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par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
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Budget : MCJM désavoue les députés
Le Nouvelliste | Publié le :20 août 2012
 Roberson Alphonse
Marie Carmelle Jean-Marie (MCJM) persiste et signe. L'augmentation de la masse salariale n'est pas envisageable pour l'instant. Sans langue de bois, Marie Carmelle Jean-Marie déplore la « politique à courte vue » aux visées électoralistes dommageables pour l'économie.

« On ne peut pas supporter une augmentation de la masse salariale », maintient la ministre de l’Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie, lundi 20 août 2012. Le vote du budget à la Chambre basse avec des amendements offrant 20 % d’augmentation aux enseignants et 15 % aux policiers laisse un goût âcre à la bouche de cette économiste.

Les lignes désaffectées mettent en péril la souveraineté nationale, soutient la ministre. Si l’Etat n’a pas les moyens de payer ses dettes envers la BRH, cette dernière risque de faire de la création monétaire. Ce qui ne serait pas bon pour l’économie, argumente Marie Carmelle Jean-Marie. Or, les députés enlèvent la possibilité à l’Etat de payer 200 millions de gourdes, l’équivalent de deux mois d’intérêt sur des créances envers la BRH, déplore-t-elle.Mme Jean-Marie regrette aussi la réaffection de 500 millions de gourdes destinées au paiement des quotes-parts d’Haïti aux institutions internationales et la réallocation de fonds du programme d’investissement pour la qualité de l’éducation.Déplorant l’absence de la bonne entente de jadis lors de l’analyse du budget, Marie Carmelle Jean-Marie croit que l’on ne peut pas scier une branche sur laquelle on s’assied sans courir le risque de se retrouver sur les fesses.

Sans accuser le coup, le grand argentier de la République croit que le tir pourra être rectifié au Sénat. Si tel n'est pas le cas, l’Exécutif se réserve le droit de faire objection, prévient-elle, affichant des craintes pour le pouvoir d’achat réel de ceux qui veulent à tout prix de cette augmentation de salaire. Marie Carmelle Jean-Marie indique qu’elle n’est pas une sorcière mais qu’elle s’oppose à toute politique à courte vue, motivée par des intérêts électoraliste aux dépens de la stabilité de l’économie.« Ma mère était enseignante à la Vallée de Jacmel et je me souviens qu’elle gagnait 48 gourdes par mois. Ma sœur est enseignante et j’ai évolué plus jeune dans un environnement composé de beaucoup d’enseignants. Donc, je serais heureuse d’augmenter leur salaire », confie Marie Carmelle Jean-Marie, soulignant que le problème n’est pas nécessairement un problème de salaire.

« Ce sont les grilles de salaire qui sont mal faites ».Sans attendre la fin du processus de ratification du budget de la République, des syndicats d’enseignants avaient affiché leur insatisfaction après l’augmentation de 20% du salaire des enseignants du premier et du deuxième cycle, proposée par la commission Finances de la Chambre des députés et voté à l’unanimité par l'Assemblée des députés « Cette augmentation bidon exprime le mépris et l’irrespect du gouvernement et des députés », avait déclaré Josué Mérilien dans la presse. Pour la CNEH, cette augmentation ne correspondait nullement à leurs attentes.Le budget est actuellement au Sénat de la République.

Roberson Alphonse
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