Tous les neuf membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire sont attendus ce mardi à une rencontre pour la reprise éventuelle du vote contesté ayant désigné Patrick Métellus, Yves Benoît Jean-Marie et Salnave Exantus pour représenter le Conseil au CEP. Mais il y aura un absent à cette séance. Le secteur des droits humains ne se fera pas encore une fois représenter à cette réunion de travail. La raison reste la même : le non retrait de l’arrêté nommant les six membres du Conseil électoral permanent.
« Toute décision d’autoriser Me Dilia Lemaire à réintégrer le CSPJ passe nécessairement par le retrait de l’arrêté nommant les six membres du CEP », soutient Pierre Espérance du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH. Il déplore le fait qu’il n’y a pas encore un acte officiel pour le retrait dudit arrêté.
Quant à la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH), son représentant, maître Néhémy Joseph, qui n’était pas autorisé à participer à la rencontre du CSPJ vendredi dernier, prendra part cette fois-ci à la séance de ce mardi. Toutefois, maître Joseph aura une mission à accomplir au cours de cette séance. « L’assemblée des bâtonniers a décidé de se faire représenter au CSPJ. Au cours de la séance de ce mardi, maître Néhémy Joseph exigera le communiqué officiel du retrait de l’arrêté nommant les six membres formant le CEP ainsi que la certification des 12 personnalités présélectionnées pour le vote », a indiqué le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, maître Carlos Hercule.
Selon lui, la FBH compte maintenir sa démarche relative à la mise en accusation du président du CSPJ, Me Anel Alexis Joseph, par la Chambre des députés.
De son côté, le président de l’Association nationale des magistrats haïtiens (ANAMAH), Durin Duret Junior, estime, lui aussi, que le CSPJ devrait rappeler ses représentants du CEP avant de procéder à la reprise du vote. « Ce sont des conditions préalables à la reprise du processus », soutient le magistrat qui critique également le fait qu’aucune note officielle n'est encore communiquée rappelant les six membres du CEP.
« Même le mal, ils l’ont fait mal », regrettent des hommes de loi.
Par ailleurs, jusqu’à lundi matin, la présidence a indiqué qu’elle n'a pas été informée officiellement de la décision des membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) de reprendre le processus de désignation des membres du Conseil électoral permanent (CEP). Mais ce n’est pas là le problème. Car le président Michel Martelly dit n’avoir pas l’autorité de rappeler les membres du CEP.
« Le CSPJ, c’est le CSPJ. Je ne me suis jamais immiscé dans les affaires du CSPJ. Je ne fais que constater. Le CSPJ n’a pas l’autorité de rappeler ses représentants du CEP. Moi non plus, je n’ai pas l’autorité de rappeler les représentants de l’Exécutif », a indiqué lundi le chef de l’Etat qui laisse le pays mardi pour New York où il participera à la 67e Assemblée générale de l’ONU.
« On peut leur demander tout simplement de démissionner. Ni le CSPJ ni l’Exécutif n’ont aucune autorité sur leurs représentants au CEP », a ajouté Michel Martelly.
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