La Direction départementale agricole-Ouest a remis ce vendredi 17 août dix serres, à l’Association des producteurs de fleurs coupées de Kenscoff(APFCK). Cette remise a été faite à Furcy, une localité de Kenscoff où l’association bénéficiaire compte dix autres serres. Mais les serres fournies par la Direction départementale agricole-Ouest sont équipées d’un système d’irrigation. Une pompe a été aussi remise à ladite association afin de remédier à une pénurie d’eau.
Constituées en plastique, les serres mesurent chacune 72 mètres carrés. Dans les serres, l’APFCK a opté pour des cultures en étage. Elle a alterné la culture des fleurs et celle des légumes. Depuis plus de deux ans, ladite association s’est occupée de l’agriculture protégée. Les membres ont appris comment construire une serre. Ainsi, ils ont construit eux-mêmes celles qu’ils possèdent. « C’est une activité rentable. Grâce à une serre de 72 mètres carrés, nous avons gagné 25 000 gourdes en trois jours. Car, en Haïti, le marché des fleurs est avantageux et est encore vierge », a indiqué l’agronome Michel Dorléan, président de l’APFCK, précisant que l’objectif de son organisation est avant tout de favoriser la relance de la production de fleurs dans sa région.
Le directeur du département agricole-Ouest, l’agronome Anoux Severin, a révélé que ce geste de générosité est une façon pour la Direction départementale agricole-Ouest d’accompagner les planteurs vivant dans les montagnes. Cette direction du MARNDR travaille aussi avec les planteurs actifs dans les plaines. Cette structure s’engage à jouer sa partition afin de permettre à l’administration Martelly-Lamothe d’atteindre l’objectif visant à moderniser l’agriculture du pays. « La modernisation se fait en incorporant dans le secteur agricole des matériels modernes et sophistiqués puis en formant des agriculteurs. Notre présence à Furcy veut également dire que nous, à la Direction départementale agricole-Ouest, sommes conscients de la réalité du pays. Il y a une population qui s’accroît alors que la superficie agricole diminue considérablement. Ensuite, il y a également une offre alimentaire insuffisante. C’est un déficit à combler. Pour cela, il faut déployer des efforts afin d’arriver à une augmentation de la production agricole. C’est la raison pour laquelle le MARDNR a choisi de se livrer à l’agriculture protégée », a déclaré M. Severin, directeur du département agricole-Ouest.
L’agriculture protégée permet de produire davantage sur une surface réduite. Le MARDNR veut promouvoir ce type d’agriculture afin de combattre l’insécurité alimentaire. « Depuis deux à trois ans, la production agricole est en baisse dans le pays. En 2010, à cause du séisme, nous avons consommé toute la production, y compris la partie réservée pour la semence. En 2011, la production a poursuivi sa chute. En 2012, la production a pris un autre coup à cause de la sécheresse. Cette année, nous avons un déficit hydride qui a atteint 40%. La campagne de printemps qui offre habituellement 60% des aliments au cours d’une année a connu une perte de 40% », a révélé l’agronome Anoux Severin soulignant que le ministère de l’Agriculture a compris la nécessité de poser des actions concrètes afin d’amortir le choc. La multiplication des serres se fait dans cet objectif. « Les cultures en serre se font pendant toute l’année. Elles permettent de valoriser des terres marginales », a-t-il ajouté.
L’agronome Jean Elie Philomène, cadre du ministère de l’Agriculture et chargé de superviser les projets de Winner, pour sa part, a avancé que les serres construites à Furcy font partie d’un projet pilote du MARNDR qui a voulu intégrer cette nouvelle technologie partout dans le pays. Il a signalé que cette décision a permis de créer des emplois.
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