NATIONAL
Hommage à Hugo Chavez
Chavez décédé, Haiti perd un protecteur, dit Martelly
Le Nouvelliste | Publié le :06 mars 2013
Roberson Alphonse
Le président Michel J. Martelly, sanglots dans la voix, esquisse, sans forcer sur les traits, un portrait post mortem très flatteur de Hugo Chavez, un « grand ami d'Haïti », « un frère ». Emporté la veille par un cancer au terme de deux années de lutte, Chavez, selon Martelly, était un « passionné », Mieux, un « fou d'Haïti et de son histoire ». « Dans une conversation de trois heures, il nous est déjà arrivé de l'écouter parler de l'histoire d'Haïti pendant 2 heures 50 minutes et seulement 10 minutes de la coopération », illustre Martelly dont l'administration a décrété mercredi trois jours de deuil national jusqu'aux funérailles du « commandante », le vendredi 8 mars, à Caracas.
« Le temps est sombre, notre coeur est lourd et Haïti a reçu un coup dur », confie le président Martelly, qui assure le peuple frère du Venezuela du soutien des Haïtiens. Chavez, un "homme exceptionnel" et "respectueux", a beaucoup fait pour Haïti, insiste Martelly. Grâce à la seule coopération vénézuélienne, des centaines de projets pour une enveloppe d'un demi-milliard de dollars ont été lancés, indique le président haïtien, entouré du Premier ministre Lamothe et de son cabinet ministériel.
Chavez a toujours dit que le Venezuela et beaucoup d'autres peuples de l'Amérique latine ont une dette éternelle envers Haïti. Le pays d' Alexandre Pétion avait offert le couvert, le gîte, des armes et de l'argent à Simon Bolivar et Miranda dans leur lutte pour affranchir beaucoup de pays de l'hémisphère du joug de l'Espagne, rappelle souvent cet ex-militaire, ce rassembleur, ce pourfendeur de l'impérialisme et un « protecteur d'Haïti », révèle Michel Joseph Martelly.
Le feu président vénézuélien avait préféré qu'Haïti ne devienne pas membre de l'ALBA afin de ne pas subir des représailles. Mais, indique Martelly, Chavez avait pris des dispositions pour qu'Haïti bénéficie de tous les avantages sans être membre de ce regroupement, uni dans la lutte contre l'impérialisme. « Il ne nous aidait pas uniquement, il nous protégeait. C'est avec respect que nous nous courbons devant la dépouille de cet ami », poursuit le président Martelly, qui souligne qu'Haïti, au point de vue idéologique, n'est pas sur la même longueur d'onde avec les pays de l'ALBA. Son flirt avec cette structure n'était motivé que par les avantages qu'Haïti pourrait obtenir, confesse Michel Martelly.
Le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe s'est refusé à toute comparaison entre l'aide vénézuélienne et l'aide américaine. Ce n'est pas le moment de le faire. Cette conférence est un hommage au président Chavez, selon Lamothe. Quant au programme Petrocaribe, Lamothe souligne que Chavez avait fait confiance aux autorités haïtiennes pour la gestion et l'utilisation efficiente de ces fonds. Ils devaient être investis pour aider les plus faibles, avait demandé le feu président, soutient le Premier ministre.
L'ambassadeur du Venezuela en Haïti, Pedro Antonio Canino Gonzalez, ému, soutient que le président Martelly a une grande et sincère affection pour Hugo Chavez. Le 12 mars 2007, l'affection du peuple haïtien pour Chavez était également visible. Des gens ont pleuré de joie au passage de Chavez, se souvient Pedro Antonio Canino Gonzalez. « Chavez est vivant et la révolution se poursuit », soutient le diplomate. « Ceux qui sont morts en luttant pour améliorer la vie des autres ne sont pas morts. Chavez est vivant et la lutte continue », insiste-t-il devant une assistance suspendue à ses lèvres.
Le président Martelly dirigera la délégation qui assistera aux funérailles du président Hugo Chavez.
Roberson Alphonse
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