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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
L'EPPLS organise une journée porte ouverte mercredi en ses locaux de Delmas 3. Ne vous demandez pas ce que ce sigle signifie ? Il y a fort à parier qu'il n'éveille en vous aucun souvenir ni le nom d'aucun organisme vivant. Normal. EPPLS est le nom d'une entité de l'Etat haïtien : Entreprise pu...
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NATIONAL
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Haïti, l'homme introuvable...
Le Nouvelliste | Publié le :17 août 2012
 Hérold Jean-François

Par Hérold Jean-François 

Une fois de plus, une fois de trop, l’horizon haïtien est couvert de nuages sombres annonçant une nouvelle crise que nous aurions dû tout faire pour éviter. Une fois de plus, les femmes et les hommes de courage que l’on attendait à l’intérieur d’institutions qui nous ont valu de longs combats, ont fait défaut. Haïti semble incapable de dépasser les intérêts individuels qui l’ont étouffé et façonné pendant deux cent huit années. Le sursaut de citoyenneté requiert trop d’efforts pour que nous acceptions de laisser notre confort d’individus égoïstes et de le sacrifier au profit de l’intérêt collectif. Haïti objet de toutes nos attitudes attendra encore. Attendre, nous ne faisons que cela depuis l’origine.

Alors, nous observons avec inquiétude, la fouille de tranchées de l’inévitable deux camps pour une nouvelle bataille qui retardera une fois de plus tous les dossiers en retard de la République. Il nous semble qu’Haïtiens, nous soyons incapables de tirer les exemples appropriés des leçons du passé même le plus récent pour éviter de reproduire les situations de confrontations dont les conséquences ont toujours retardé la nation.

La Constitution de 1987 a consacré l’indépendance et la séparation des trois pouvoirs. Mais à chaque fois, au sommet de l’État, le tenant du jour du pouvoir s’est toujours cru plus malin que les autres et adopte des postures et attitudes qui ne peuvent que brusquer le reste de la société qui rejette tout naturellement les prétentions de dirigeants sans vision.

Nous sommes semble-t-il incapables de nous exposer au grand jour, en plein soleil, nous évitons les grands boulevards qui nous mettent à la portée de vue de tout le monde. Nous préférons emprunter les voies détournées, les habituels sentiers battus qui nous ont à chaque fois conduits dans des impasses. La vérité, c’est que les bonnes intentions sont une denrée rare dans la sphère politique haïtienne, nous préférons les coups fourrés.

Mais les gens au pouvoir oublient trop souvent que les sociétés sont dynamiques et que malgré nos prétentions quant à la maîtrise du temps dont nous nous croyons les maîtres, les nations évoluent, les mentalités changent et qu’en général, seuls les leaders traditionnels semblent échapper à cette dynamique du progrès et de l’évolution sociale. C’est la raison pour laquelle ils reproduisent les mêmes vieux schémas désuets de comportement dans une société bien en avance qui sait les rejeter comme une greffe mal réussie.

Le temps est sombre sur notre pays et nos institutions ne semblent pas prendre la mesure de leur rôle pour exercer pleinement leurs prérogatives en faisant face aux dérives et faire en même temps échec aux tentatives maladroites de nous imposer le fait accompli en dehors des normes et de la régularité constitutionnelle.

Aujourd’hui, en Haïti, si Diogène revenait avec sa lampe en plein jour, il chercherait au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, au Palais National et dans les deux Chambres, un homme, des hommes, une femme, des femmes. Combien en aurait-il trouvé, serait-il revenu bredouille ?  Vous et moi, nous nous doutons de la réponse, mais c’est la suite qui nous informera du succès ou de l’échec de cette quête de personnalité de courage digne de l’homme spécifique que cherchait le philosophe grec.

 

 

 

 

 

 

Hérold Jean-François
Ce texte a fait l'objet de l'éditorial à Questions/Réponses le vendredi 17 août sur Radio IBO, 98.5 stéréo.
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