirigés. Prenons aujourd'hui ensemble la résolution de travailler pour bâtir un nouveau pays ou les valeurs universelles de droit de l'homme seront toujours présentes et pratiquées.
-La Fraternité est encore un leurre chez nous. Nous devons nous faire violence sur notre être profond pour nous délivrer de nos complexes et de nos préjugés séculaires qui nous ont toujours freinés dans notre élan pour progresser et nous épanouir. Nous devons apprendre à nous aimer vraiment pour être aimés par les autres peuples. Les Nations unies et les Nations amies qui viennent presque toujours à notre secours attendent de nous, impatiemment, cette union dans la différence qui nous a fait défaut depuis toujours et dons l'absence est l'handicape majeure à un développement pluridimensionnel

-Nous exhortons ceux qui nous aident et qui veulent nous aider vraiment à reconstruire notre pays, de le faire avec respect, générosité, et confiance, tout en les suppliant de nous assurer qu'une grande partie de l'aide ne retournera pas à leur lieux d'origine. Nous devons nous servir de l'aide reçue pour construire un pays et aider un peuple en désarroi et non pour nous enrichir indécemment. Combattons la corruption sur toutes ses formes, pour mériter le crédit et la confiance de tous.
Nous devons reconnaitre nos faiblesses si nous voulons progresser. L'étranger nous classe dans la catégorie des rares peuples qui ne peuvent pas prendre leur destin en main. Nous avons accomplis de trop grandes et belles choses à travers notre histoire unique et héroïque. Admirons ce peuple dans son courage et son altruisme durant les premières heures qui ont suivi la grande secousse dévastatrice, corps et âme, ils se sont précipités sous les dangereux décombres pour sauver des centaines de vies anonymes. Prouvons au monde que nous pouvons faire mieux encore en nous unissant pour une nouvelle indépendance avec leur aide coordonnée et efficace. Sachons que la vraie indépendance est dans l'interdépendance.
-Il n'y a pas de hasard il n y a que des rendez vous. La terre a tremblé naturellement pour maintenir dans son sein, un certain équilibre. Cependant, nous avons tout fait, par notre irresponsabilité et notre manque d'amour pour ce pays et son peuple, pour que ce séisme fasse le maximum de dégâts. Le culte de la négation et de la fatalité lié à des déviations et des compromissions tant que spirituelles que morales ont certainement joué leur rôle dans l'ampleur de cette catastrophe. Ressaisissons-nous et soyons désormais vrais et sincères dans nos intentions, nos convictions, et nos engagements, qu'ils soient sociaux, politiques, moraux ou spirituels.

A toutes les compétences qui auront la charge de notre pays avec une nouvelle vision et appréciation des êtres et des choses, nous leur demandons d'accomplir leur tache en pensant moins à leur droit d'avoir une rémunération équitable qu'à leur devoir envers ce pays qui, plus que jamais, a besoin de l'amour de ses enfants et de ses amis pour se remettre debout.
Nos centaines de milliers de morts qui déjà sont inhumés sans sépulture méritent au moins que nous les honorons en faisant leur deuil dans un adieu national, pour méditer et prendre des résolutions individuelles et collectives. Il serait juste que tous les medias du pays, essentiellement les radios se donnent rendez vous, un dimanche de préférence, pour se relier, dans une même fréquence et procéder, durant une ou plusieurs heures d'horloge, à un ultime hommage à nos disparus. Le dimanche 07 février ou celui de 14 février, à midi, serait très symbolique, pour les pleurer et les honorer ces enfants, ces femmes et ces hommes qui nous ont quittés.
A tout le peuple haïtien endeuillé et affligé, nous présentons nos profondes condoléances. Pour que le départ de ces centaines de milliers de vie aie un sens, nous devons nous ressaisir pour transformer l'haïtien dans son être intime et reconstruire notre Haïti Chérie avec amour, détermination et persévérance.
A tous ceux qui partagent ces réflexions avec nous et qui souhaitent une trêve politique, pour laisser libre champs à la construction morale, civique et spirituelle de l'haïtien, nous les invitons à nous rejoindre dans cette croisade pour une conscientisation citoyenne et chrétienne.
Nous ne pouvons pas refaire l'histoire, ni la défaire, mais nous pouvons la faire. Faisons la ensemble !
Humblement vôtre

Dr Fresnel Larosilière
Ce 01 février 2010
 
     
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