Mario De Volcy n’en sort pas vexé mais renforcé dans ses convictions de prononcer des conférences, multiplier les interviews et autres initiatives pour lever l’épais voile de l’oubli sur les musiciens, les chanteurs et les compositeurs d’antan. « Coqueluche de Jazz des Jeunes, Pierre Blain, que l’on enterre ce samedi, a laissé son empreinte sur la musique haïtienne. Mais très peu de gens le savent aujourd’hui », regrette Mario De Volcy, nostalgique des pays où l’on préserve la mémoire.
Sans cette préservation, la valorisation est difficile. Et l’hommage à ces génies, une chimère, enchaîne ce vieux baroudeur de la musique haïtienne. Cependant, l’ex-musicien des Loups Noirs, de Bossa Combo… ne renonce pas à son rêve « d’honorer les devanciers ». « Il y a tant de musiciens à honorer à titre posthume et de leur vivant que je serais très loin sur cette liste », indique Mario De Volcy dont l’enfance a été bercée par la musique de grands noms de l’époque : Nemours Jean-Baptiste, Wébert Sicot. Des légendes, amis personnels de son feu père, Léon Volcy. Au 34 de la rue du Champ de Mars où Mario est né un 14 novembre s’est tenue la première la réunion entre Nemours, Sicot et Julien Paul pour monter l’orchestre Conjunto International.
Privilégié, Mario a 1 an quand, à son baptême jouent des monstres sacrés de la musique dansante de chez nous. C’est quelque part pour payer une dette à ces génies errant dans la vallée de l’oubli que Mario rameute, bat la grosse caisse aujourd’hui. « C’est un peu ça », reconnaît-il, le regard encore illuminé en remontant le temps, en racontant sa participation au carnaval sur le char du groupe de Sicot, « Cadence Ranpa », à l’âge de 7 ans. « Je jouais de la timbale aux côtés de Sicot, mon idole », confie Mario De Volcy, revenu en Haïti après vingt ans aux Etats-Unis.
Mario De Volcy, patron de Triomphe Musique qui fait de la production, la préparation de spectacle, la distribution, organise les tournées, croit qu’il faut rentabiliser l’industrie du spectacle. Content de la création d’une entité par l’Etat haïtien pour réfléchir sur cette problématique, l’ex-musicien du Bossa Combo pense surtout aux « royalties », ce frais que l’on est tenu de verser à l’artiste quand on diffuse sa chanson à la radio, à la télévision… Il rêve pour Haïti d’un SACEM comme en France ou d’un BIM comme aux Etats-Unis. C’est indispensable pour que des artistes haïtiens ne vivent ni ne meurent dans la crasse et le dénuement.
Ces actions sont importantes, primordiales, appelle ce bosseur qui se bat pour la fin d’un temps : celui de l’oubli, et avec, nos richesses artistiques et culturelles…
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