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| Haïti: EDITO : Duvalier-Martelly, un vrai "pèlen tèt" La décision du juge Carvès de poursuivre ou pas Jean-Claude Duvalier devait être connue ce vendredi. Une grève des greffiers a retardé la publication de l'acte (ordonnance) devant signifier dans quel sens ira ladite décision. La veille, depuis la Suisse - le seul pays à avoir saisi des avoirs de la famille Duvalier -, le président Martelly a accordé une interview à une agence de presse internationale sur le cas Duvalier. Le président de la République a donné son avis sur l'affaire. Il ne souhaite pas la tenue d'un procès. Il envisage même de gracier l'ancien président Duvalier, selon ce que rapporte l'agence de presse. Il nous faut regarder vers l'avenir, dépasser le passé », a poursuivi le président. Ce vendredi, revirement total. Sur une radio de Dublin, pendant son voyage en Irlande, le président Michel Martelly s'est éloigné de sa proposition énoncée la veille lors de l'entrevue. Pas question de pardonner à l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier. Le président Martelly a précisé avoir simplement dit vouloir mettre fin au conflit interne qui a longtemps frappé son pays. M. Martelly, qui s'exprimait dans le cadre d'une entrevue accordée à une station de radio dublinoise, dit n'avoir «jamais proposé de pardonner» au dictateur, qui est sous le coup d'une enquête judiciaire pour les crimes commis pendant son règne. Dans l'entrevue de vendredi avec la station irlandaise Newstalk FM, M. Martelly s'est fait demander pourquoi il pardonnerait à Duvalier, et le président a dit avoir été mal compris par l'Associated Press. Il affirme maintenant que la réconciliation ne concernait pas Duvalier, ajoutant que seul le système judiciaire haïtien peut trancher. Plusieurs observateurs jugent maladroite l'intrusion du président dans une affaire qui n'est pas encore au stade de la mise en accusation. Parler de grâce avant un procès est prématuré. Avant la mise en accusation, cela a l'allure d'une mise en garde au juge, à la justice. Que peut faire un juge après une prise de position, dans un sens et dans l'autre, de l'autorité exécutive ? La justice haïtienne est entre deux chaises dans cette affaire. Ce qui est dit est dit. Même si on le dédit, il laissera des traces, pèsera dans la balance. Dans quel sens? On ne saura jamais. L'indépendance de la justice est un concept creux si les autorités ne font pas tout pour lui donner du relief. Le président de la République n'est-il pas, de par la Constitution, celui chargé de faire respecter les lois et garantir la bonne marche des institutions ? Depuis la présence remarquée de Jean-Claude Duvalier aux cérémonies officielles du 12 janvier, il se disait dans l'opinion publique que l'équipe Martelly-Conille a pris position en faveur de l'ancien président à vie. Ce n'est pas une surprise, tant le président Martelly prêche la réconciliation avec tous les anciens présidents et prône l'apaisement. Plus surprenant fut le salut entre les ex-présidents Bill Clinton et Duvalier. Cela avait raffermi l'opinion dans ses certitudes que la communauté internationale aussi trouve bien le retour au-devant de la scène de l'ancien président. Cela dit, des acteurs de la communauté internationale font pression pour que le cas Duvalier soit un exemple. Martelly est piégé dans cette affaire par son passé, ses amitiés et ses opinions connues. Par la dépendance d'Haïti envers ses bailleurs et les obligations morales et légales contractées librement par l'ancien et toujours pays de Jean-Claude Duvalier. Frantz Duval duval@lenouvelliste.com |
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