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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
L'EPPLS organise une journée porte ouverte mercredi en ses locaux de Delmas 3. Ne vous demandez pas ce que ce sigle signifie ? Il y a fort à parier qu'il n'éveille en vous aucun souvenir ni le nom d'aucun organisme vivant. Normal. EPPLS est le nom d'une entité de l'Etat haïtien : Entreprise pu...
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NATIONAL

La dure réalité des camps
Le Nouvelliste | Publié le :05 septembre 2012
 Hansy MARS hansymars@lenouvelliste.com Twitter: @marshansy
Environ 400 000 survivants sont encore dans la rue, plus de 30 mois après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour. L'envie d'habiter leur propre maison les anime.

Sur la route nationale no 1, au nord de Port-au-Prince, des tentes et des maisonnettes poussent comme des épines sur les collines, s'étendant du pont Casimir  près de Cité Soleil, jusqu'à à Titanyen. On est au camp dit Canaan. D’abord installés sous des abris de toile, les réfugiés s’organisent désormais en vue d’un logement plus approprié. La plupart des tentes font place à des constructions anarchiques en béton.

A Canaan, les conditions d’existence frisent la survie. Le passage de la tempête tropicale Isaac n’a fait que compliquer la vie précaire que mènent les occupants de cet espace. La plupart des bâches et des tentes ont été détruites.

Canaan est un véritable chantier. Par-çi et par-là, le son des marteaux résonne. Guemsly Joseph, père de 2 enfants, essaie de refaire le toit de sa maisonnette emportée par le vent. Il  raconte les déboires qu’il a connus lors du passage de la tempête Isaac. Il raconte que, dans la nuit de vendredi à samedi, il n'a pas fermé les yeux pour protéger ses enfants. Vers les 3 heures, la toiture en bâche de sa tente a été emportée. « Il pleuvait. Je ne pouvais rien faire d'autre que de trouver des morceaux de tissu pour recouvrir les enfants », raconte en larmes, Joseph. Il a passé toute la journée de samedi à rechercher des morceaux de tôle et de bâche pour refaire une toiture, mais en vain. Il a dû recourir à des feuilles de planches charriées par la ravine pour replâtrer la toiture.

Il n’y a pas que Canaan

Situé en contrebas de la route de Croix-des-Bouquets, le camp Marassa est divisé en deux parties : Marasa 14 en avant, et Marasa 9 en arrière. Les eaux provenant de ce dernier s’acharnent elles aussi contre les tentes de Marasa 14. Le passage de la tempête Isaac n’a fait qu’empirer les conditions de vie de ces déplacés. L’eau de pluie et les eaux usées stagnent. Les moustiques survolent les petites mares et s’y reposent. Des empreintes de pas dans la boue indiquent que les enfants du camp y jouent continuellement.

Les gens essaient de consolider les tentes en les fixant au sol. Les plus aisés remplacent la toiture de bâche par une toîture en tôle. Une véritable quincaillerie. Bois usagés, morceaux de tissu, bâches, tout est là pour construire une nouvelle demeure. La situation des sans-abri sous les tentes tourne au drame. Les tentes sont hors d’usage, les latrines sont débordées et le camp est dépourvu d’eau potable. Face à ces problèmes d’insalubrité, les familles ont recours à des pratiques qui auront de graves conséquences sur  leur santé. « Satisfaire ses besoins physiologiques est un problème à Canaan », lâche un jeune homme en passant près des latrines.

L’urgent besoin de vider les camps

« La tempête a mis en évidence le besoin urgent de fermer les 575 camps toujours ouverts depuis le séisme de 2010 et d'offrir un logement convenable aux 390 000 personnes qui vivent encore sous des bâches et des tentes », souligne l’Organisation internationale de la migration (OIM) dans une note de presse. Les responsables de l’OIM croient qu'il est important d’agir pour la fermeture des camps en accordant des subventions à la location d'un logis comme solution au problème de logement pour les personnes qui y vivent et rappellent que les coûts sociaux et financiers qu’engendre l’évacuation d’un camp à chaque tempête majeure peuvent largement dépasser le coût de la mise en place des solutions de logements locatifs.

La Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (POHDH) n’a pas caché ses inquiétudes face à la détérioration des conditions d’existence des déplacés vivant dans les camps particulièrement après le passage de la tempête tropicale Isaac. « L’insalubrité à laquelle ils sont exposés peut avoir des conséquences sur leur santé et donner lieu à une nouvelle forme d’épidémie », fait remarquer Antonal Mortimé, qui recommande à l’Etat haïtien de prendre les mesures nécessaires pour le relogement des victimes du séisme du 12 janvier 2010 tout en respectant leurs droits et leur dignité.

Hansy MARS hansymars@lenouvelliste.com Twitter: @marshansy
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