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par Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com
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Mizik Mizik toujours De Ger
Le Nouvelliste | Publié le :31 octobre 2012
 Dimitry Nader Orisma
En 1986, ces musiciens, à l'école classique, fondent Mizik Mizik, pour participer au concours de chant d'American Airlines. 26 ans plus tard, l'enthousiasme et la passion des premiers jours nourrissent encore la complicité qui les unit. En prélude de leur soirée d'anniversaire baptisée « De Ger » qui se tiendra ce 3 novembre à Club Indigo, les revoilà à Audiola, le studio qui les a vus grandir et occasionner leurs multiples rendez-vous de répétition vers le succès.

Sur ce terrain de jeu, c’est lui l’arbitre. Il ne s’actionne pas, mais ramène à l’ordre ceux qui jouent faux. Fabrice Rouzier, chemise bleue portée manches retroussées, lunettes déposées sur son piano de huit octaves, joue avec mesure. Le célèbre maestro fronce les sourcils pour prendre les notes justes. Cependant dès que ça détonne, il intervient : « Stop ! On reprend du début. Trois, quatre (…) », ordonne Fabrice de temps à autre à ses musiciens réglés comme du papier à musique.
Dans cette espace d’environ 3 m², les aventures de Mizik Mizik sont vivantes à travers des posters d’album, des collections de disques, des photos souvenirs... et des plaques d’honneur de la Américan Airlines, de Comme Il Faut, de Unitransfert, de Bélo et de Krezi ne passent pas inaperçues. Subtilement, le rap est bel et bien représenté avec un illustre poster en noir et blanc de Master G.
Au milieu de la salle, Emmanuel Obas, toujours souriant, est debout. Venu de l’étranger où il réside, le chanteur regagne les rangs de la formation à cette occasion. Air décontracté, Manno prépare minutieusement ses interprétations et renoue avec les vieux titres à succès du groupe éparpillés sur ses cinq albums : De Ger, Farimen, Paradi nan Lanfè, Ki moun ou ye, Blackout.
Gilbert Ravix, allongé sur un canapé, ne joue presqu’à rien. L’ex-chanteur de Top Digital assiste impuissant à la répétition dans l’ombre d’Emmanuel Obas. Moïse, bassiste fétiche du groupe, très pâle, assis au fond, joue la routine en présence de plusieurs amis et supporters qui ont fait le déplacement à Bois-Moquette.   
Pour une formation musicale de renommée internationale, ces musiciens de Ger n’ont pas la grosse tête. Avec humour, adresse et sagesse, malgré leurs divergences d’opinions, visiblement ils se rejoignent souvent sur un même point.
Après avoir fini d’accorder guitare et piano pendant plus d’une heure de répétition, Fabrice, tel un entraîneur de foot, passe les consignes pour les prochains rendez-vous. Ainsi, le temps de rentrer chez eux, en quelques minutes, certains musiciens ont fait le point sur la programmation de ce samedi et passé en revue l’état du groupe.
Kéké, le front calme, mûr et réfléchi, plus fidèle que jamais à la guitare, estime que « Mizik Mizik n’a pas encore connu de moments forts, du moins pour aujourd’hui, interroge-t-il à Fabrice qui consent. Je crois que le bal d’anniversaire de ce samedi pourra faire la différence parmi toutes nos prestations. »
« On est conscient que l’on pouvait faire plus. Les stupidités nous induisent souvent en erreur. En revanche, on est comme dans une école. On apprend chaque jour les uns des autres. Certes l’absence de n’importe quel musicien ne peut compromettre l’avenir du groupe, toutefois, on reconnait clairement qu’ensemble on est une force extraordinaire. »
Avec une formule qui marche au feu de Dieu, Mizik Mizik envisage de conquérir de nouveaux horizons. Beaucoup de projets dans ses tiroirs verront le jour l’an prochain, et beaucoup de contrats sont à honorer pour les fêtes de fin d’année. « On ne se lasse jamais de travailler. Nos triomphes et nos défaites, on les laisse derrière nous pour pouvoir viser plus haut et plus grand. C’est toujours à la prochaine étape qu’on accorde le plus d’attention. Pas ce qui fut », révèle Fabrice, qui croit que le compas est sur une mauvaise pente. « C’est un rythme en voie de disparition, évoque-t-il avec regret. Pendant les dix dernières années, il est évident que Carimi est le seul groupe émergé du compas parmi une infinité. »
« La longévité de ce ténor du compas n’est pas un secret, confie Fabrice. On est avant tout des amis, une famille, avant d’être des musiciens ». « Sinon se grès kakawo ki sekrè », ajoute Emmanuel Obas qui déclenche le fou-rire.
Pour célébrer les 26 ans dans une ambiance de retrouvailles et de fraternité, Arly Larivièrre est l’invité de marque de Mizik Mizik. Il décroche comme une palme d’honneur de partager la scène avec les initiateurs de Haïti Twoubadou. « On a fait choix d’Arly parce que nous apprécions la qualité de ses compositions musicales. En plus, il est l’un des artistes en vogue en ce moment, justifie Fabrice. On aura également la participation d’anciens collaborateurs et membres du groupe comme : Shedley Abraham, Yvon Jérôme, Tony Michel, Rolls Laîné… Mais dans l’ensemble, c’est Luck Mervil qui donnera le ton à la programmation. »
« On aurait voulu que tous ceux qui font partie du groupe soient présents en ce grand jour. Mais les contraintes logistiques et financières empêchent cela », conclut Fabrice, les yeux brillants, l’air impatient et plus excité que jamais.

Dimitry Nader Orisma
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