Les conflits liés aux échanges commerciaux à travers la frontière haïtiano-dominicaine, les actes de violence perpétrés à plusieurs reprises sur des Haïtiens en république voisine, le refus d’accorder la nationalité dominicaine aux enfants de migrants haïtiens nés sur le sol dominicain sont, selon Lisane André, des violations des droits de l’homme.
Pour Mme André, responsable de la section communication et plaidoyer à GARR, ces infractions demeurent une source de préoccupations pour les organisations de défense des droits humains œuvrant en Haïti et en République dominicaine. «Il est important que les deux pays travaillent à combattre toutes formes d’instabilité dans leurs relations pour que, plus jamais, on n’assiste à des actes de violence semblables à ceux commis lors du massacre de Trujillo», a déclaré Lisane André, lors du lancement des activités de commémoration.
Les membres de la commission binationale Frontière solidaire ont attiré l’attention des autorités des deux pays sur l’attitude discriminatoire et les préjugés qui se développent depuis quelque temps entre Haïtiens et Dominicains, spécialement dans les zones frontalières. Le lancement des activités commémoratives du 75e anniversaire du massacre a aussi été l’occasion pour la commission bilatérale de remémorer les circonstances tragiques dans lesquelles plus de 15 000 Haïtiens et Dominicains de couleur ont été massacrés sous les ordres du président dominicain Rafael Leonidas Trujillo Molina. «Cette célébration ne vise pourtant pas à s’attarder sur ce qui s’est passé, il y a 75 ans. Elle est une tentative de faire régner la fraternité et la solidarité entre les deux peuples pour un avenir plus serein », prône le directeur local de Services jésuites aux refugiés et migrants à Fond-Parisien (SJRM-Fonparizien), Lissaint Antoine.
«Il est important de continuer à lutter pour le respect des droits humains, spécialement ceux des enfants et des adolescents vivant à la frontière. Il faut accorder une attention particulière au fonctionnement du marché bilatéral, facteur très important dans les échanges économiques entre Haïti et la République dominicaine », a renchéri Nixon Medina du CIEPO, l’une des organisations membres de la commission binationale.
Les responsables disent croire fermement que de bonnes relations entre les deux peuples seront bénéfiques au développement des deux pays. Ils appellent les autorités haïtiennes et dominicaines à travailler à stopper les actes de violence et de violation des droits humains des deux côtés de la frontière, à protéger et à faire respecter les droits des migrants haïtiens en République dominicaine et à améliorer la politique migratoire.
La commission binationale Frontière solidaire, qui regroupe plusieurs associations de défense des droits de l’homme, haïtiennes et dominicaines, est depuis 2011 un espace de réflexion pour les deux peuples, prônant de meilleures conditions de vie pour les populations riveraines de la frontière et de meilleures relations binationales. Marches, conférences et activités culturelles sont prévues des deux côtés de la frontière pour la commémoration du massacre qui, selon les militants pour le respect des droits de l’homme, ne doit plus jamais se répéter dans l’histoire des peuples haïtien et dominicain.
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