Est-ce qu'il y a chez nous des instituteurs, des institutrices capables d'un geste similaire pour protéger leurs élèves ? Oui! Sans aucun doute. Pour beaucoup de raisons. Dans une salle de classe, des liens affectifs se tissent. Ils créent des réflexes de protection du plus faible en cas de danger. Cependant, est-ce que ce modèle positif serait présenté avec la même fierté, la même passion, la même dévotion par nos médias? On souhaiterait que cela soit le cas. Mais ici, on ne dit pas bravo. Pas assez. Ici, on ne dit pas assez de merci. Ici, l'individualisme prime et les sacrifices ne sont pas toujours recompensés.
Nos professeurs à la petite école, au lycée, au collège... viellissent dans l'indifférence. Et dans la paupérisation qui accompagne ce stade de la vie. L'Etat, chaque 2 janvier, recompense à bon droit les aïeux, mais pas leurs descendants qui livrent d'autres combats pour le pays. Le policier mort en devoir laisse derrière lui sa famille dans le besoin, son fils, sa fille dans l'indigence. Les sacrifices ne sont pas honnorés. Nous n'avons pas de cimetière comme celui d'Arlington à Washington où nos héros sont enterrés.
Difficiles d'honnorer nos pairs, nos feu et bons dirigeants quand on ne sait même pas où ils sont enterrés. Le rare a avoir eu droit à l'honneur de la nation, le président Dumarsais Estmé,est aujourd'hui oublié. Le mausolée construit pour le rendre hommage au Bicentenaire servait de latrine pour les badauds avant de s'effondrer lors du séisme du 12 janvier 2010. Le sacrifice de soi, mythe sur lequel se sont construit de grandes nations, n'est pas entretenu. "Grenadye a laso pa gen manman pa gen papa sa ki mouri zafe ayo" ne peut plus être le chant de ralliement.
Le pays doit apprendre à dire merci aux hommes et femmes en civil ou en uniforme qui le servent. Et, dans cette foulée, les 57 000 personnes travaillant pour l'administration publique doivent être dotées d'une âme, d'une mission, d'une philosphie qu'elles n'ont pas ou perdu. C'est plus que le "8 heures/4 heures" si l'on veut être généreux en gommant la réalité sur le nombre d'heures de travail hebdomadaire dans l'administration publique haitienne.
Chez nos voisins dominicains qui comptent plus de 400 000 employés, chaque début d'année, des employés qui se sont distingués sont honnorés par le président. Des militaires, des enseignants de carrière, des médecins... Bref, tous ceux dont l'action prouvent qu'ils servent un pays, une cause dépassant leur petite personne. Depassement? Voilà un véritable obstacle dans ce pays où des présidents, des sénateurs, des députés, des maires, des casecs... sont souvent des "boròm" et non des serviteurs. Au problème d'égo surdimensionné des chefs se greffe l'absence d'un véritable pacte social. Plus qu'une constitution mais un consensus entre les élites, les forces vives pour servir un destin collectif, une nation avec des visées et des moyens de son développement. Un objectif que l'on peut atteindre en égrenant, tranquilement, succès après succès,comme l'avait souligné le professeur Paul Collier. Simple et pratique. C'est le principe du "un pas à la fois". Celui pour sortir nos vieux professeurs du dénuement. Un pas à la fois pour que l'Etat prennent en charge les familles de policiers morts en devoir. Un pas à la fois pour que l'Ecole normale supérieure où l'on forme les futurs professeurs de nos enfants ait finalement un terrain, de nouveaux locaux. Un pas à la fois pour que le président Michel Joseph Joseph Martelly honnore ceux qui, dans des conditions difficiles, font le peu qui fait une si grande différence à l'HUEH et ailleurs. Il faut apprendre à faire un pas à la fois avec et pour nos serviteurs, nos "héros". Vivants ou morts. Le premier pas, comme le dit le vieux sage, est le plus important du voyage...
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Victoria Soto, 27 ans, tuée en protégeant ses élèvés canardés par Adam Lanza, le tireur fou de l'école Sandy Hook,dans le Connecticut,est une héroïne. Son sens de responsabilité l'ayant conduite au sacrifice ultime inspire l'Amérique.Dans les talk show, on s'empare de cette figure du "hero" sans arme, sans uniforme,sans le casque de pompier. Le large sourire, les yeux pétillants de vie de Victoria font la une de certains journaux. De ce drame, ce carnage de 27 personnes dont 20 enfants en bas âge, on retient les gestes qui ouvrent les portes de l'immortalité.
Est-ce qu'il y a chez nous des instituteurs, des institutrices capables d'un geste similaire pour protéger leurs élèves ? Oui! Sans aucun doute. Pour beaucoup de raisons. Dans une salle de classe, des liens affectifs se tissent. Ils créent des réflexes de protection du plus faible en cas de danger. Cependant, est-ce que ce modèle positif serait présenté avec la même fierté, la même passion, la même dévotion par nos médias? On souhaiterait que cela soit le cas. Mais ici, on ne dit pas bravo. Pas assez. Ici, on ne dit pas assez de merci. Ici, l'individualisme prime et les sacrifices ne sont pas toujours recompensés.
Nos professeurs à la petite école, au lycée, au collège... viellissent dans l'indifférence. Et dans la paupérisation qui accompagne ce stade de la vie. L'Etat, chaque 2 janvier, recompense à bon droit les aïeux, mais pas leurs descendants qui livrent d'autres combats pour le pays. Le policier mort en devoir laisse derrière lui sa famille dans le besoin, son fils, sa fille dans l'indigence. Les sacrifices ne sont pas honnorés. Nous n'avons pas de cimetière comme celui d'Arlington à Washington où nos héros sont enterrés.
Difficiles d'honnorer nos pairs, nos feu et bons dirigeants quand on ne sait même pas où ils sont enterrés. Le rare a avoir eu droit à l'honneur de la nation, le président Dumarsais Estmé,est aujourd'hui oublié. Le mausolée construit pour le rendre hommage au Bicentenaire servait de latrine pour les badauds avant de s'effondrer lors du séisme du 12 janvier 2010. Le sacrifice de soi, mythe sur lequel se sont construit de grandes nations, n'est pas entretenu. "Grenadye a laso pa gen manman pa gen papa sa ki mouri zafe ayo" ne peut plus être le chant de ralliement.
Le pays doit apprendre à dire merci aux hommes et femmes en civil ou en uniforme qui le servent. Et, dans cette foulée, les 57 000 personnes travaillant pour l'administration publique doivent être dotées d'une âme, d'une mission, d'une philosphie qu'elles n'ont pas ou perdu. C'est plus que le "8 heures/4 heures" si l'on veut être généreux en gommant la réalité sur le nombre d'heures de travail hebdomadaire dans l'administration publique haitienne.
Chez nos voisins dominicains qui comptent plus de 400 000 employés, chaque début d'année, des employés qui se sont distingués sont honnorés par le président. Des militaires, des enseignants de carrière, des médecins... Bref, tous ceux dont l'action prouvent qu'ils servent un pays, une cause dépassant leur petite personne. Depassement? Voilà un véritable obstacle dans ce pays où des présidents, des sénateurs, des députés, des maires, des casecs... sont souvent des "boròm" et non des serviteurs. Au problème d'égo surdimensionné des chefs se greffe l'absence d'un véritable pacte social. Plus qu'une constitution mais un consensus entre les élites, les forces vives pour servir un destin collectif, une nation avec des visées et des moyens de son développement. Un objectif que l'on peut atteindre en égrenant, tranquilement, succès après succès,comme l'avait souligné le professeur Paul Collier. Simple et pratique. C'est le principe du "un pas à la fois". Celui pour sortir nos vieux professeurs du dénuement. Un pas à la fois pour que l'Etat prennent en charge les familles de policiers morts en devoir. Un pas à la fois pour que l'Ecole normale supérieure où l'on forme les futurs professeurs de nos enfants ait finalement un terrain, de nouveaux locaux. Un pas à la fois pour que le président Michel Joseph Joseph Martelly honnore ceux qui, dans des conditions difficiles, font le peu qui fait une si grande différence à l'HUEH et ailleurs. Il faut apprendre à faire un pas à la fois avec et pour nos serviteurs, nos "héros". Vivants ou morts. Le premier pas, comme le dit le vieux sage, est le plus important du voyage...
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