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par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
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EDITORIAL

Quand le CSPJ donne le ton
Le Nouvelliste | Publié le :09 octobre 2012
 Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com

En procédant à l’élection de trois nouveaux conseillers au cours d’un scrutin public dans la matinée du mardi 9 octobre 2012, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est sur le point de se refaire une image et de renvoyer la balle dans le camp du président Michel Joseph Martelly. Sans contestation aucune, le CSPJ, avec ses neuf membres présents et dans la transparence la plus totale, a su rectifier le tir. Léopold Berlanger, Applyx Félix et Carole Floréal Duclervil sont les trois personnalités qui ont reçu la bénédiction des membres du Conseil après deux mois de tergiversation.

Cette étape une fois franchie, Anel Alexis Joseph, en sa qualité de président du CSPJ, va devoir s’adresser au président de la République pour transmettre les noms de ces nouveaux conseillers élus de façon démocratique et qui doivent siéger au Conseil électoral permanent. Martelly va se démener comme un diable dans un bénitier afin d’obtenir le départ des trois conseillers contestés, mais nommés par arrêté présidentiel et siégeant en compagnie des représentants du pouvoir exécutif.

Le président de la République va-t-il profiter de cette atmosphère de convivialité qui règne au CSPJ après deux mois de crise pour redorer son blason ? Tiendra-t-il compte des critiques de différents secteurs sur l’un des représentants de l’exécutif au Conseil électoral permanent pour montrer sa volonté de gérer le pays par-delà les clivages politiques et idéologiques?

Dans un sens comme dans l’autre, Michel Joseph Martelly doit réorienter la gestion de l’équipe au pouvoir. Après plus de deux semaines de manifestations, dont les unes plus légitimes que les autres dans plus de huit villes du pays,  le chef de l’Etat doit comprendre que la gestion de l’Etat ne peut en aucun cas être comparée à celle d’une entreprise familiale. Un pays qui fait face à des défis énormes ne peut pas se permettre d’effectuer des dépenses inutiles. L’exemple de l’imposante délégation haïtienne à la récente Assemblée générale de l’Onu (45 membres par rapport à celle de la République dominicaine de cinq membres pour un même événement) doit plonger les dirigeants haïtiens dans de profondes  réflexions.

Pourquoi tout ce beau monde dans l'entourage du président et du Premier ministre pour un pays si dépendant de la communauté internationale ?

La République voisine, qui est un pays émergent avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de 4 500 dollars américains, rationalise ses dépenses pour assurer une saine gestion de l’argent des contribuables. Nous qui sommes un pays en difficulté avec un PIB de 1 100 dollars américains, notre gouvernement vit au- dessus des moyens de l'Etat.

 Martelly va-t-il tirer les leçons des différentes crises qui ont secoué Haïti pendant ces deux derniers mois pour se refaire une nouvelle santé ?

Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com
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