Il y a pas mal de changements en Haïti dans le domaine de l’Etat de droit, selon le chef du gouvernement haïtien. Laurent Lamothe, dans son discours prononcé lundi sur la tribune de l’ONU, a fait savoir que depuis son ascension à la suprême magistrature de l’Etat, le président Michel Martelly s’est attelé à construire de manière irréversible un Etat de droit en Haïti. Cependant, il a reconnu que le problème majeur de la justice haïtienne est le manque, « voire l'absence, d'indépendance et d'autonomie. »
« II a fallu attendre l’arrivée du président Martelly au timon des affaires de l’Etat pour que ces textes de loi (la Constitution) puissent être appliqués en vue d’organiser et de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire », a-t-il indiqué en citant à titre d’exemple la Cour de cassation et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) enfin complétée pour la première et installé pour la seconde. « l'Etat de droit ne peut exister en Haïti si la sécurité juridique n'est pas garantie », a-t-il dit, soulignant que le gouvernement ne s’immisce pas dans les affaires de la justice mais de préférence renforce les structures via le ministère de la Justice.
En outre, le Premier ministre a indiqué que la police nationale est en train de se tourner vers la modernité et le professionnalisme. « La PNH est en train d’être dotée d’outils modernes et ses cadres sont formés à leur utilisation. Au titre du renforcement des infrastructures plusieurs projets majeurs sont en cours, comme la construction du quartier général de la PNH, de l’Inspection générale de la PNH, de la base maritime des Cayes ainsi que la réhabilitation de plusieurs commissariats fortement affectés par le séisme du 12 janvier 2012 », a-t-il avancé.
Par ailleurs, faisant la corrélation entre l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme, Laurent Lamothe a souligné que « pour la première fois dans l’histoire du pays un ministère chargé des Droits humains et de la Lutte contre la pauvreté extrême a été crée en vue de cerner toutes les dimensions des droits de l’homme, à savoir les droits civils et politiques mais aussi les droits économiques et sociaux. »
Dans un autre registre, mais toujours dans le même domaine, l’ancien homme d’affaires a déclaré que la liberté d’expression reste l’un des acquis de la société haïtienne depuis l’adoption de la Constitution de 1987. « La presse haïtienne jouit d’une liberté totale », a-t-il dit.
« La Constitution d’Haïti garantit également la liberté de religion et d’association en ses articles 30 et 31. Le vaudou est pratiqué par les adeptes sans discrimination. Un arrêté du 4 avril 2003 le considère comme une religion comme toutes les autres. Tous les citoyens sont libres de créer des associations en respectant les normes en vigueur et, à titre d’exemple, il existe plus d’une cinquantaine de partis politiques dans le pays. »
En revanche, le chef du gouvernement a reconnu sur la tribune de l’ONU qu’en dépit de tout ce qu’il considère comme des avancées, « le chemin à parcourir par Haïti dans le domaine des droits de l’homme est encore long. » Il a évoqué la question des prisons, le problème de la détention préventive prolongée, entre autres. Il a promis l’intervention de son gouvernement tout en sollicitant l’appui de la communauté internationale.
Par ailleurs, dans son discours, M. Lamothe a rappelé que le chef de l’Etat a toujours collaboré avec les mécanismes de l’Organisation des Etats américains et des Nations unies, de défense des droits de la personne humaine. Il s’est engagé à prendre toutes les dispositions en vue d’adhérer ou de ratifier les Conventions contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, entre autres.
Pour conclure son intervention, Laurent Lamothe a souligné que l’éducation et l’Etat de droit sont indissociables et souligné le rôle que les citoyens sont appelés à jouer. L’éducation et l’Etat de droit, a-t-il rappelé, sont deux des priorités du chef de l’Etat et du gouvernement.
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