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Culture 28 Février 2007
     
   
  Haïti: Quand les chaînes de télédiffusion des Cayes font des frustrés


Les Cayens n'ont pas vu sur les trois chaînes de télévision locale les défilés et les couleurs du carnaval Solèy leve. Des télespectateurs expriment leurs frustrations. La politique de télécommunication du gouvernement était rudement mis à l'épreuve dans la métropole du Sud.

 
 
Défilé au Champ de Mars que les télespectateurs des Cayes n'ont pas vu
  (Photo: François Louis)
   
 
 
Des reines flamboient dans leurs habits d'or dans la capitale qui pourraient faire la joie des Cayens
  (Photo: François Louis)
   
 
 
La régie de Télé Métropole du Sud (TMS)
   
 
 
Salle de retransmission
   
Le carnaval de Bahia au Brésil et celui des provinces de la Guyane française occupait l'espace des chaînes de télévision des Cayes durant les trois jours gras. Pas une minute du défilé à Port-au-Prince n'a été diffusée. La déferlante vague du Champ de Mars, le rendez-vous du soleil avec la lune sur le parcours du carnaval, le rayonnement de l'astre tant chanté dans la peinture de Tiga sur les costumes des rois et reines caracolant à la tête de diverses tribus, les chars allégoriques, les décibels des orchestres montés sur des chars... toutes ces images, pour les Cayens, s'étaient cantonnées, isolées, dans l'aire festive de Port-au-Prince.

La télévision nationale d'Haïti a beau répartir ses caméras sur plusieurs stands qui étaient installés sur le circuit des trois jours gras pour rendre plus attrayantes et dynamiques les images, les Cayes restaient en dehors de ce paysage audiovisuel. Ce qui a rudement mis à l'épreuve la politique de communication du gouvernement sur tout le territoire à l'occasion d'un événement culturel appelé à être rentabilisé tant sur le plan national qu'international.

Frustrations


Les chaînes de télévision de la métropole du Sud ont joué la carte de l'évasion. La 6 a préféré servir ses téléspectateurs de méringues des ténors du carnaval de Port-au-Prince et de documentaires. La 9, télé Eric, en a fait de même. Télé Métropole du Sud (TMS) ou la 12 les a transporté tantôt au Brésil, tantôt à la Guyane française.

Plusieurs téléspectateurs que nous avons rencontré n'ont pas caché leurs frustrations. Ils se disent lésés. « Quand nous savons que les Haïtiens de la diaspora vivent en direct cet événement et que nous autres qui sommes dans le pays ne peuvent pas voir ce qui se passe, c'est dur ! », clame René.


Le même sentiment de frustration traverse Nadine qui n'a pas chez elle l'Internet pour se retremper dans les grandes réjouissances populaires. « Je suis restée chez moi durant les trois jours gras à l'idée d'apprécier ce que le comité du carnaval avait tant vanté pendant la période pré-carnavalesque ; à mon grand étonnement, aucune chaîne de télévision aux Cayes n'a daigné retransmettre le carnaval. Et dire qu'elles ont des moyens pour le faire, car, elles ne ratent jamais les matchs qui se déroulent en Italie », proteste-t-elle.

Un opérateur de TMS a laissé entendre qu'il était très difficile pour la télévision de retransmettre le carnaval. Les images du site quoique nettes n'ont pas la même résolution sur le petit écran, a-t-il dit. Plus loin, il a ajouté que même les matches importants qui passent au stade Sylvio Cator n'arrivent pas à être captés.

Soulignons, toutefois, que la foule a gagné les rues des Cayes pendant les trois jours gras. Des bandes à pied ont drainé du monde. Un char de disc-jockey a sillonné plusieurs artères, diffusant les tubes qui accrochent la foule.

Comme pour les matches de football, la population cayenne, s'il plaît aux propriétaires des chaînes de télévision, pourra vivre « kanaval solèy leve » en différé.

Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
 
     
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