Le logo du Nouvelliste
L'EDITO DU JOUR
par Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com
Deux mois et neuf jours après la démission de Marie-Carmelle Jean-Marie comme ministre des Finances suivie deux jours plus tard de celle de Régine Godefroy au ministère de la Communication, l'administration Martelly-Lamothe ne parvient toujours pas à combler ces postes vacants au sein du gouverneme...
UNE
La Une du 18-06-2013
NEWSLETTER
Recevez Le Nouvelliste dans votre email tous les jours
en construction
TICKET MAGAZINE
62 :Visiteurs actuellement sur le site
NATIONAL

Education/Reconstruction
L'Institution du Sacré-Coeur se reconstruit avec ses propres ressources
Le Nouvelliste | Publié le :07 septembre 2012
 Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com
Sévèrement endommagée par le séisme du 12 janvier 2010, l'Institution du Sacré-Coeur a lancé, cet été, la construction de ses nouveaux bâtiments. Comme beaucoup de congrégations victimes de la catastrophe, les soeurs de la Sagesse ont choisi, malgré le manque de financement, d'entamer les travaux.

Un nouvel immeuble de structure métallique s’érige à la place des décombres de l’institution à Turgeau.  Dans le campus de l’établissement, c’est un chantier de reconstruction qui fourmille d’énergie et d’activités. Chaque jour, plus d’une centaine de travailleurs sont à pied d’œuvre pour livrer la marchandise à temps. « Les élèves du secondaire seront accueillies dans un bâtiment flambant neuf d’ici la prochaine rentrée scolaire », espèrent sœur Jeanine et sœur Claire.

Faute de moyens financiers, les nouveaux locaux de l’institution seront bâtis petit à petit. « D’abord le bâtiment du secondaire, puis les autres ». Les sœurs de la Sagesse visent surtout la qualité. C’est l’un des principes qui ont permis à cette institution centenaire de se tailler une place de choix dans le secteur de l’éducation. Si le tremblement de terre a été désastreux pour l’établissement, il n’a pas pourtant ébranlé la foi de la congrégation en l’avenir du pays.

« Nous avions tout perdu », rappelle Sœur Jeanine, extirpée des ruines de l’administration de l’école, à la suite de la catastrophe. Salles de classe, bibliothèque, chapelle, auditorium, salles de réunion, centre d’alphabétisation... pratiquement, tous les compartiments, rénovés en 2003 à l’occasion du centenaire de l’institution, ont été mis à plat. Le Sacré-Coeur fut pourtant l’une des premières écoles à rouvrir ses portes au lendemain du tremblement de terre. Mais, durant les deux dernières années académiques, les cours ont été dispensés dans des conditions peu commodes: abris provisoires, bruits et chaleur suffocante, etc.

« Les promotions plus âgées s’y sont relativement adaptées, mais chez les plus jeunes, nous avons constaté, depuis l’an dernier, des difficultés d'apprentissage », explique sœur Claire. Plus de deux ans et demi après le séisme, la reconstruction des infrastructures scolaires détruites relève de l’urgence.

Cette année, l’institution a pu atteindre l’effectif de plus de 1 500 élèves qu’elle comptait avant la catastrophe. Les sœurs de la Sagesse souhaiteraient reconstruire les autres locaux dans les meilleurs délais. « Mais nous ne voyons pas encore les sources de financement », s’inquiètent-elles. L’enthousiasme manifesté au lendemain du désastre pour financer ce projet s’est vite dissipé. « Depuis, aucune porte n’a été ouverte. » Si la contribution des anciennes élèves de l’Institution et celle de la Congrégation des sœurs ont permis de démarrer le chantier, ces fonds ne seront pas suffisants pour achever la reconstruction de l’institution, dont le coût est évalué à environ cinq millions de dollars américains.

Les sœurs de l’institution du Sacré-Cœur ont choisi de construire les nouveaux bâtiments avec une structure métallique innovante, un modèle proposé par la compagnie Kaytek. « Ce système est plus rapide et plus sûr que les autres disponibles sur le marché local », confie sœur Jeanine, soucieuse des conditions d’enseignement de qualité. Durant deux mois, des études techniques ont été réalisées par la compagnie américaine Watershed avant de lancer le chantier. Selon les responsables du projet, le bâtiment du secondaire sera fin prêt d’ici octobre prochain, pour la rentrée scolaire.

« Respect des normes parasismiques et anticycloniques de même que le quota d’un mètre carré par élève exigé par le ministère de l’Education [...] Notre technologie alliera, pour ce projet, confort et sécurité », assure Mathias Pierre, PDG de Gama Entreprises S.A./Kaytek. A cet effet, c’est toute une batterie de compétences qui est mobilisée dans le système de construction : les deux cents ingénieurs formés par la Kaytek, grâce à un support du Fonds Clinton Bush, exécutent le projet en collaboration avec le Constructeur Général tandis que la compagnie d’architecture IDCO de l’ingénieure Pascale Oriol s’occupe de la supervision. « Chargés de la conception des différentes structures, les ingénieurs de la Kaytek bénéficient aussi de cet environnement de partenariat pour acquérir de nouvelles connaissances dans le domaine », se réjouit le patron de Kaytek.  

Pour les sœurs de la Sagesse,  la reconstruction de l’établissement s’inscrit dans un souci de maintenir un standard de qualité dans la formation. « Nous nous sommes toujours adaptées aux nouveaux défis qui s’imposent tout en conservant une certaine rigueur », souligne sœur Jeanine. A un an de célébrer son 110e anniversaire, l’institution du Sacré-Cœur entend continuer sur cette même voie  d’excellence.

 

Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com
les commentaires