« On me dit que le bois parle, est-ce vrai ? », demande une jeune fille habitant la rue Capital, aux Cayes, s’adressant à un journaliste du Nouvelliste, le jeudi 10 janvier 2012.
« On dit qu’il y a quelque chose de mystique dans le bois. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est possible. Sinon, pourquoi donner tant d’importance à un bois ? », laisse entendre, de son côté, une dame, au boulevard des Quatre Chemins.
Des questions sur cette initiative qui a une grande portée symbolique pour montrer la force de l’union, des gens continuent de se poser. Des questions les unes plus bizarres que les autres. Tout le monde en parle. Chacun y va de son explication.
En fait, même les participants qui mettent leur énergie, pour transporter le lourd totem en bois d’une localité à une autre, ne savent pas trop pourquoi ils le font. Ils y éprouvent tout simplement du plaisir.
« J’ai entendu parler de ce bois, la caravane est passée devant ma maison, je me suis mis de la partie », indique un homme, âgé d’une trentaine d’années, qui s’est porté volontaire en aidant à transporter le bois, un tronçon d'acajou bien poli, qui pèserait une demi-tonne.
Dans une localité près de Saint-Louis du Sud, une femme, joyeuse et essoufflée on ne peut plus, ébouriffée, ses pantoufles dans les mains, suit la foule. Elle danse, elle crie. « Oups ! J’ai oublié que je dois cuisiner aujourd’hui. Je dois rentrer chez moi », lance-t-elle, après avoir parcouru deux ou trois kilomètres dans la procession.
« Mwen, m ap swiv bwa a», lui répond une autre femme qui l’accompagnait. Kita Nago, ils sont peu nombreux qui utilisent ce vocable africain. Ils préfèrent dire tout simplement « bwa »; bois, en français, qui a une connotation bien spéciale dans le langage haïtien. Laquelle connotation crée une certaine ambiance à l’activité, mais qui risque de faire oublier son objectif principal : rappeler ce qu'on peut faire ensemble si on s'y met tous ensemble.
Un symbole extraordinaire pour certains, une banalité ou une folie pour d’autres. Avec un peu de musique, la caravane suit donc son cours. Jeudi après-midi, des deux côtés de la route, les gens se sont massés pour attendre la procession. Le long chemin de croix initié par Harry Nicolas, dit Mèt Fèy Vèt. Smoye Noisy, Lesly Alphonse et Gabriel Ducartel lui ont emboîté le pas.
Jusqu’à maintenant, aucun incident majeur n’est signalé. L’ambiance reste festive depuis que la procession a quitté les Irois le 1er janvier.
« J'ai entendu parler de ce bois. J'ai envie de voir de quoi il s'agit exactement. Tout le monde en parle ici », a indiqué un homme, souriant, dans un restaurant, à Aquin.
La procession devrait arriver à Port-au-Prince dans moins d’une semaine avant de rallier le Nord. La route est longue, le bois est lourd…Et c’est ce qui fera exactement l’exploit !
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