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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
Le Brésil, parmi les nouveaux meilleurs amis d'Haïti, est en train de prendre une place à part. Depuis 2004, la terre de Pelé fournit une portion importante du contingent des troupes de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustha). Cette dernière permet au pays le plus va...
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SOCIETE
Carte blanche à Jean-Claude Boyer
Catastrophe
La quête de compréhension
Le Nouvelliste | Publié le :26 février 2012
 Jean-Claude Boyer Jc2boyer@yahoo.com
Après avoir rencontré, au supermarché de mon quartier, l'ingénieur Jean Péan qui, l'air désabusé, déplora l'incompréhension collective («Ils n'ont rien compris ! », me dit-il) après un choc aussi dévastateur, je nourrissais le secret espoir d'un changement de cap dans les pratiques de notre vie de peuple. En réalité, un mois après le drame, le discours dominant inclinait à la simplicité, à l'humilité. Des voix s'élevaient pour inciter les uns les autres à être plus humbles : « Fè n pi piti», conseillait-on à la ronde. L'illusion s'envola très vite. Le malfonctionnement reprit le dessus. Morgue, suffisance, distanciation, esseulement réapparurent. J'oscillai pendant un an dans l'espérance du ressaisissement, d'une prise de conscience qui amènerait au mieux-être, au vivre-ensemble, à la covivance (pour parler comme les sociologues ). Je peux témoigner de l'effort de sensibilisation entrepris par les directeurs d'opinion et de conscience. Par exemple, à la célébration du culte du dimanche, le prêtre ou le pasteur revient inlassablement sur les valeurs de la famille, de la solidarité, de l'amour et de la paix. Mais les individus, dans leur quotidien, arrivent difficilement à pratiquer ces valeurs, comme si un mauvais vouloir paralysait les bonnes intentions. Inutile d'ajouter que c'est la mort dans l'âme que nous avons assisté à la réapparition des vieux démons, pour reprendre une expression de nos aînés qui fustigeaient des comportements déviants, dénonçaient des tares séculaires. Seulement, l'appréhension consista dans le fait à savoir si le changement dans les manières de faire et d'agir n'était vraiment pas possible. J'ai pour ligne de conduite de m'appuyer sur la vision des autres.Aussi ai-je pris l'habitude de prêter une attention soutenue aux réflexions émises, aux prises de paroles de responsables. De la sorte, j'ai pu capter le mercredi 12 janvier 2011, en marge de la commémoration du premier anniversaire de la catastrophe-sur Radio Magik9- une première précision fournie par Frantz Duval devant l'interrogation de Roberson Alphonse : «La catastrophe ne nous change pas. (...) L'homme redevient l'homme.» J'ai aussitôt compris que j'avais trouvé la réponse à mon questionnement depuis le séisme meurtrier. Le directeur d'opinion a clarifié une ambiguïté, une confusion à partir d'un vécu, d'un long commerce avec la faune humaine. Remarquez qu'il n'a pas sa confession au national haïtien, son constat embrasse l'universel. La seconde affirmation sera apportée par le musicien Jean Jean-Pierre, qui succéda à Frantz Duval au micro de Roberson Alphonse après que ce dernier eut dialogué, dans l'intervalle, avec Jean-Lucien Borges, dynamique directeur de Radio-Télé Ginen, que « la reconstruction ne sera pas que physique; nous autres, nous avons besoin d'être reconstruits en divorçant d'avec le marronnage, le mensonge(...) (Rekonstryksyon,se pa bagay fizik yo, rekonstryksyon an se nou menm, sispann fè mawonaj,sispann bay manti (...)».Je compris que ce n'est pas demain la veille que nous verrons les heureuses retombées de ce travail intérieur. Alors, je devins pensif, me disant quel autre drame peut arriver pour nous porter à enclencher la mutation en nous-mêmes et pratiquer l'altérité. Le besoin de paix intérieure, du vivre-ensemble et d'élan vers l'autre ne nous traverse-t-il pas périodiquement ? Ma quête de compréhension était inassouvie. Au lendemain de la célébration du premier anniversaire du douloureux drame, aux petites heures du matin, à l'écoute de la fréquence internationale de RFI, je capte un court reportage. En effet, en l'église Saint-Pierre de Pétion-Ville, au micro de Valérie Rouard, envoyée spéciale, une fidèle témoigne : « Si nous sommes là, ce n'est pas parce que nous sommes bons, mais parce que nous rendons grâce à Dieu.» Origine latine de grâce : gratia, gratiae signifie merci. Sans vouloir glisser sur le terrain du religieux, il y a que la foi est très forte dans les raisons d'espérer des survivants. Malgré tout, je m'aperçois qu'à la sortie d'une célébration cultuelle les gens restent les gens. Dans mon quartier une dame me confiait que l'assistance à la cérémonie dominicale en son église la change. Bientôt, sous le titre « Les bienfaits du spirituel », je partagerai avec vous ce que j'ai tiré de son témoignage spontané.
Jean-Claude Boyer Jc2boyer@yahoo.com
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