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L'EDITO DU JOUR
par Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com
Des festivités commémoratives des deux ans du président Michel Martelly au pouvoir, on n'a retenu, paraît-il, qu'une chose : le député Luckner Noël s'agenouillant devant le président Michel Martelly pour le remercier d'avoir mis le pays sur les rails du « développement ». Pour ne pas faire de jalo...
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La Une du 18-05-2013
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EDITORIAL

Entre Noël et nouvel an
Heureuse veillée dans l'attente du temps nouveau
Le Nouvelliste | Publié le :21 décembre 2012
 Frantz Duval Rédacteur en Chef

Le temps de la Nativité est celui d’une halte joyeuse. Que l’année soit bonne ou mauvaise, Noël nous offre l’occasion d’attendre dans l’espérance d’une renaissance, chaque année renouvelée, la fin de l’année et le début d’une ère nouvelle. 

Ne gâchons pas l’esprit de fête ! Ne gaspillons pas ce précieux temps à nous lamenter ni, heureux paresseux, passer à pieds joints à l’an prochain, sans faire le bilan des douze mois qui s’achèvent ! 

Noël et la fin de l’année ne sont pas des impasses, mais des promesses que nous pouvons faire mieux. Devons faire mieux. Pourrons faire mieux. 

A nos lecteurs, commanditaires, collaborateurs et amis, nos meilleurs vœux pour l’Avent et le nouvel an dans l’engagement renouvelé de la recherche du meilleur ! 

En 2012, ici au quotidien Le Nouvelliste, nous avons retrouvé la rue du Centre, notre adresse historique. Ce réamménagement est la preuve que les traces du 12 janvier 2010 s’estompent. Cela nous a pris deux ans pour revenir dans un immeuble qui ne s’était pas effondré. Imaginez-vous ce qu’il prendra au centre-ville pour revivre ? Il a été dévasté par le tremblement de terre et Port-au-Prince, grabataire, a encore mal, mais réapprend cependant à rêver. 

Au Nouvelliste, nous cultivons la patience et la compréhension. Nous éprouvons des difficultés; la lumière est cependant au bout du chemin pour ceux qui cherchent, nous en sommes convaincus. 

La saga de la reconstruction de Port-au-Prince a pris un tournant cette année avec la levée de l’arrêté présidentiel gelant 200 hectares au centre-ville, la démolition complète du Palais national, la mise en chantier de certains ministères, l’agrandissement résolument enclenché de la Banque de la République d’Haïti, la pose de la première pierre du Parlement. Mais l’acte le plus emblématique nous vient de l’Eglise catholique qui a complété son appel d’offres international pour la reconstruction de la Cathédrale de Port-au-Prince. 

Refaire, mais au mieux. Tel est le pari de l’Eglise. Voilà ce que les autorités doivent, elles aussi, rechercher pour nous offrir une capitale où il fera bon vivre sans trace de mesures porteuses de problèmes et de malfaçons. Chaque Haïtien souhaite pour sa bicoque le meilleur fini. Pourquoi l’Etat aussi ne s’astreint pas à désirer le meilleur pour le pays ? 

Mieux. Nous devons gouverner ce pays, chacun en ce qui le concerne, en ayant pour boussole la recherche du mieux, du mieux-être, de l’aller-mieux. 

En 2012, les classements des différentes institutions internationales nous ont prouvé, si besoin était, que nous ne sommes pas encore sur la bonne route. En bien des points, en bien des sujets (lutte contre la perception de la corruption, trafic de drogue, sécurité, développement humain, doing business, villes où il fait bon vivre, etc., nous peinons à sortir de l’ornière confortable des mauvaises pratiques. Il le faut cependant. 2012 ne doit pas ressembler à 2013.

 Le seul classement où Haïti a progressé en 2012 est celui de la FIFA. Nos équipes de football relèvent la tête, tirent leur épingle du jeu, mais que leur offrons-nous en retour ?

Notre radinerie, notre pingrerie, notre désorganisation, notre je-m’en-foutisme ambiant. 

Pour nos footballeurs comme pour l’athlète premier finaliste depuis des décennies dans une finale olympique, Samir Lainé, nous défaillons quand il s’agit de répondre aux besoins de nos sportifs, mais nous sommes premiers quand il faut se réjouir ou se gausser de leurs exploits. 

En 2013, il nous faudra faire mieux. L’orgueil national doit trouver support et appui dans le budget national et personne mieux que nos artistes, nos musiciens et nos sportifs ne s’y emploie. Le secteur privé qui n’excelle pas en mille points, sera parfait dans un rôle de mécène et de premier supporteur de ce qui rend chaque Haïtien fier.

L’année 2012 a été l’année de scandales retentissants. Doutes sur la nationalité du président de la République qui a dû recourir à des témoins de moralité et à un ambassadeur étranger pour témoigner de son statut d’Haïtien. Doutes sur la probité des deux principaux candidats aux dernières élections présidentielles après les révélations d’une journaliste de la République dominicaine sur des pots-de-vin versés par un sénateur et entrepreneur impliqué dans des contrats en Haïti. Doutes sur la moralité du président du Conseil électoral provisoire, ancien ministre de la Justice, conseiller du président de la République, accusé d’avoir violé une de ses employées.

Pas un jour de 2012 ne s’est écoulé sans un déballage, un tricotage de mauvais goût, une débandade, une dénonciation, une fausse accusation ou un esclandre. Nos turpitudes créent un climat et des conditions qui, peu à peu mais sûrement, diluent le peu de confiance dans les hommes et les institutions de ce pays. 

Les responsables, dans leur vie privée comme dans leurs pratiques publiques, nous doivent un meilleur comportement. Ils se doivent de faire mieux, de faire moins pire en 2013.

A trop parler, on ne vous écoute plus et, à ne s’écouter que soi-même, on ne peut pas bien parler.

Le gouvernement va-t-il s’acharner en 2013 à dire ce qu’il ne peut pas faire, à promettre ce qu’il ne peut pas délivrer, à faire désirer ce qu’il n’a pas en stock. 

L’opposition va-t-elle persévérer dans ses pratiques d’accusations à outrance, sans preuve ni évidence ? Allons-nous devoir nous abreuver en 2013 comme les moutons de 2012 au lit de la rivière des invraisemblances pour apaiser notre faim de sensations fortes ?

Le Parlement, le gouvernement, l’exécutif comme l’opposition, vont-ils se mettre à mieux dépenser les maigres ressources du Trésor public sur lesquelles ils s’appuient pour nous détourner du productif ? Allons-nous continuer à nous laisser distraire par tout, par rien, souvent par rien du tout… ?

 2013 sera-t-elle comme 2012 ? 

L’économie et l’Etat de droit, deux chantiers majeurs, ont payé en 2012 le prix fort de nos crises chroniques (deux Premiers ministres, deux ministres de l’Economie et des finances, deux ministres de la Justice, une kyrielle de commissaires du gouvernement et des mois de tâtonnements). 2013 ne sera pas meilleure si nos gouvernants comme la société civile ne se fixent pas de nouvelles lignes de conduite. Si le secteur privé comme ce qui nous reste d’acteurs organisés ne s’impliquent pas à produire de meilleures perspectives, nous allons reprendre la classe sans tirer de leçons de nos échecs.

Remplir les prisons de détenus jamais jugés, nommer des juges au passé douteux; signer des contrats contournant les normes; dépenser sans plan directeur, confondre satisfaction personnelle et politiques publiques; rien de cela ne fortifiera l’économie, n’établira durablement l’Etat de droit. Ne pas être victime des crises récurrentes, ne pas pâtir de la faiblesse d’un secteur ou d’un autre, ne doit épargner à aucun Haïtien la responsabilité de porter sa pierre à la construction d’une nation plus forte et plus prospère. 

Le trait marquant des mois qui viennent de s’écouler est que tout finit dans le rire. Nos déboires, nos petites victoires, nos attentes, nos déconvenues. Rire joyeux, rire triste, rire jaune, tour à tour rictus ou franche rigolade, tout ici fait rire et nous rions tous de tout. Le président de la République comme son premier opposant, ce sénateur du Nord, nous font énormément rire. On nous dirait constamment attablés dans une veillée joyeuse où nous accompagnons la mort de plaisanteries pour ne pas en avoir peur.

2012 était la veillée d’un pays qui s’éteint. Que 2013 soit la longue nuit dans l’attente d’un pays qui se réveille !

Meilleurs vœux à tous ! 

Frantz Duval Rédacteur en Chef
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