Musique, bière, et rires à Port-au-Prince, où les Allemands, nombreux, ont fait la fête. La cérémonie, qui a débuté par les hymnes officiels haïtien et allemand, s'est déroulée dans une atmosphère solennelle, faste, mais conviviale. La réunification allemande le 3 octobre 1990 renseigne une fois de plus qu’une idéologie, pour puissante qu’elle soit, ne peut rien faire contre la volonté d’un peuple déterminé à vivre dans la démocratie et en toute liberté sur un territoire qu’il a forgé et construit à travers le temps. Elle a conduit à l'intégration de la République démocratique allemande dans la République fédérale d'Allemagne, laquelle était constituée alors par les Länder formant ce qui était appelé l'Allemagne de l'Ouest.
S'exprimant à cette occasion, l’ambassadeur Klaus Peter Schick a souligné que ce jour ne signifie pas simplement pour l'Allemagne la réunification des deux parties de son pays mais que cela représente, pour les Allemands en premier lieu, la victoire du peuple, de la démocratie et de la liberté. L'unité, le respect de l'Etat de droit, et surtout la liberté, sont des notions qui insistent, entre autres, dans le respect des valeurs inscrites dans la Constitution allemande.
Les Allemands aux côtés d’Haïti
Abordant la question des relations haïtiano-allemandes, l'ambassadeur a expliqué que cette cérémonie est l’occasion pour lui de faire un bref rappel desdites relations, et souligne que l’Allemagne est toujours aux côtés de la République d’Haïti. Selon lui, les sentiments profonds existant entre les peuples des deux pays, qui ont été initiés puis cultivés, se développent de plus en plus.
« Durant les deux mois où j'ai eu l'honneur de représenter l'Allemagne en Haïti, je peux vous assurer que je n’ai jamais connu un seul moment d'ennui, et je peux affirmer sans me tromper que cette coopération a des effets positifs sur la population haïtienne. L'observation du développement politique et économique en Haïti est très intéressante. Dans beaucoup de champs, on peut noter des améliorations. Toutefois, nous savons tous qu’il y a des défis à relever. Bien sûr, ce soir n'est pas le moment pour discuter de cela en détail», a dit le diplomate, qui a apprécié le développement des relations bilatérales lors de ces dernières années pour affirmer qu'elles peuvent se développer encore davantage.
Le diplomate allemand a confié que l'arrivée des premiers Allemands en Haïti remonte à l'époque coloniale. Ils s'étaient, dans un premier temps, installés à Kourou, en Guyane française, à l'occasion d'une expédition de colonisation qui devait s'étendre de 1763 à 1765.
Et depuis, la colonie allemande en Haïti, au cours des deux derniers siècles, a connu des moments à la fois forts, fraternels, fructueux et fragiles; surtout quand il faut aborder les affaires Batsch, Lüders et Markomania, Crête-à-Pierrot ayant affaibli l'autorité des dirigeants haïtiens de l'époque. Depuis lors, un courant constant s'est établi, et le commerce allemand prit une part considérable dans les ports haïtiens, notamment à Port-au-Prince.
Selon certains analystes et historiens, dont le Dr Joseph Bernard Jr, la forte influence de la colonie allemande en Haïti, dominant au XIXe siècle près de 80 à 90% du commerce intérieur, serait l'une des causes majeures de la première occupation américaine en 1915. Lors de la Seconde Guerre mondiale, une seconde campagne anti-germanique, encore une fois commanditée par les Etats-Unis d'Amérique, fut enclenchée en Amérique latine et dans la Caraïbe. Cette campagne s'attaqua également aux nationaux italiens et japonais dont les gouvernements furent des alliés du Troisième Reich.
Symbolisme de ce jour
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Pierre-Richard Casimir, a, au nom du peuple haïtien, du président de la République, Michel Joseph Martelly, du Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, et en son nom personnel, formulé ses plus vives salutations et ses vœux les plus sincères au président de la République d’Allemagne, Joachim Gauck, et à la chancelière Angela Merkel, et au peuple Allemand tout entier.
« Ce jour de l’unité allemande revêt un symbolisme d’une grande importance pour l’Allemagne ; elle est consacrée comme la Fête de la Nation allemande réunifiée. C’est d’ailleurs en Allemagne le seul jour férié en application reconnu par le droit fédéral, toutes les autres étant fixés par les droits régionaux. Il remplace à juste titre tous les autres éphémérides, que ce soit, par exemple, la fête nationale de la République Fédérale qu’on célébrait le 17 juin de chaque année en Allemagne de l’Ouest ou le jour de la République, fêté en République démocratique allemande le 7 octobre », a indiqué M. Casimir.
Le chancelier Casimir a profité de cette occasion pour dire combien le gouvernement haïtien attache de l’importance à la coopération allemande, à sa consolidation et à son renforcement. « Que ce soit au niveau bilatéral ou au niveau multilatéral, notamment à travers l’Union européenne ; le gouvernement allemand, depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, ne cesse de renforcer son appui aux efforts nationaux de relèvement et de reconstruction d’Haïti », a-t-il renchéri.
Contribution allemande
Depuis le séisme du 12 janvier 2010, la plus grande puissance économique au sein de l'Union européenne et la quatrième dans le monde a mis à la disposition d'Haïti, dans le cadre de l'aide d'urgence, 20 millions d'euros et en appui à la reconstruction d'Haïti 40 millions d'euros. En effet, 10 des 40 millions d'euros iront à un projet de cofinancement avec la Banque interaméricaine de développement (BID) pour la réhabilitation de la centrale hydro-électrique de Péligre (département du Centre).
Une autre allocation de dix millions d'euros sera cogérée par le Fonds d'assistance économique et social (FAES) sur le plan sociale. Et les autres 20 millions seront utilisés dans des projets communautaires à travers une coopération bilatérale entre les institutions allemandes en Haïti (l'Agro-action allemande) et les autorités haïtiennes.
Le gouvernement allemand n'accorde pas d'aide budgétaire directe au gouvernement haïtien, mais via l'Union européenne. Sa contribution budgétaire pour Haïti est estimée à 20 %, suivie de la France avec 18 % et celle de la Grande-Bretagne, 17%, vu la bonne santé de son économie.
Il faut souligner que la population allemande a fait don de près de 200 millions d'euros en faveur du peuple haïtien après le séisme.
Mis à part cette contribution, le gouvernement allemand apporte son support au programme d’éducation universelle du président de la République, Michel Joseph Martelly, et projette d’étendre son intervention au secteur énergétique, un des principaux axes stratégiques de l’action du gouvernement haïtien.
Cette soirée a été l’occasion pour le chancelier haïtien de féliciter l’ambassadeur allemand pour l'inestimable participation de son gouvernement au rapprochement du peuple haïtien et du peuple allemand, ainsi que pour sa remarquable contribution au développement de la coopération entre les deux Etats.
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Musique, bière, et rires à Port-au-Prince, où les Allemands, nombreux, ont fait la fête. La cérémonie, qui a débuté par les hymnes officiels haïtien et allemand, s'est déroulée dans une atmosphère solennelle, faste, mais conviviale. La réunification allemande le 3 octobre 1990 renseigne une fois de plus qu’une idéologie, pour puissante qu’elle soit, ne peut rien faire contre la volonté d’un peuple déterminé à vivre dans la démocratie et en toute liberté sur un territoire qu’il a forgé et construit à travers le temps. Elle a conduit à l'intégration de la République démocratique allemande dans la République fédérale d'Allemagne, laquelle était constituée alors par les Länder formant ce qui était appelé l'Allemagne de l'Ouest.
S'exprimant à cette occasion, l’ambassadeur Klaus Peter Schick a souligné que ce jour ne signifie pas simplement pour l'Allemagne la réunification des deux parties de son pays mais que cela représente, pour les Allemands en premier lieu, la victoire du peuple, de la démocratie et de la liberté. L'unité, le respect de l'Etat de droit, et surtout la liberté, sont des notions qui insistent, entre autres, dans le respect des valeurs inscrites dans la Constitution allemande.
Les Allemands aux côtés d’Haïti
Abordant la question des relations haïtiano-allemandes, l'ambassadeur a expliqué que cette cérémonie est l’occasion pour lui de faire un bref rappel desdites relations, et souligne que l’Allemagne est toujours aux côtés de la République d’Haïti. Selon lui, les sentiments profonds existant entre les peuples des deux pays, qui ont été initiés puis cultivés, se développent de plus en plus.
« Durant les deux mois où j'ai eu l'honneur de représenter l'Allemagne en Haïti, je peux vous assurer que je n’ai jamais connu un seul moment d'ennui, et je peux affirmer sans me tromper que cette coopération a des effets positifs sur la population haïtienne. L'observation du développement politique et économique en Haïti est très intéressante. Dans beaucoup de champs, on peut noter des améliorations. Toutefois, nous savons tous qu’il y a des défis à relever. Bien sûr, ce soir n'est pas le moment pour discuter de cela en détail», a dit le diplomate, qui a apprécié le développement des relations bilatérales lors de ces dernières années pour affirmer qu'elles peuvent se développer encore davantage.
Le diplomate allemand a confié que l'arrivée des premiers Allemands en Haïti remonte à l'époque coloniale. Ils s'étaient, dans un premier temps, installés à Kourou, en Guyane française, à l'occasion d'une expédition de colonisation qui devait s'étendre de 1763 à 1765.
Et depuis, la colonie allemande en Haïti, au cours des deux derniers siècles, a connu des moments à la fois forts, fraternels, fructueux et fragiles; surtout quand il faut aborder les affaires Batsch, Lüders et Markomania, Crête-à-Pierrot ayant affaibli l'autorité des dirigeants haïtiens de l'époque. Depuis lors, un courant constant s'est établi, et le commerce allemand prit une part considérable dans les ports haïtiens, notamment à Port-au-Prince.
Selon certains analystes et historiens, dont le Dr Joseph Bernard Jr, la forte influence de la colonie allemande en Haïti, dominant au XIXe siècle près de 80 à 90% du commerce intérieur, serait l'une des causes majeures de la première occupation américaine en 1915. Lors de la Seconde Guerre mondiale, une seconde campagne anti-germanique, encore une fois commanditée par les Etats-Unis d'Amérique, fut enclenchée en Amérique latine et dans la Caraïbe. Cette campagne s'attaqua également aux nationaux italiens et japonais dont les gouvernements furent des alliés du Troisième Reich.
Symbolisme de ce jour
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Pierre-Richard Casimir, a, au nom du peuple haïtien, du président de la République, Michel Joseph Martelly, du Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, et en son nom personnel, formulé ses plus vives salutations et ses vœux les plus sincères au président de la République d’Allemagne, Joachim Gauck, et à la chancelière Angela Merkel, et au peuple Allemand tout entier.
« Ce jour de l’unité allemande revêt un symbolisme d’une grande importance pour l’Allemagne ; elle est consacrée comme la Fête de la Nation allemande réunifiée. C’est d’ailleurs en Allemagne le seul jour férié en application reconnu par le droit fédéral, toutes les autres étant fixés par les droits régionaux. Il remplace à juste titre tous les autres éphémérides, que ce soit, par exemple, la fête nationale de la République Fédérale qu’on célébrait le 17 juin de chaque année en Allemagne de l’Ouest ou le jour de la République, fêté en République démocratique allemande le 7 octobre », a indiqué M. Casimir.
Le chancelier Casimir a profité de cette occasion pour dire combien le gouvernement haïtien attache de l’importance à la coopération allemande, à sa consolidation et à son renforcement. « Que ce soit au niveau bilatéral ou au niveau multilatéral, notamment à travers l’Union européenne ; le gouvernement allemand, depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, ne cesse de renforcer son appui aux efforts nationaux de relèvement et de reconstruction d’Haïti », a-t-il renchéri.
Contribution allemande
Depuis le séisme du 12 janvier 2010, la plus grande puissance économique au sein de l'Union européenne et la quatrième dans le monde a mis à la disposition d'Haïti, dans le cadre de l'aide d'urgence, 20 millions d'euros et en appui à la reconstruction d'Haïti 40 millions d'euros. En effet, 10 des 40 millions d'euros iront à un projet de cofinancement avec la Banque interaméricaine de développement (BID) pour la réhabilitation de la centrale hydro-électrique de Péligre (département du Centre).
Une autre allocation de dix millions d'euros sera cogérée par le Fonds d'assistance économique et social (FAES) sur le plan sociale. Et les autres 20 millions seront utilisés dans des projets communautaires à travers une coopération bilatérale entre les institutions allemandes en Haïti (l'Agro-action allemande) et les autorités haïtiennes.
Le gouvernement allemand n'accorde pas d'aide budgétaire directe au gouvernement haïtien, mais via l'Union européenne. Sa contribution budgétaire pour Haïti est estimée à 20 %, suivie de la France avec 18 % et celle de la Grande-Bretagne, 17%, vu la bonne santé de son économie.
Il faut souligner que la population allemande a fait don de près de 200 millions d'euros en faveur du peuple haïtien après le séisme.
Mis à part cette contribution, le gouvernement allemand apporte son support au programme d’éducation universelle du président de la République, Michel Joseph Martelly, et projette d’étendre son intervention au secteur énergétique, un des principaux axes stratégiques de l’action du gouvernement haïtien.
Cette soirée a été l’occasion pour le chancelier haïtien de féliciter l’ambassadeur allemand pour l'inestimable participation de son gouvernement au rapprochement du peuple haïtien et du peuple allemand, ainsi que pour sa remarquable contribution au développement de la coopération entre les deux Etats.
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