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L'EDITO DU JOUR
par Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com
La mauvaise gestion des rapports entre le pouvoir exécutif et le Parlement risque de plonger le pays dans une véritable crise de gouvernance. Alors que le Sénat a convoqué le Premier ministre et les membres du cabinet ministériel le mardi 28 mai 2013, le président de la République, par arrêté pris...
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NATIONAL

Hugo Chavez est mort
Le Nouvelliste | Publié le :05 mars 2013
 Roberson Alphonse Avec AFP, le Monde, le Figaro, CNN, le Point.fr
16 heures 25. Hugo Chavez,58 ans, s'est éteint dans un hôpital militaire de Caracas. Le commandant a essuyé une ultime défaite. Celle face à un cancer qui s'est déclaré dans la région pelvienne en juin 2011 contre lequel il s'était battu avec le support de médecins cubains. Au bord des larmes, Nicolas Maduro, vice-président et dauphin désigné de Chavez, a annoncé ce 5 mars cette « information éprouvante » à la télévision d'Etat. L'annonce de la mort de Chavez a provoqué un grand émoi à Caracas. Après le silence, des foules de partisans de Hugo Chavez, avec des T-shirt estampillés « Yo soy Chavez », des posters, ont exprimé leur peine et salué la mémoire du président. « Chavez, le coeur du peuple », ont crié des Vénézuéliens devant les caméras tandis que des présidents latino-américains dont, Evo Morales de la Bolivie, saluaient le départ d'un grand leader. Affaibli et en proie à d'autres infections opportunistes depuis son retour de Cuba le 18 février écoulé, les nouvelles de la dégradation de l'état de santé de Hugo Chavez, distillées dans la presse depuis quelques jours, préparaient l'opinion à la mort du président Chavez, au pouvoir depuis 1999, après des élections démocratiques. Chavez, ex-putschiste, avait été réélu pour un nouveau mandat de six ans, le 7 octobre 2012. Charismatique, hyperactif, fervent catholique et admirateur du libérateur Simon Bolivar, le président Chavez a continuellement bénéficié de forts taux de popularité, malgré l'hostilité farouche que lui vouaient ses opposants, qualifiés de «traîtres» depuis une tentative de coup d'Etat contre lui en 2002. Pourfendeur de «l'impérialisme yankee», même s'il n'a jamais cessé ses livraisons de pétrole aux Etats-Unis, Hugo Chavez se présentait en héritier du leader cubain Fidel Castro et cultivait une image iconoclaste en prenant régulièrement la défense de dirigeants controversés tels que le Libyen Mouammar Kadhafi, l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad ou le Syrien Bachar al-Assad. Sur des plateaux de télévisions occidentales, on évoque déjà la succession du président Chavez. Agé de 50 ans, le vice-président Nicolas Maduro devrait être le candidat du Parti socialiste au pouvoir pour l'élection présidentielle anticipée dont l'organisation doit intervenir dans les 30 jours, selon la Constitution. Il sera probablement opposé au gouverneur Henrique Capriles, 40 ans, candidat malheureux contre Hugo Chavez en octobre dernier. Nicolas Madura a sonné une virulente charge contre les « ennemis historiques », les USA et Israël, accusés de déstabiliser le venezuela. Le gouvernement Vénézuélien a déployé mardi l'armée et les forces de police dans le pays pour «garantir la paix» après l'annonce du décès du président Hugo Chavez, a annoncé le vice-président Nicolas Maduro. «Toute la Force armée nationale bolivarienne (et) la police nationale bolivarienne (...) sont en train de se déployer en ce moment pour accompagner et protéger notre peuple et garantir la paix», a déclaré M. Maduro dans une déclaration retransmise par l'ensemble des médias du pays. El Comandante, le mythe Pour le grand public, le mythe Hugo Chavez est né le 4 février 1992, le jour de son coup d'État manqué contre Carlos Andrés Pérez. En costume militaire, le commandant assume ses responsabilités en direct et engage ses compagnons à déposer les armes, leur expliquant que les objectifs poursuivis n'avaient pas été atteints, "pour l'instant''. Le président Rafael Caldera, élu en 1994, reconnaîtra que ce dernier lui avait "donné une excellente impression, comme à tout le monde. Ces quelques secondes qu'il a utilisées à la télévision montraient un homme équilibré, sensé". Jeté en prison durant deux ans, Hugo Chavez continue d'éponger une soif de lecture qui ne l'a jamais quitté et peaufine son projet politique. C'est ici, loin des projecteurs, que sa popularité grandit. Progressivement, il fait naître le rêve d'une patrie nouvelle, bolivarienne du nom du libérateur historique du Venezuela face à la couronne d'espagne, Simon Bolívar. C'est aussi pendant cette période qu'il prend goût du pouvoir. La professeure Herma Marksman, sa deuxième femme, explique l'avoir quitté à cette période pour cette même raison : La popularité l'a changé, il est devenu une figure messianique, avait -elle confié. Un démocrate aux manières de dictateur Vingt ans plus tard, le Venezuela est couvert, des murs aux montagnes, du portrait de cet homme qui se croyait la réincarnation de Simon Bolivar. Le culte de la personnalité, mais aussi les atteintes aux droits de l'homme, les attaques répétées contre les médias d'opposition et la conception centralisée du pouvoir de Hugo Chavez en ont fait l'épouvantail de toute une partie des Vénézuéliens. Les deux dernières années de sa vie, El Comandante gouvernait essentiellement par décrets, laissant une très faible marge de manoeuvre à son gouvernement. Sa gestion est devenue beaucoup plus autoritaire après le coup d'État dont il a souffert en 2002 et surtout à partir de sa seconde réélection, en 2006-2007, au moment de lancer le concept flou de socialisme du XXIe siècle,explique l'historienne Margarita Lopez Maia. Surfant sur l'immense manne pétrolière, renationalisée en 2002 au prix d'un long conflit social, Hugo Chavez veut alors construire un nouveau socialisme basé sur l'amour, la liberté et l'égalité. Il expérimente de nouvelles formes de production et relance la démocratie directe. À droite, dans un pays plus polarisé que jamais, les opposants crient au clientélisme et dénoncent les écueils de la révolution, principalement l'explosion de l'insécurité. Bolivar et le monde multipolaire Ce deuxième mandat, phase de radicalisation de la révolution socialiste, est aussi une période d'approfondissement du projet bolivarien de Chavez, celui d'unifier les peuples d'Amérique latine face à l'empire américain. L'Alliance bolivarienne pour les Amériques, (une alternative à la zone de libre-échange promue par les États-Unis) créée en 2006, est la première concrétisation du rêve de toute une vie. Il s'ensuit l'intégration à d'autres institutions régionales, comme le Marché commun du Sud (Mercosur), la Communauté d'États latino-américains et caribéens (Celac) et la Banque du Sud. La perception d'un monde multipolaire de Hugo Chavez l'amène à développer de nombreux partenariats avec Cuba, la Chine et la Russie, mais aussi à soutenir des dirigeants critiqués par les démocraties occidentales, comme le Libyen Muammar Kadhafi et le Syrien Bachar al-Assad. Son cancer, dont il avait été opéré une première fois en juin 2010, met un frein à ses ambitions de gouverner jusqu'à 2021., date qu'il s'est donnée pour faire aboutir le projet socialiste. Il remet sa survie entre les mains des médecins cubains, mais aussi de Dieu. Lors de sa dernière apparition à la télévision, le 11 décembre 2012, le révolutionnaire embrasse de nouveau l'effigie du Christ. Le semeur désigne alors un successeur, son vice-président, Nicolás Maduro, dans l'espoir de sauver la révolution. Converti en martyr par les uns, détesté et honni par les autres, Hugo Chavez a laissé une marque indélébile dans le paysage politique vénézuélien, américain et mondial. Les restes d'El Comandante vont désormais reposer aux côtés de son inspirateur, au mausolée Simon Bolívar. La nouvelle de la mort de Hugo Chavez a causé de la peine à beaucoup d'Haïtiens et d'Haïtiennes. Sur la toile, les postes souhaitant que l'âme du président repose en paix ont multiplié. Il y a quelques années, Hugo Chavez avait effectué une visite en Haïti. Dans ses premières déclarations à Port-au-Prince, peu après avoir déposé une gerbe de fleurs au pied de la statue de Simon Bolivar, le dirigeant vénézuélien avait remercié Haïti pour l'aide historique du président Alexandre Pétion au révolutionnaire Simon Bolivar, au début du XIXe siècle. Chavez avait fait l'éloge du peuple haïtien, qui « a travaillé durant 500 ans à la construction de son propre histoire » lors d'une visite à Port-au-Prince il y a quelques années. Il avait visité des projets financés par le Venezuela dans la zone de l'ancienne aviation, non loin de la route de l'aéroport Toussaint Louverture. A l'instigation de Hugo Chavez, Haïti a bénéficié de prêts importants dans le cadre du programme PetroCaribe. Après le séisme du 12 janvier 2010, Chavez avait ordonné l'effacement de la dette d'Haïti auprès du Venezuela qui était supérieur à trois cent millions de dollars américains. La date des funérailles n'est pas encore annoncée.
Roberson Alphonse Avec AFP, le Monde, le Figaro, CNN, le Point.fr
Dates-clés dans la vie de Hugo Chavez : 28 juillet 1954 - Naissance à Sabaneta, État de Barinas, Venezuela. 4 février 1992 - Tentative de coup d'État avortée contre le président Carlos Andrés Pérez. 6 décembre 1998 - Élu à la présidence vénézuélienne avec 56 % des suffrages réélu, en 2006 et 2012. 19 décembre 1999 - Les Vénézuéliens acceptent la Constitution de la Ve République proposée par l'Assemblée constituante pro-Chávez, la <>, selon le leader latino. 13 avril 2002 - Revient triomphant à Caracas après avoir contré un coup d'État. 15 février 2009 - Les Vénézuéliens votent "oui" à une réforme de la Constitution permettant à Hugo Chávez de gouverner jusqu'à 2021. 05 mars 2013 - Mort au Venezuela.
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