On peut ne pas être d’accord avec toutes ses idées, avec certaines de ses initiatives, avec son sourire charmeur, avec sa jeunesse qui laisse déborder son inexpérience. Il faut cependant reconnaître que la colombe a un cœur de lion sous son plaisant plumage.
Stéphanie Villedrouin a le mérite d’avoir du courage, une matière précieuse. Et des idées, ingrédient rare au sein du personnel politique haïtien.
Elle met, en plus, du cœur à l’ouvrage, sait se faire persuasive, est disponible pour visiter le plus petit point d’intérêt touristique comme pour parler millions et défendre un budget.
Elle déborde de passions pour ses missions. La ministre veut le meilleur en tout, n’aura pas tout, pas toujours le meilleur, mais elle est déjà le ministre le plus remarquable de l’ère Martelly. Elle laisse un sillage. Des traces. A un bilan.
Nommée dès l’avant premier gouvernement de Michel Martelly aux premiers jours de mai 2011, deux Premiers ministres plus tard, la jeune ministre du Tourisme, désignée de temps à autre pour être Premier ministre a.i., se construit un parcours.
Perchée à la rue Légitime, elle n’a pas reçu un ministère facile. Le tourisme en Haïti est un secteur sinistré. Un de ces ministères gadgets créés pour faire jolie plus que pour poursuivre un objectif.
Obstinée et efficace, Stéphanie, comme tout le monde se plait à l’appeler, en a fait une carte postale, une vitrine de l’administration Martelly-Lamothe, un moteur qui carbure à de l’ambition, une efficace machine à produire du rêve.
Avec le même enthousiasme, elle place des billboard à Miami, s’implique dans le carnaval et négocie avec les entreprises étrangères. Elle comprend avant tout le monde, les idées du président, précède les projets du Premier ministre.
Ses épaulettes de général, la ministre du Tourisme les gagne ces jours-ci au Canada, au pays de Julian Fantino. Il faut du cran pour dire du bien d’Haïti sur tous les médias canadiens au moment où Haïti est descendue en flèche par des secteurs canadiens insatisfaits de la coopération entre les deux pays.
Stéphanie argumente, explique, projette, réfute avec conviction. Il faut ne pas l’avoir vu à l’œuvre pour ne pas vouloir venir en Haïti.
Comme toutes les ressources rares, le courage peut s'épuiser. Espérons que la ministre en laissera une réserve pour mener, à son retour, les bonnes batailles pour le tourisme haïtien. La route est longue, Stéphanie, des rêves aux clients. Canadiens et autres.
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