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Santé 15 Décembre 2008
     
   
  Haïti: Les pratiques bucco-génitales : du safe-sexe ?


Me revoilà avec un sujet au-dessous de la ceinture et, encore une fois, c'est pour la bonne cause. En effet, avec tout ce que vous allez ingurgiter comme produits euphoriques, vous serez enclin à avoir des comportements à risque. Aussi je pense que le moment est bien choisi pour faire le point sur certaines choses, en particulier le safe-sexe.
Mais commençons par en donner une définition : Le sécuri-sexe ou sexe sans risque (en anglais, safer sex ou safe sex) est un mode de relations sexuelles qui minimise les risques de contracter une maladie vénérienne (en particulier le SIDA). Il y a donc plusieurs méthodes, et la plus efficace du safe-sexe n'est pas l'abstinence ! Tout doux ! Je vais m'expliquer avant que vous ne me lanciez vos diatribes. L'abstinence n'est pas un safe-sexe, tout simplement parce que, dans ce cas, il n'y a pas de sexe justement. Avec ce genre de logique poussée à l'extrême on peut dire pas mal de choses du genre : la meilleure façon d'éviter d'être violée pour une femme est d'être consentante ; ou encore la meilleur voie pour ne pas se blesser en se servant d'un marteau est justement de ne pas s'en servir... L'abstinence est la meilleure façon de ne pas contracter le sida, mais ne fait pas partie du sécuri-sexe.

Les techniques du sécuri-sexe vont de l'utilisation du préservatif à la limitation du nombre de partenaires, en passant par des pratiques sexuelles n'impliquant pas de pénétratioin; en voici quelques-unes.
Réduction du nombre de partenaires
Comme vous pouvez l'imaginer, la pratique la plus sécurisante reste et demeure la masturbation ; c'est avoir son plaisir avec les mains pour les hommes et les doigts pour les femmes. La masturbation peut utiliser des accessoires tels que les photos érotiques ou carrément porno (attention à ne pas la salir messieurs !), mais aussi le sexe par téléphone et le cybersexe grâce en particulier aux webcams ; comme vous le voyez, on n'arrête pas le progrès...
L'axilisme est une pratique sexuelle consistant pour un homme à se masturber à l'aide des aisselles de son ou sa partenaire. La peau des aisselles étant sensible aux stimulations chez certaines personnes, les deux participants peuvent y prendre du plaisir et le rapport aboutira à un véritable orgasme (il faut vraiment de tout pour faire un monde !).
La monogamie et, par extension, la fidélité permettent aussi la réduction des risques. Il s'agit de réduction de risque (et non de suppression du risque) en raison tout d'abord de la possibilité d'infidélité cachée du ou de la partenaire, mais aussi à cause de l'existence éventuelle d'IST contractée au préalable par l'autre partenaire, sans présence obligatoire de symptômes.
La connaissance du partenaire, particulièrement son statut face aux infections transmissibles sexuellement (ITS ou IST) ,est donc utile en complément de la monogamie et réalisable, par exemple, en pratiquant des tests de dépistage des IST.
La communication avec le partenaire. Il s'agit d'être ferme en affirmant ce que l'on accepte ou non dans sa relation avec l'autre. Ceci inclut la discussion à l'avance de ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas, afin d'éviter les « décisions dans le feu de l'action ».
Éviter les substances psychoactives
L'utilisation de drogues récréatives, y compris les boissons alcoolisées, facilite en effet la prise de risques, notamment dans les pratiques sexuelles.

Éviter le contact entre muqueuses, et avec les liquides biologiques

Le contact avec le sang, les sécrétions vaginales, le liquide séminal et le sperme peut être évité par diverses méthodes :
Les barrières physiques :
Les préservatifs, utilisés du début à la fin de la pénétration, peuvent être masculins si employés pour couvrir le pénis pendant l'activité sexuelle ou féminins s'ils sont à insérer dans le vagin (et parfois utilisés pour les rapports anals en enlevant l'anneau interne) et qui ont l'avantage de couvrir la vulve. Le préservatif masculin est le plus souvent fait en latex, avec l'inconvénient de déclencher parfois des réactions allergiques. Les préservatifs féminins et certains préservatifs masculins sont produits à partir d'autres substances, comme le polyuréthane, qui ont l' avantage d'être plus résistants que le latex et qui ne provoquent pas d'allergie. Cependant, son efficacité est moins documentée que pour le latex. Les préservatifs (en particulier en latex) sont parfois accusés d'être fragiles ; à ce propos, leur utilisation doit répondre à des règles simples mais impératives qui sont les suivantes : ne pas ouvrir la pochette avec des ciseaux; ne pas les manipuler avec les ongles (utiliser la pulpe des doigts); ne pas employer de lubrifiants à base d'huile ou de matières grasses avec des préservatifs en latex (ce qui les rend poreux);et appliquer régulièrement du lubrifiant, particulièrement lors d'un rapport anal. Il ne faut jamais mettre deux préservatifs l'un par-dessus l'autre (les frottements latex contre latex pouvant provoquer la déchirure) ni réutiliser un préservatif usagé, et toujours s'assurer que le préservatif n'a pas dépassé la date de péremption . Ils ne doivent pas non plus être conservés dans un porte-monnaie ou une poche de pantalon, afin d'éviter que les frottements ne les altèrent. Il existe des préservatifs fabriqués à partir de peau ou d'intestin d'animal, tel que le Trojan NaturaLamb, qui ne sont pas considérés comme fiables du fait de leur porosité et du passage possible de virus tels que le VIH.
La digue dentaire est une feuille de latex (utilisée par les chirurgiens dentistes pour isoler les dents en cours de traitement) qui est typiquement employée comme barrière entre la bouche et le vagin pendant le cunnilingus ou entre la bouche et l'anus pendant l'anulingus. Comme alternative à une digue dentaire si celle-ci n'est pas disponible, un morceau de pellicule en plastique (telle que le Saran Wrap™) peut également être employé comme barrage dentaire, mais les pellicules en plastique conçues pour four à micro-ondes sont trop poreuses. On peut également improviser une protection en découpant des préservatifs ou des gants de vinyle ou de latex.
Les gants médicaux, fabriqués à partir de latex, de vinyle, de nitriles ou de polyuréthane peuvent être employés en lieu et place des barrages dentaires pendant le sexe oral ou pour protéger les mains pendant la masturbation mutuelle. Les mains peuvent avoir des blessures invisibles à l'oeil nu qui peuvent laisser passer les virus et les microbes pathogènes qui se trouvent dans le sperme ou les fluides vaginaux. Bien que le risque d'infection de cette manière soit estimé comme bas, les gants procurent une précaution supplémentaire. Les gants rendent également la masturbation mutuelle plus confortable en empêchant les ongles pointus de griffer accidentellement les organes génitaux.
Le spermicide Nonoxynol-9 a été prétendu réduire la probabilité de la transmission d'IST. Toutefois, plus de preuves sont nécessaires pour vérifier ceci et il ne peut pas être recommandé à cette fin en 2008 [réf. nécessaire] .
Nonoxynol-9 est irritant et peut produire des déchirures microscopiques dans les parois muqueuses, ce qui porte à croire que la transmission d'IST est facilité par le passage d'agents pathogènes au travers de ces muqueuses.
Une autre manière d'éviter le contact avec le sang et le sperme est « l'outercourse », c'est-à-dire une activité sexuelle n'impliquant pas la pénétration (attouchements sexuel au-dessus et en dessous de la ceinture, baisers, câlins, holding hands...). Bien que la méthode soit efficace, elle n'est que rarement mentionnée par les éducateurs de sécuri-sexe.
Bon ! comme vous l'avez constaté, les pratiques bucco-génitales ne peuvent prétendre être sans danger bien que ce dernier soit assez faible. Cependant, les méthodes de protection employées sont parfois acrobatiques ; je ne me vois pas stimulant le bouton de rose d'une femme à travers un sachet en plastique ; mezanmi, où « allons-nous » ?

Dr Philippe DESMANGLES
pdesmangles@yahoo.fr

 
     
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