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par Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com
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NATIONAL

Reconstruction
La Faculté des sciences sur un autre élan
Le Nouvelliste | Publié le :13 septembre 2012
 Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
Les dirigeants de la Faculté des sciences ne misent pas sur la construction du campus de l'Ouest qui pourrait prendre encore beaucoup de temps à être réalisée. Ces derniers ont mis sur pied un projet de construction qui coûtera quelque 7 millions de dollars. Et, grâce à la firme de construction dominicaine Estrella qui leur a fait un don en nature, un premier bâtiment qui logera toutes les salles de cours devrait être fin prêt d'ici février ou mars 2013.

Des ouvriers s’activent à démolir le  bâtiment qui logeait les laboratoires de recherches et d’enseignement de la Faculté des sciences, fondée en 1902 sous le nom d’Ecole polytechnique d’Haïti. Aucun des trois bâtiments, construits respectivement en 1902, 1974 et 1998 n’a résisté au séisme. L'un a été totalement détruit et les deux autres sévèrement endommagés.

« Le bâtiment construit en 1902, qui était notre bâtiment historique, a été totalement aplati », affirme le responsable administratif de la FDS, l’ingénieur Hérissé Guirand, membre du conseil de direction de trois membres de l’institution.

Plus de 30 mois après la catastrophe, la FDS, qui a révisé ses programmes au niveau académique, regarde de l’avant. Sur la cour de l’institution ce jeudi, des postulants au prochain concours d’admission finalisent leurs inscriptions. Ils sont plus de 2 000 inscrits. Cette année, les responsables entendent accueillir 260 étudiants, - une soixantaine en plus aux années précédentes -, soit 200  en génie, 30 en topographie et 30 en chimie.

« Il arrive très souvent que des étudiants abandonnent leurs études au cours de l’année. Vu le rythme des études, certains le font après quelques mois seulement de leur admission », déplore le responsable administratif de la FDS, soulignant qu’à la fin des études, on peut compter entre 60 et 70 diplômés.

En fait, la faculté, qui compte à peu près 700 étudiants, a quatre départements : génie civil, électromécanique, électronique et architecture. Il y a également un programme de master en chimie et une maîtrise en bases de données. « Dans le temps, il y avait des départements de géologie et des mathématiques, mais il n’y a plus d’engouement pour ces disciplines », fait remarquer M. Guirand.

Après le tremblement de terre, l’engouement est pour le génie civil. La répartition des étudiants, souligne le professeur Guirand, dépend de la conjoncture. « A un certain moment, avec la venue des compagnies de téléphonie mobile, l’intérêt était pour les télécoms », se rappelle-t-il.

L’architecture est le seul département qui n’accueille jamais beaucoup d’étudiants. « Le plus grand nombre d’étudiants que nous avons accueilli est six. Une fois, il n’y avait aucun étudiant inscrit à ce département. Cette année, nous avons seulement cinq étudiants en dernière année », confie le responsable administratif de la FDS. « En fait nous ne formons pas des architectes, mais des ingénieurs architectes », fait remarquer le membre du conseil de direction de l’institution.

Contrairement aux autres entités de l’UEH qui sont encore très mal logées dans des hangars qui laissent à désirer, la Faculté des sciences a bénéficié du soutien financier de certains organismes pour la construction temporaire de certains bâtiments. L’Université de Nice, en France, a recherché du financement pour permettre la construction du bâtiment qui loge le programme de maîtrise en bases de données. La bibliothèque a été construite grâce à un financement du Fonds d’assistance économique et social (FAES) et  la « Fondation Clinton-Bush »  a financé la construction des derniers bâtiments qui abritent, entre autres, l’administration.

Malgré cette avancée, les dirigeants pensent à la reconstruction, non temporaire, sur le site de l’institution, contrairement aux autres entités qui attendent la construction du campus de l’Ouest. « Au départ,  vu le projet de la construction du campus à Damien, nous n’avions pas pensé à une reconstruction sur le site. Le processus est  très lent, et tenant compte du coût, c’est difficile d’espérer. Collecter 200 millions de dollars n’est pas une chose facile », explique Hérissé Guirand.

« La construction aurait pu se faire par entité sur le site du campus, mais cela nécessiterait encore des travaux d’infrastructure : drainage, systèmes hydrauliques, routes…Cette option prendrait encore beaucoup de temps », estime le professeur.

« Nous avons mis sur pied un projet de construction qui coûtera quelque 7 millions de dollars. Sur papier, nous avons du financement : 2, 5 millions  du gouvernement ; 2 millions de la fondation Clinton-Bush, et des donateurs privés, pour la plupart des banques commerciales ,comptent nous aider en ce sens », poursuit M. Guirand.  

Selon lui, des difficultés les empêchent de récupérer les dons. « Nous avons donc changé de stratégie. Pour le moment, nous travaillons avec l’Unité de construction de logements et des bâtiments publics qui est maître d’ouvrage délégué, laquelle nous donne son appui dans le processus de reconstruction », a fait savoir le professeur.

Ce qui est concret pour le moment, c'est le don de la firme Estrella. « La firme dominicaine nous offre un don en nature, en construisant un premier bâtiment pour remplacer toutes les salles de cours. « D’ici février ou mars 2013, les conditions d’enseignement devraient être complètement améliorées », souhaite Hérissé Guirand.

Par ailleurs, à côté de ces efforts, il existe des frustrations. La situation des professeurs reste un sérieux problème. « Un professeur à temps plein touche beaucoup moins qu’un étudiant ici qui travaille. Un professeur touche moins de mille dollars américains par mois, ce qui est nettement inférieur au salaire d’un professeur de certains pays de la Caraïbe », déplore le responsable administratif de la FDS.

Valéry DAUDIER vdaudier@lenouvelliste.com
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