ECONOMIE
1e édition
Le ministère du Commerce lance le Concours national des jeunes entrepreneurs innovants
Le Nouvelliste | Publié le :22 février 2013
Carlin Michel
michelcarlin@yahoo.fr
Le Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) vient de lancer un nouveau concours dans le domaine de l'entrepreneuriat en Haïti. Un concours qui va être réalisé en partenariat avec le secteur privé des affaires et des universités haïtiennes. Cette initiative entre, selon le ministère, dans le cadre de la mise en application de la Foire de l'innovation, un plan stratégique gouvernemental visant à améliorer l'environnement des affaires en Haïti.
Sur le thème « Votre créativité, votre richesse », le Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI), en partenariat avec, entre autres, l'Université d'Etat d'Haïti, l'université Quisqueya, la Chambre de commerce et d'industrie d'Haïti, la Chambre de commerce et d'industrie haïtiano-canadienne, lance, ce 22 février 2013 au local du MCI, la première édition du Concours national des jeunes entrepreneurs innovants du programme « Promotion et encadrement de l'innovation ». L'objectif visé est d'encourager l'esprit d'entreprise tant à l'échelle départementale qu'à l'échelle nationale en détectant des projets prometteurs émanant des jeunes chercheurs ou investisseurs d'entreprises innovantes.
Un total de 30 projets sera récompensé à raison de 3 dans chaque département. Un soutien financier et un accompagnement technique seront fournis aux lauréats du concours. Cet accompagnement se concrétisera par des offres de formation en l'entrepreneuriat et en marketing innovant, la mise en réseau avec la communauté entrepreneuriale, la facilité d'accès aux organismes de conseil et de financement et des rencontres avec des investisseurs. Les primes varieront entre 200 000 à 1 million de gourdes.
Dans les règlements régissant le concours distribués dans le dossier de presse, des informations sont clairement fournies à ceux qui veulent prendre part à ce concours adressé aux universitaires, entrepreneurs, professionnels haïtiens vivant dans le pays ou à l'étranger. Pour que la candidature soit valide, il faut que le dossier soit soumis avant le 2 avril 2013, l'aspect développement durable doit être pris en compte dans le projet soumis; le critère de l'innovation du projet priorise l'approche consommateur.
Les participants, qui doivent être âgés de 18 à 35 ans, peuvent soumettre des projets d'entreprises dans les domaines de l'agro-industrie, du tourisme, de la construction, de la technologie, de l'énergie, de l'éducation, de l'environnement, de la culture, etc. Ils peuvent s'inscrire gratuitement, selon la chargée de projet, Daniella Jacques, en envoyant leur dossier par internet sur l'interface web conçue à l'occasion : www.jei.mci.gouv.ht. Conçu pour les jeunes Haïtiens, les règlements du concours font exigence aux participants d'inclure la première page de leur passeport haïtien au dossier.
Dans le cadre de ce concours, le MCI et ses partenaires cherchent également à faire la promotion pour la conception de nouveaux produits, procédés et services dans une logique de développement durable. « Nous avons compris que pour qu'il ait une bonne croissance constante dans l'économie, il faut que nous faissions les choses autrement », souligne le ministre du Commerce et de l'Industrie, Wilson Laleau, ajoutant que la croissance économique dépend en grande partie de la capacité des entreprises à innover.
Le ministre semble expliquer pourquoi le pays ne peut pas garder une bonne croissance économique. « 95% des activités économiques dans le pays sont l'achat et la vente et 93% des entreprises sont individuelles ou familiales », indique le professeur d'économie, disant que tous les 5 ans un million d'individus naissent. « On n'a pas d'autres choix que d'innover », avance-t-il. Pour la carence d'innovation constatée dans l'économie haïtienne, le professeur indexe directement le système éducatif. « Quand on enseigne que l'économie haïtienne est essentiellement agricole, c'est comme si on n'a pas besoin de la modernité », souligne le ministre Laleau.
Pour le recteur de l'Université d'Etat d'Haïti, il n'y a pas de pays qui puisse se développer sans une relation étroite avec l'université, car c'est là que se dégagent des idées nouvelles et novatrices. Jean-Vernet Henry avance que l'université a également le rôle de créer non seulement le savoir mais aussi le savoir-faire pour créer et augmenter la richesse. « Il faut que ce soit une institution qui prenne naissance aujourd'hui », souhaite le président de la conférence des recteurs, qui dit saluer cette initiative qui allie industrie, commerce, secteur privé des affaires à l'université.
Quant au recteur de l'Université Quisqueya, il ne souhaite pas participer à une activité sans lendemain. Jacky Lumarque attire l'attention de l'assistance sur les produits qui se vendent partout dans le pays. « Ce sont dans leur grande majorité des biens importés, que ce soit à Port-au-Prince ou à Jean-Rabel », fait remarquer le recteur, invitant les entrepreneurs à produire des biens que les plus pauvres de la société peuvent acquérir.
Les jeunes qui vont prendre part au Concours national des jeunes entrepreneurs innovants du MCI seront les bienvenus avec leurs entreprises à la Chambre de commerce et d'industrie d'Haïti (CCIH), partenaire du concours. Selon le président de la CCIH, Didier Fils-Aimé, les jeunes ont intérêt à proposer des entreprises vraiment novatrices. « L'innovation est un facteur important de la rentabilité dans une entreprise », déclare-t-il devant une assistance sélective.
Carlin Michel
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