Selon le maire de la commune, Isaac Civil, la majorité de la population de cette ville de près de 150 000 habitants vit essentiellement de l’agriculture: les sept sections communales de Jean-Rabel sont pourtant toutes touchées par la sécheresse. Avec l'accroissement de la population et les conditions de vie difficiles, la population s’est livrée à la coupe anarchique des arbres pour fabriquer du charbon de bois. Au fil des ans, le déboisement a entraîné la sécheresse. Seulement 150 hectares environ sont arrosés grâce à des petits barrages construits dans le cadre des projets du Fonds d’assistance économique et sociale (Faes) et de l’Action agro-allemande (AAA), fait savoir le maire. Ce qu’il estime largement insuffisant pour nourrir la population. «Chaque année, près des ¾ des cultures meurent», précise-t-il.
La banane continue d’être la culture principale de la commune. Cependant, les terres sont capables de produire d’autres denrées comme le haricot, le maïs, le petit-mil, les légumes, etc. Les dernières cultures ayant été ravagées par la tempête tropicale Isaac en août, la population, qui dispose d'un très faible pouvoir d’achat, consomme uniquement des produits importés.
Une étude menée en 2005 par le ministère de l’Environnement a par ailleurs fait état de la situation de sécheresse avancée, occasionnée par la misère accrue qui s’abat sur la population, l’obligeant à abattre les arbres, accentuant ainsi les risques liés aux changements climatiques. Sept ans plus tard, les revendications de la population demeurent les mêmes : capter les cours d’eau de la commune et des environs pour pallier le problème de la sécheresse; mettre en place un système de crédit agricole. «Quand les plaines et les collines étaient encore boisées, raconte Isaac Civil, la saison pluvieuse durait plus longtemps et les récoltes étaient abondantes. Il nous faut aujourd’hui une alternative. Si les eaux de "Trois Rivières" sont captées en vue d’irriguer les terres cultivées, la production agricole sera suffisante pour nourrir la population de Jean-Rabel et même les populations d’autres communes du Nord-Ouest», conclut Isaac Civil.
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Canton Albert vit à la deuxième section de Jean-Rabel depuis son enfance. Aujourd’hui, père de sept enfants, il fait vivre sa famille grâce à des cultures diversifiées, comme l’ont fait ses parents. L’agriculture est en effet la première source d’alimentation et de revenu financière de la commune. «Je suis aussi agent vétérinaire», lance-t-il d'un ton sec, avant d’ajouter qu’il s'adonne également à l’élevage. Cependant, aucune de ses activités, agriculture ou élevage, n’arrive à satisfaire ses besoins d’argent et de nourriture. «Les récoltes sont maigres, notre bétail meurt de faim ou est dérobé. La situation devient plus compliquée chaque année», affirme Albert.
Selon Albert, au bord de la cinquantaine, le déboisement des plaines et des collines est la cause principale de la misère qui sévit dans la commune.«Il pleut rarement. Quand, finalement, il pleut, les terres arables sont emportées, et petit à petit nos terres deviennent infertiles», se désole-t-il.
Si tous ses enfants sont allés à l’école cette année, Albert ne cache pas ses préoccupations quant à leur éventuelle performance. «Les enfants sont affamés et ne peuvent apprendre dans ces conditions».
Pour Mamoune Sylla, il est indispensable que l’école continue de fonctionner. Pourtant, la situation n’est pas moins difficile pour elle, mère de famille. Elle s’adonne au commerce informel et à l’agriculture pour prendre soin de ses trois enfants âgés entre 11 et 20 ans, qu’elle élève seule. Mamoune avoue ne plus se souvenir de la dernière année où les récoltes de manioc, de "pois congo", de maïs et de petit-mil ont été abondantes. Certaines récoltes sont parfois inférieures par rapport à la semence. «Nos récoltes ne sont jamais suffisantes pour être mises à la vente. Certaines années, nous en avons assez pour nourrir la famille pendant deux mois;certaines autres, cela dure seulement trois à quatre semaines», se plaint-elle.
Selon le maire de la commune, Isaac Civil, la majorité de la population de cette ville de près de 150 000 habitants vit essentiellement de l’agriculture: les sept sections communales de Jean-Rabel sont pourtant toutes touchées par la sécheresse. Avec l'accroissement de la population et les conditions de vie difficiles, la population s’est livrée à la coupe anarchique des arbres pour fabriquer du charbon de bois. Au fil des ans, le déboisement a entraîné la sécheresse. Seulement 150 hectares environ sont arrosés grâce à des petits barrages construits dans le cadre des projets du Fonds d’assistance économique et sociale (Faes) et de l’Action agro-allemande (AAA), fait savoir le maire. Ce qu’il estime largement insuffisant pour nourrir la population. «Chaque année, près des ¾ des cultures meurent», précise-t-il.
La banane continue d’être la culture principale de la commune. Cependant, les terres sont capables de produire d’autres denrées comme le haricot, le maïs, le petit-mil, les légumes, etc. Les dernières cultures ayant été ravagées par la tempête tropicale Isaac en août, la population, qui dispose d'un très faible pouvoir d’achat, consomme uniquement des produits importés.
Une étude menée en 2005 par le ministère de l’Environnement a par ailleurs fait état de la situation de sécheresse avancée, occasionnée par la misère accrue qui s’abat sur la population, l’obligeant à abattre les arbres, accentuant ainsi les risques liés aux changements climatiques. Sept ans plus tard, les revendications de la population demeurent les mêmes : capter les cours d’eau de la commune et des environs pour pallier le problème de la sécheresse; mettre en place un système de crédit agricole. «Quand les plaines et les collines étaient encore boisées, raconte Isaac Civil, la saison pluvieuse durait plus longtemps et les récoltes étaient abondantes. Il nous faut aujourd’hui une alternative. Si les eaux de "Trois Rivières" sont captées en vue d’irriguer les terres cultivées, la production agricole sera suffisante pour nourrir la population de Jean-Rabel et même les populations d’autres communes du Nord-Ouest», conclut Isaac Civil.
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