Le président Michel Martelly a rencontré vendredi au Montana des directeurs de médias. Une trentaine de tous les horizons. Certains pour la première fois, la majorité pour la troisième fois depuis qu’il est chef d’Etat.
Plusieurs d’entre les directeurs étaient amis, fans ou supporteurs du chanteur. L’ex-vedette ne comprend pas la prise de distance d’avec le président de la République.
A chaque rencontre, et encore ce vendredi, c’est un Michel Martelly charmeur comme de coutume, mais aussi amer -sans le laisser paraître comme une faiblesse-, qui a parlé à ses amis de la presse.
La main tendue, pédagogue, posé, taquin - se souvenant des mauvais coups de certains, mais réaffirmant qu’il respectera la Constitution-, le président a redit qu’il cherche la presse depuis le premier jour de sa présidence.
« Je vous cherche depuis le premier jour, je finirai par vous trouver et on s’assiéra ensemble pour trouver les solutions aux problèmes du pays », a dit le président.
Comme à chaque fois, la perception du chef de l’Etat des critiques qu’il essuie dans les médias n’a pas rencontré l’adhésion de la salle. Clarens Renois, cette fois, comme d’autres avant lui, a mis les points sur les i.
Michel Martelly a réexpliqué son point de vue. Il y a des coups bas, déplore-t-il. Des nouvelles qui ont un relent de diffamation. Des accusations sans preuves. Et la presse laisse faire.
Le débat ne s’est pas poursuivi.
Comment expliquer que si les accusations n’étaient pas rendues publiques on ne pourrait pas les commenter, encore moins les taxer de sans fondement ?
Que de révélations fracassantes ont perdu leur sel et leur sens dans les débats contradictoires de la presse ! Que de rumeurs prospèrent en bonne santé sans l’aide des médias…
Dans un pays qui jouit depuis 1986 de la plus large liberté de l’information et qui a souvent connu des privations, des bastonnades, des mitraillages et des assassinats de journalistes, tout le monde dans la salle, même ceux qui aujourd’hui sont proches du pouvoir jusqu’à se confondre avec ses vues, sait que la liberté débridée est plus productive que la bonne foi de la censure ou le venin de l’autocensure.
La presse a toujours su jusqu’où ne pas aller trop loin et les pouvoirs ont toujours pris ombrage même des remarques qui leur permettent de rectifier le tir. En Haïti, comme ailleurs, il en est ainsi.
Cela dit, le président de la République, dans son adresse aux médias, a émis l’idée d’une grande journée de solidarité interhaïtienne. Un potekole pour aider ceux et celles qui sont encore sous les tentes plus de deux ans après le séisme.
Cette proposition est pleine de bon sens.
Il serait bien que l’Association des médias indépendants (AMI) et l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) supportent cette idée, en fassent la promotion, se mettent en réseau et transforment cette journée en une réussite nationale.
Nous avons grand besoin de nous retrouver dans des causes communes. Pour commencer, rien ne serait meilleur alibi qu’un Aba Tant !
" />Le président Michel Martelly a rencontré vendredi au Montana des directeurs de médias. Une trentaine de tous les horizons. Certains pour la première fois, la majorité pour la troisième fois depuis qu’il est chef d’Etat.
Plusieurs d’entre les directeurs étaient amis, fans ou supporteurs du chanteur. L’ex-vedette ne comprend pas la prise de distance d’avec le président de la République.
A chaque rencontre, et encore ce vendredi, c’est un Michel Martelly charmeur comme de coutume, mais aussi amer -sans le laisser paraître comme une faiblesse-, qui a parlé à ses amis de la presse.
La main tendue, pédagogue, posé, taquin - se souvenant des mauvais coups de certains, mais réaffirmant qu’il respectera la Constitution-, le président a redit qu’il cherche la presse depuis le premier jour de sa présidence.
« Je vous cherche depuis le premier jour, je finirai par vous trouver et on s’assiéra ensemble pour trouver les solutions aux problèmes du pays », a dit le président.
Comme à chaque fois, la perception du chef de l’Etat des critiques qu’il essuie dans les médias n’a pas rencontré l’adhésion de la salle. Clarens Renois, cette fois, comme d’autres avant lui, a mis les points sur les i.
Michel Martelly a réexpliqué son point de vue. Il y a des coups bas, déplore-t-il. Des nouvelles qui ont un relent de diffamation. Des accusations sans preuves. Et la presse laisse faire.
Le débat ne s’est pas poursuivi.
Comment expliquer que si les accusations n’étaient pas rendues publiques on ne pourrait pas les commenter, encore moins les taxer de sans fondement ?
Que de révélations fracassantes ont perdu leur sel et leur sens dans les débats contradictoires de la presse ! Que de rumeurs prospèrent en bonne santé sans l’aide des médias…
Dans un pays qui jouit depuis 1986 de la plus large liberté de l’information et qui a souvent connu des privations, des bastonnades, des mitraillages et des assassinats de journalistes, tout le monde dans la salle, même ceux qui aujourd’hui sont proches du pouvoir jusqu’à se confondre avec ses vues, sait que la liberté débridée est plus productive que la bonne foi de la censure ou le venin de l’autocensure.
La presse a toujours su jusqu’où ne pas aller trop loin et les pouvoirs ont toujours pris ombrage même des remarques qui leur permettent de rectifier le tir. En Haïti, comme ailleurs, il en est ainsi.
Cela dit, le président de la République, dans son adresse aux médias, a émis l’idée d’une grande journée de solidarité interhaïtienne. Un potekole pour aider ceux et celles qui sont encore sous les tentes plus de deux ans après le séisme.
Cette proposition est pleine de bon sens.
Il serait bien que l’Association des médias indépendants (AMI) et l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) supportent cette idée, en fassent la promotion, se mettent en réseau et transforment cette journée en une réussite nationale.
Nous avons grand besoin de nous retrouver dans des causes communes. Pour commencer, rien ne serait meilleur alibi qu’un Aba Tant !
Haut de la page