Les mesures concernent cinq produits de base, le riz, le maïs, l’huile comestible, l’haricot et la farine. Des produits dits sensibles. L’Etat va s’impliquer directement dans leur importation. Selon le coordonnateur du Conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA), l’agronome Gary Mathieu, le gouvernement, via le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), va traiter avec une société de négoce spécialisée dans la vente de commodités à terme assortie de livraison partielle.

Ensuite, la Banque de la République d’Haïti (BRH) va mettre en place la lettre de crédit stand-by, garantissant le paiement des importations négociées pour une année. Puis, le Bureau de monétisation, de programme d’aide au développement (BMPAD) gère les commandes placées par les importateurs qui adhèrent au programme, les paiements en amont et en aval, détermine conjointement avec ces importateurs la périodicité des livraisons, et s’assure du bon fonctionnement de toute la logistique au niveau de la chaîne de distribution, explique au Nouvelliste Gary Mathieu en exclusivité.

Afin d’éviter les spéculations qui sont à la base de la hausse des prix, le MEF et le Ministère du Commerce et de l’Industrie établissent conjointement la structure des prix et s’assurent que le prix de vente au consommateur final soit respecté.

Parmi les solutions à court terme, la commission a proposé l’intensification des travaux à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones urbaines de la capitale et des villes de province afin d’augmenter le pouvoir d’achat des petites bourses. Elle a demandé également que les 288 000 sacs de riz en provenance du Japon soient non seulement vendus au couloir régulier, mais aussi aux associations des petits détaillants.

En outre, pour la prochaine saison agricole, elle a recommandé au ministère de l’Agriculture de supporter les planteurs. Il y a aussi les mesures structurantes qui consistent à approvisionner le pays sur une année en cinq produits de base : le riz, le maïs, l’huile comestible, l’haricot et la farine.

Comme deuxième grande mesure, c’est la constitution d’un stock stratégique de produits alimentaires qui doit permettre au pays de s’approvisionner pendant un certain temps sans commander de l’extérieur.

Une obligation formelle est faite aux importateurs de s’approvisionner chez les producteurs locaux à hauteur de 10 à 15 pour cent de leur stock. Une façon, pour le gouvernement, d’encourager la production nationale. D’où la troisième mesure proposée par la Commission de stabilisation des prix.

La quatrième mesure consiste à renforcer les contrôles au niveau des frontières pour éviter la contrebande. « Environ 30 à 50 000 tonnes de riz (de bonne qualité) importés par Haïti, vont en République dominicaine », dénonce M. Mathieu, soulignant que sans le vouloir, le gouvernement haïtien finance l’économie dominicaine.

La mise en place des structures locales d’achat des produits agricoles, la cinquième mesure, est extrêmement importante, de l’avis de l’agronome Gary Mathieu. « Cette mesure doit permettre aux petits producteurs agricoles de mieux s’insérer dans le tissu économique local et national, et d’accéder plus facilement aux marchés passés dans le cadre de la constitution du stock stratégique. »

Elle entraîne aussi la réorganisation du suivi de l’exécution des marchés des produits agricoles locaux, en instituant des interfaces institutionnels de proximité entre les grossistes urbains et les petits producteurs agricoles ruraux. « Ce dispositif doit garantir aux producteurs un prix raisonnable pour leurs produits et favoriser une démarche plus partenariale vis-à-vis de leurs partenaires-acheteurs », explique Gary Mathieu.

La dernière mesure proposée par la Commission est la mise en place d’un système de cabotage pour les produits agricoles et pétroliers. Ce qui réduira le prix du transport et uniformisera les prix des denrées.

Pour le moment, ces six mesures n’engagent que la Commission. Elles vont être débattues et adoptées mercredi prochain en Conseil de gouvernement, puis remises au président de la République. Après quoi, ces mesures deviendront officiellement une politique nationale.

Les membres de la Commission pour la stabilisation des prix sont  les ministères de l’Economie, du Commerce, de l’Agriculture, de la Promotion de la paysannerie, le CDES, le Bureau de monétisation, « Aba grangou » et le CNSA.

Le chef du gouvernement a aussi indiqué que les 288 000 sacs de riz en provenance du Japon étaient déjà en Haïti et contribueraient à baisser  les prix. « Nous sommes contents de constater que le prix du riz s’est stabilisé et même a légèrement baissé sur le marché », s’est félicité Laurent Lamothe.

A cause de la hausse des prix des produits de première nécessité durant ces derniers mois, le pays a connu bien des moments de tension avec des manifestations de rue un peu partout. Des membres de la population réclament du gouvernement des mesures pour juguler les prix.

" /> Le Nouvelliste - Six propositions pour combattre la cherté de la vie
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NATIONAL

La vie chère/Mesures gouvernementales
Six propositions pour combattre la cherté de la vie
Le Nouvelliste | Publié le :04 octobre 2012
 Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
La commission gouvernementale pour stabiliser les prix des produits de première nécessité a adopté six grandes mesures pour faire face à la cherté de la vie. Le Premier ministre Laurent Lamothe indique que les 288 000 sacs de riz annoncés sont déjà arrivés au pays et déjà les prix de cette denrée commencent à subir une baisse sur le marché local.

Les mesures concernent cinq produits de base, le riz, le maïs, l’huile comestible, l’haricot et la farine. Des produits dits sensibles. L’Etat va s’impliquer directement dans leur importation. Selon le coordonnateur du Conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA), l’agronome Gary Mathieu, le gouvernement, via le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), va traiter avec une société de négoce spécialisée dans la vente de commodités à terme assortie de livraison partielle.

Ensuite, la Banque de la République d’Haïti (BRH) va mettre en place la lettre de crédit stand-by, garantissant le paiement des importations négociées pour une année. Puis, le Bureau de monétisation, de programme d’aide au développement (BMPAD) gère les commandes placées par les importateurs qui adhèrent au programme, les paiements en amont et en aval, détermine conjointement avec ces importateurs la périodicité des livraisons, et s’assure du bon fonctionnement de toute la logistique au niveau de la chaîne de distribution, explique au Nouvelliste Gary Mathieu en exclusivité.

Afin d’éviter les spéculations qui sont à la base de la hausse des prix, le MEF et le Ministère du Commerce et de l’Industrie établissent conjointement la structure des prix et s’assurent que le prix de vente au consommateur final soit respecté.

Parmi les solutions à court terme, la commission a proposé l’intensification des travaux à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones urbaines de la capitale et des villes de province afin d’augmenter le pouvoir d’achat des petites bourses. Elle a demandé également que les 288 000 sacs de riz en provenance du Japon soient non seulement vendus au couloir régulier, mais aussi aux associations des petits détaillants.

En outre, pour la prochaine saison agricole, elle a recommandé au ministère de l’Agriculture de supporter les planteurs. Il y a aussi les mesures structurantes qui consistent à approvisionner le pays sur une année en cinq produits de base : le riz, le maïs, l’huile comestible, l’haricot et la farine.

Comme deuxième grande mesure, c’est la constitution d’un stock stratégique de produits alimentaires qui doit permettre au pays de s’approvisionner pendant un certain temps sans commander de l’extérieur.

Une obligation formelle est faite aux importateurs de s’approvisionner chez les producteurs locaux à hauteur de 10 à 15 pour cent de leur stock. Une façon, pour le gouvernement, d’encourager la production nationale. D’où la troisième mesure proposée par la Commission de stabilisation des prix.

La quatrième mesure consiste à renforcer les contrôles au niveau des frontières pour éviter la contrebande. « Environ 30 à 50 000 tonnes de riz (de bonne qualité) importés par Haïti, vont en République dominicaine », dénonce M. Mathieu, soulignant que sans le vouloir, le gouvernement haïtien finance l’économie dominicaine.

La mise en place des structures locales d’achat des produits agricoles, la cinquième mesure, est extrêmement importante, de l’avis de l’agronome Gary Mathieu. « Cette mesure doit permettre aux petits producteurs agricoles de mieux s’insérer dans le tissu économique local et national, et d’accéder plus facilement aux marchés passés dans le cadre de la constitution du stock stratégique. »

Elle entraîne aussi la réorganisation du suivi de l’exécution des marchés des produits agricoles locaux, en instituant des interfaces institutionnels de proximité entre les grossistes urbains et les petits producteurs agricoles ruraux. « Ce dispositif doit garantir aux producteurs un prix raisonnable pour leurs produits et favoriser une démarche plus partenariale vis-à-vis de leurs partenaires-acheteurs », explique Gary Mathieu.

La dernière mesure proposée par la Commission est la mise en place d’un système de cabotage pour les produits agricoles et pétroliers. Ce qui réduira le prix du transport et uniformisera les prix des denrées.

Pour le moment, ces six mesures n’engagent que la Commission. Elles vont être débattues et adoptées mercredi prochain en Conseil de gouvernement, puis remises au président de la République. Après quoi, ces mesures deviendront officiellement une politique nationale.

Les membres de la Commission pour la stabilisation des prix sont  les ministères de l’Economie, du Commerce, de l’Agriculture, de la Promotion de la paysannerie, le CDES, le Bureau de monétisation, « Aba grangou » et le CNSA.

Le chef du gouvernement a aussi indiqué que les 288 000 sacs de riz en provenance du Japon étaient déjà en Haïti et contribueraient à baisser  les prix. « Nous sommes contents de constater que le prix du riz s’est stabilisé et même a légèrement baissé sur le marché », s’est félicité Laurent Lamothe.

A cause de la hausse des prix des produits de première nécessité durant ces derniers mois, le pays a connu bien des moments de tension avec des manifestations de rue un peu partout. Des membres de la population réclament du gouvernement des mesures pour juguler les prix.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
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