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par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
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NATIONAL

La foire Goût et Saveur dévoile les trésors cachés d'Haïti
Le Nouvelliste | Publié le :10 octobre 2012
 Gérard JEANTY Junior gjeantyjr@lenouvelliste.com
La deuxième édition de la foire gastronomique intitulée « Goût et Saveur lakay » a pris fin ce week-end au Parc historique de la Canne-à-Sucre. Fruit d'un partenariat public-privé, cet évènement met en exergue la production locale dans toute sa diversité, et constitue un espace économique pour les agriculteurs, les restaurateurs et les producteurs.

Il est 9 heures du matin. Le décor est planté sur la cour du Parc, à travers un village de tentes. A l’intérieur sont exposés des produits et des articles locaux de toutes sortes. C’est la clôture de la deuxième édition de la foire gastronomique « Goût et Saveur ». Cet évènement donne de l’envergure à la production nationale. La gastronomie haïtienne présente une impréssionnante apothéose. Les cultures des différents départements du pays sont mises en valeur. Il en est de même des recettes de cuisine spécifiques à une région donnée. Les visiteurs redécouvrent et apprécient la richesse de la gastronomie haïtienne. Ils sont invités à la dégustation d'un éventail de produits préparés à base de vivres, de fruits et de légumes du pays. Sourire aux lèvres, exposants et visiteurs se côtoient. 

Cette foire constitue une grande vitrine pour les agriculteurs et les firmes locales dont « Taino Aquaculture » qui en a profité pour exposer quelques espèces de tilapias, des poissons de la famille cichlidae. S’adonnant à la reproduction de poissons au niveau de l’étang saumâtre, les responsables de Taino présentent des tilapias différents de ceux que l’on consomme d’habitude en Haïti.  « Pour l’instant, nous commençons avec le tilapia. A l’avenir, nous allons produire d’autres poissons. Notre rêve, c’est d’offrir des poissons frais à chaque Haïtien.  Oui, nous en sommes capables. Nous pouvons faire des choses extraordinaires », a avancé M. Woolley Gilbert.

Il n’y a pas eu seulement le tilapia, il y a aussi le Chic poulet, un produit de l’entreprise « Haïti Broilers S.A. ». Cette dernière vend des poulets  congelés et frais. « Dans le cadre de cette foire intitulée: « Goût et Saveur lakay » ce sera une erreur de ne pas mettre en valeur les poulets du terroir, car c’est une source de protéine. Le poulet se vend à meilleur marché que les autres produits similaires. Nous n’utilisons pas de stéroïde et d’autres produits chimiques ni pendant la fécondation des œufs ni pendant l’élevage des poussins », a confié Carl-Eric Staco, directeur des ventes de « Haïti Broilers S.A. », annonçant que le Chic poulet est disponible dans les supermarchés.  

Pour sa part, le Gibier a présenté une recette peu connue dans le pays. Cette firme, qui pratique la coturniculture, c’est-à-dire l’élevage des cailles, a exposé des œufs de cet oiseau migrateur et proposé des recettes intéressantes à base de caille. « En fait, nous avons plusieurs recettes, mais elles ne sont pas toutes commercialisées. Il y a kwèk-kwèk, des brochettes, etc. Nous avons une production avoisinant 2 000 œufs par jour et un millier de cailles par semaine. Nous élevons aussi d’autres espèces d’oiseaux. Nous comptons augmenter notre production en passant à 5 000 œufs afin de satisfaire toute la demande. L’œuf de caille est plus riche en vitamine que l’œuf de poule », a informé l’ingénieur-agronome Rémy Charles Jr.

 Spécialisée dans la transformation des fruits, des légumes et des vivres, Johanne Laborde du Chicken Fiesta a utilisé l’aubergine, la betterave et la carotte pour pigmenter certains vivres afin de les présenter sous d’autres couleurs au public. « Nous ajoutons des couleurs aux végétaux afin d’attirer les enfants, car nous faisons le choix des aliments que nous allons consommer juste après les avoir vus. Outre les couleurs, les produits que nous préparons sont délicieux. Alors que nous ignorons quel type de substances utilisées par les autres pays pour colorer certains produits, nous, nous offrons un produit naturel », a fait savoir Johanne Laborde, qui a présenté le produit local dénommé « Lam Pam ».         

Plusieurs régions du pays ont exposé leurs produits dans le cadre de cette foire. La municipalité de Kenscoff a mis en évidence l’ensemble des produits de cette région. «  Kenscoff est connue pour ses griots, son café du soir, ses salades et ses légumes. Nous proposons une salade baptisée mer et montagne et une autre appelée kenscovite. Ce sont des recettes à base de produits spécifiques de notre région », a affirmé Carlah Clesca, mairesse de Kenscoff, ajoutant que l’objectif est d’accompagner les agriculteurs et de promouvoir la production nationale.

La question relative à la protection de l’environnement du pays n’a pas été négligée au cours de cette foire. L'hôtel Le Montcel a exposé un charbon répondant aux normes écologiques capable de se substituer au charbon de bois. Il présente ce produit sous le label de charbon Ticadaie. « Nous en fabriquons environ 4 tonnes par jour. Nous ramassons des déchets provenant des végétaux, ensuite, nous les transformons en  briquets de charbon. Notre seul souci, c’est de trouver un appareil pour pouvoir sécher le charbon, car, maintenant, nous sommes à la merci du soleil », a affirmé Léon Roméus.

« Cet évènement se situe dans le contexte de la relance de la production agricole. Ainsi, il faut constater que chacun des dix départements du pays se présente avec ses produits spécifiques. C’est une démonstration qui prouve une fois de plus qu’Haïti est un pays agricole. Cette foire confirme clairement qu’il est possible de combattre la faim en Haïti. Nous vivons dans un pays où la diversité agricole est une réalité. Donc, il est important de changer les habitudes alimentaires. C’est la raison pour laquelle le Ministère de l’Agriculture s’est engagé dans le cadre de la relance à augmenter la production de différentes denrées », a déclaré le numéro un du ministère de l’Agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), l’agronome Thomas Jacques. Il a profité de l’occasion pour parler du lancement d’un programme national de production fruitière au cours de cette année.    

Outre l’agronome Thomas Jacques qui s’était fait accompagner du secrétaire d’Etat à la Production agricole, Fresner Dorcin, la ministre du Tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin,  a été aussi de la partie. Elle a remis une plaque d’honneur à Stéphan Durand, membre du secteur privé, qui a associé ce partenariat avec l’Etat dans le cadre de cette grande foire. La ministre Villedrouin a aussi dressé des félicitations à Jean Max Chauvet du journal Le Nouvelliste et  à Joanne Buteau.  « Nous travaillons énormément pour faire venir plus de touristes dans notre pays. Nous disons aussi qu’il est important de faire en sorte que l’argent dépensé par un touriste en Haïti reste dans le pays. Cet argent ne doit pas servir à importer de la nourriture pour le touriste. Voilà pourquoi nous avons développé ce partenariat avec le ministère de l’Agriculture afin de booster la production locale», a indiqué la ministère du Tourisme. 

La responsable du volet sécurité sociale du programme Aba grangou, Nadine Louis, a présenté ledit programme comme un cadre stratégique du gouvernement actuel afin de réduire considérablement la faim dans le pays. Ce programme vise aussi à éradiquer ce phénomène d’ici 2025 en Haïti. Elle a révélé que le programme a aussi pour mission d’inciter les gens à la consommer des produits locaux. « Le programme Aba grangou figure parmi les organisateurs de cette foire, car nous estimons qu’il est nécessaire de revaloriser la production nationale qui est un élément important dans la lutte contre la faim », a-t-elle souligné. 

Gérard JEANTY Junior gjeantyjr@lenouvelliste.com
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