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L'EDITO DU JOUR
par Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com
Des festivités commémoratives des deux ans du président Michel Martelly au pouvoir, on n'a retenu, paraît-il, qu'une chose : le député Luckner Noël s'agenouillant devant le président Michel Martelly pour le remercier d'avoir mis le pays sur les rails du « développement ». Pour ne pas faire de jalo...
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EDITORIAL

Rétropédalage
Le Nouvelliste | Publié le :28 septembre 2012
 Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval

Rétropédalage ou, dans notre bon créole, fè bak. A toute vitesse. Parce qu’on va dans un mur. Parce qu’on y est déjà.

Le gouvernement Lamothe vient de changer de direction en trouvant son 7e commissaire du gouvernement en 16 mois. Le gouvernement vient de prouver qu’il a entendu les cris offensés et scandalisés de la société haïtienne. C’est bien.

La société haïtienne a cependant encore plus à demander au gouvernement : quelles sont ces informations insistantes et de provenance crédible qui laissent croire que Jean Renel Sénatus a été révoqué et remplacé parce qu’il ne voulait pas procéder à l'arrestation d'opposants ? 

Qui a-t-il de vrai dans les accusations de l’ex-commissaire contre le ministre de la Justice et le président du Conseil Electoral Provisoire ? Le ministre de la Justice aura beau démentir le mal est fait.

Allons-nous revenir aux temps pas si anciens où le pouvoir instrumentalisait la loi et les hommes de loi pour régler ses petites affaires ?

Avec Jean Renel Sénatus qui s’en va, c’est encore un commissaire du gouvernement qui refuse d’exécuter des instructions illégales. Un homme préfère perdre son job pour préserver son âme.

Ce n’est pas la première fois en 16 mois qu’un tel incident se produit. Cela est-il symptomatique d’une envie de piétiner le droit et la justice ?

Pendant ses cinq ans à passer au pouvoir, jamais on ne cessera de demander au régime Martelly de donner les preuves de son engagement envers l’Etat de droit. Il est navrant de constater que la même semaine où le Premier ministre Laurent Lamothe et le président Michel Martelly, du haut de la tribune de la 67e Assemblée générale des Nations unies, renouvellent leur profession de foi démocratique, on veuille arrêter des citoyens pour divergence d’opinions avec les autorités.

Faut-il rappeler qu’aucune des affaires de complot contre ce régime n’a eu de suite pour le moment? La grosse caisse sur tel ou tel cas se transforme en inaudible psitt, à chaque fois.

Le rétropédalage en ce qui concerne le remplaçant de Jean Renel Sénatus- dont la réputation a vite fait scandale- cache mal les raisons de la révocation du cinquième commissaire du gouvernement, de même que restent voilés les motifs des nombreux changements intervenus en province ces derniers jours.

Ce rétropédalage, rapide bak en arrière, n’est pas le premier de ce régime, et s’il faut plus de force pour freiner et reculer en pleine course qu’il n’en faut pour aller sur son élan dans la mauvaise direction, pas besoin de dire quelle perte d’énergie et de crédibilité cela implique. Mieux vaudrait-il pas investir toute sa force et toute son adresse pour aller dans la bonne direction ? 

Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
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