SANTE
Mon dit
2009 : le bilan santé
Le Nouvelliste | Publié le :04 janvier 2010
Dr Philippe DESMANGLES pdesmangles@yahoo.fr
2009 s\'en est allée avec ses peines et ses joies pour faire face à une nouvelle année. Un nouvel an recommence, et c\'est parfois payant de jeter un coup d\'oeil sur les faits saillants au niveau de la santé pour se faire un petit bilan. Je me contenterai d\'intervenir sur trois faits les plus importants pour moi : la première greffe de rein en Haïti, la grippe A(H1N1) et la fracassante déclaration du pape sur la capote !
Les greffes sont donc possibles en Haïti, mais ceci requiert des conditions toutes particulières : se faire dans une institution sanitaire particulière, non ouverte au reste du corps médical et étant la seule à respecter les normes internationales. Du coup, il demeure évident que ce genre d\'opération n\'est pas pour l\'Haïtien moyen, vu les exigences extraordinaires qu\'elle sollicita. Penser qu\'un jour cela pourrait se faire dans un HUEH reste encore du domaine de la science-fiction. Il faudra attendre un changement des mentalités qui transformera, au prime abord, cette institution en un centre de soins et de formation optimale. Mais restons positif, car l\'être humain, de par sa nature imparfaite, ne peut tenir une constance totale dans ce qu\'il entreprend ; fatalement donc, une équipe viendra et tous les services marcheront à plein rendement. Mais revenons à la greffe, il faudrait que les agences d\'assurance soient prêtes à débourser suffisamment pour ce genre d\'intervention. Je pense qu\'une série de réunions devraient se faire entre elles et le corps soignant avec pour but l\'amélioration des soins prodigués.
La grippe, quant à elle, n\'a point tenu ses promesses ; si elle est plus contagieuse qu\'une grippe ordinaire, elle est toutefois beaucoup moins dangereuse. Mais elle a surtout montré comment on peut aller loin dans l\'illogisme et la passion ! Commençons par son qualificatif lui-même ; on parle de pandémie pour cette « grippette », alors que ce terme n\'est pas utilisé pour la grippe saisonnière qui affecte le même nombre de pays, de populations. Les plans imaginés pour la grippe aviaire, autre fiction pandémique, furent mis en branle pour être tout de suite abandonnés parce que disproportionnés. On se contentera donc de vacciner les populations à risque. Mais là encore surgit un autre problème : on risque fort de vacciner ceux qui ont déjà eu la grippe, vu qu\'un fort pourcentage de personnes infectées n\'a eu aucun symptôme ou a seulement souffert d\'un petit malaise. En Haïti, il faudrait utiliser cette campagne pour faire développer le réflexe de la grippe dans nos institutions sanitaires, car il est fort peu actif.
La déclaration du pape a provoqué tout un scandale. Mais le plus étrange, c\'est que jamais ceux qui ont eu à le critiquer n\'étaient réellement au courant de ce qu\'il avait vraiment dit. En fin de compte, on a assisté à un véritable déferlement d\'un complexe d\'Oedipe. Ce ne sont pas les mots du pape qui furent désapprouvés, mais le concept même de la papauté et, à travers elle, de l\'Église catholique elle-même. Ceci expliquerait le silence des cultes réformés qui pourtant distillent le même message. Là encore, la passion a eu le pas sur la raison...
Et voilà mes trois faits. Oui, je sais bien que certains s\'attendaient à ce que je parle de la faculté de médecine; eh bien non! car commenter l\'intégrisme sur un média est lui fournir la publicité qu\'il recherche, et je n\'en dirai pas plus.
Il ne me reste plus qu\'à vous souhaiter, chers lecteurs et lectrices, tout le bien du monde visible et invisible dans vos entreprises pour cette nouvelle année, avec une pensée particulière pour les Frères de l\'Instruction Chrétienne et une mention toute spéciale pour les frères Dufrène, Génio et surtout mon ancien prof de philosophie à qui je dois beaucoup : le frère Joseph !
Dr Philippe DESMANGLES pdesmangles@yahoo.fr
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