Lunettes, locks attachés en nattes, Gaëlle rééduque, donne du plaisir à son auditoire. Tantôt gamine curieuse, tantôt vieille femme qui confie tout le secret des hommes, la comédienne, avec sa complice Katiana Milfort, recadre les rapports entre hommes et femmes, boudant des formules comme « Tifi pa jwe ak ti gason ». Incarnant une femme dans la quarantaine qui défend son droit à l’orgasme en pleine rue au Champ de Mars, devant la presse nationale et internationale, elle dit non à l’inélégance des hommes qui voient en l’autre sexe une chose, une « Wana ».

Les comédiennes ont également incarné des hommes qui attendent beaucoup des femmes: « Moi, j’aime lorsqu’une femme a quelque chose dans la cervelle; mais ces temps-ci, elles se préoccupent beaucoup plus de leurs jolies fesses que de toute autre chose », confie un des personnages de Katiana. "Le genre et le nombre" fait écho de témoignages vivants des gens que les comédiennes ont rencontré au cours de leur vie.

 « Connaissez-vous l’invention la plus stupide qu’on ait jamais mise au point pour une femme ? La capote à femme. Avez-vous déjà vu les préservatifs conçus pour nous ?... C’est un complot anti-orgasmique !», déclare Katiana à travers un personnage. Et là, on entend la clameur des hommes, à côté de leurs complices, se frottant les yeux comme s’il y avait de la poudre. Moment haletant. L'ambiance est chaude ! Le rire prend les spectateurs aux tripes.

Ce spectacle, proposé par la troupe «  Corps et âmes », assisté par le metteur en scène Daniel Marcelin et produit par One Stage Group, a distillé le bonheur dans le cœur des amants du théâtre au Club Le Villate, le vendredi 14 décembre 2012. Le public n'a pas caché sa satisfaction.

Gaëlle Bien-Aimé vient de marquer, avec sa création "Le genre et le nombre", un tournant majeur dans l’histoire de l’écriture du théâtre en Haiti, de par les thèmes abordés, et de la manière dont elle les a traités. D'autant plus que nous avons une carence de dramaturge comtemporain en Haïti. La jeune et talentueuse comédienne a offert un spectacle beau et léger!

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Théâtre / Humour
Oser parler de tabous
Le Nouvelliste | Publié le :21 décembre 2012
 Rosny Ladouceur rosnyladouceur@gmail.com

"Le genre et le nombre", écrit et mis en scène par Gaëlle Bien-Aimée, dénonce les tabous qui perdurent encore dans notre société. La pièce pourfend les préjugés, revendique l’égalité des sexes, récuse la masculinisation de la femme. Un renversement total de l’ordre des choses. « Le genre et le nombre » est le cri de deux femmes qui veulent comprendre pourquoi les relations entre hommes et femmes sont aussi compliquées. En remontant le temps, Gaëlle nous invite à vivre l'époque où elle était adolescente. Chez les soeurs, on ne parlait que de beaux garçons.  Dans la cour de récréation, les filles faisaient leur éducation sexuelle.   

Lunettes, locks attachés en nattes, Gaëlle rééduque, donne du plaisir à son auditoire. Tantôt gamine curieuse, tantôt vieille femme qui confie tout le secret des hommes, la comédienne, avec sa complice Katiana Milfort, recadre les rapports entre hommes et femmes, boudant des formules comme « Tifi pa jwe ak ti gason ». Incarnant une femme dans la quarantaine qui défend son droit à l’orgasme en pleine rue au Champ de Mars, devant la presse nationale et internationale, elle dit non à l’inélégance des hommes qui voient en l’autre sexe une chose, une « Wana ».

Les comédiennes ont également incarné des hommes qui attendent beaucoup des femmes: « Moi, j’aime lorsqu’une femme a quelque chose dans la cervelle; mais ces temps-ci, elles se préoccupent beaucoup plus de leurs jolies fesses que de toute autre chose », confie un des personnages de Katiana. "Le genre et le nombre" fait écho de témoignages vivants des gens que les comédiennes ont rencontré au cours de leur vie.

 « Connaissez-vous l’invention la plus stupide qu’on ait jamais mise au point pour une femme ? La capote à femme. Avez-vous déjà vu les préservatifs conçus pour nous ?... C’est un complot anti-orgasmique !», déclare Katiana à travers un personnage. Et là, on entend la clameur des hommes, à côté de leurs complices, se frottant les yeux comme s’il y avait de la poudre. Moment haletant. L'ambiance est chaude ! Le rire prend les spectateurs aux tripes.

Ce spectacle, proposé par la troupe «  Corps et âmes », assisté par le metteur en scène Daniel Marcelin et produit par One Stage Group, a distillé le bonheur dans le cœur des amants du théâtre au Club Le Villate, le vendredi 14 décembre 2012. Le public n'a pas caché sa satisfaction.

Gaëlle Bien-Aimé vient de marquer, avec sa création "Le genre et le nombre", un tournant majeur dans l’histoire de l’écriture du théâtre en Haiti, de par les thèmes abordés, et de la manière dont elle les a traités. D'autant plus que nous avons une carence de dramaturge comtemporain en Haïti. La jeune et talentueuse comédienne a offert un spectacle beau et léger!

Rosny Ladouceur rosnyladouceur@gmail.com
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