Jean-Louis Malherbe, éditeur d’Ibis Rouge, avoue: «Ouessant, c’est pour moi un immense plaisir de retrouver les écrivains des quatre coins du monde insulaire comme chaque année depuis 1999. Ouessant est le passage incontournable de la littérature insulaire.»
Par ailleurs, six auteurs haïtiens sont en lice pour le prix du Livre insulaire 2012 : Josaphat Robert Large, «Jérémie et sa verdoyante Grand'Anse» Educa Vision; Makenzy Orcel, « Les latrines », Roman, Mémoire d’encrier; Rodney Saint-Éloi, « Récitatif au pays des ombres » (poésie, Mémoire d’encrier), Jean-Robert Léonidas, « Rythmique incandescente » (poésie, Riveneuve édition); Kiki Wainwright, « Intempéries» (poésie, Éducavision); Anthony Phelps, Nomade je fus de vieille mémoire (poésie, Bruno Doucey).
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La 14e édition du Salon international du livre insulaire d’Ouessant est inaugurée ce vendredi sur le thème «Caraïbes : récifs et récits». Ce salon rassemble du 17 au 21 août sur l’ île d’Ouessant (Guadaloupe), auteurs, éditeurs et lecteurs, dans une ambiance festive.
Les auteurs, Maryse Condé et Lemy Lemane Coco (Guadeloupe), Rodney Saint-Éloi (Haïti), Raphaël Confiant (Martinique), Pedro Perez Sarduy, Carla Suarez et Joël Frantz Rossel (Cuba), sont sur place et animent ce salon, lequel promet d’être une réussite.
Tout Ouessant est présent au Salon du livre. A la suite du défilé d’inauguration en costume et musique d’époque des Ouessantins, plus de 300 personnes se sont réunies au gymnase pour la cérémonie officielle. À l’entrée du salon, une exposition situe Haïti, sa littérature et son mode de vie. Les livres des auteurs haïtiens représentés se retrouvent dans l’espace international du Salon.Un hommage est rendu à l’auteur martiniquais Joseph Zobel, dont le roman «Rue Case Nègre» demeure l'un des piliers de la littérature caribéenne.
Pour Isabelle Le Bal, fondatrice du Salon insulaire du livre, le thème « Récits et récifs» vient du fait que «les récits fondent notre existence et pour nous d’ici, qui sommes dans l’histoire de la littérature contemporaine, avec la résidence d’écriture et la Maison d’écrivain de l’île d’Ouessant, nous soulignons la difficulté d’écrire, d’éditer et de lire dans les îles de la Caraïbe. Question : l’écriture est-elle un récit entouré de récifs? Aujourd’hui sur les îles, l’administration des phares et balises a décidé d’éteindre les phares. Nous disons qu’on ne peut pas éteindre un patrimoine vivant. On ne peut pas éteindre la lumière de la création. La poésie est d’ailleurs associée à la lumière du phare. Gardons vive la symbolique qui nous a permis d’être debout jusqu’ici.»
Joël Richard est depuis ces dix dernières années un acteur et un témoin fondamental du Salon. Il est le président de l’Association Cali qui accompagne l’organisation du Salon du livre. Pour lui, cet événement est «d’abord une aventure humaine. Un voyage qui va d’île en île, et quelque part une façon de mettre l’accent sur l’ouverture. L’insularité est fluctuante et navigue entre les extrêmes, la grève et l’horizon. En fonction des périodes, l’insulaire se situe entre ces deux extrêmes. C’est ce côté insaisissable que nous rappelle Ouessant. Ici, les extrêmes se rencontrent. Les hommes, qui partaient sur les mers et les femmes, qui restaient sur la terre ferme. Le salon a permis aux marins, qui ont fait le tour de mieux exprimer leur parcours.»
Les écrivains eux aussi témoignent :
Rodney Saint-Éloi a déjà vécu à Ouessant, cet écrivain ayant inauguré la résidence d’écriture du sémaphore, et éditeur de Mémoire d’encrier confie: «On écrit. On est soumis aux éléments de la nature. Le vent est à 80 kilomètres. Les vagues sont de 10 mètres. On est en plein dans le déferlement de tout. Dans cette situation d’extrême, on tente de respirer. On essaie de ne pas crever dans cette expérience de la finitude. On rit. On mange. On rêve à la beauté du monde. C’est ça Ouessant, on est ensemble, avec des îles, des femmes et des hommes qui nous donnent la main.»
Pour Pedro Perez Sarduy, Cubain vivant à Londres: «C’est formidable pour moi d’être avec des écrivains des Caraïbes. Haïti est dans le cœur de tous les Cubains depuis des siècles. Tous nos sentiments à Haïti, ce pays qui a une culture extraordinaire.»
Pour Joël Franz Rosell, Cubain vivant à Paris : «Le thème du salon est "Caraïbes : récifs et récits". Normalement le récif fait peur, ça provoque des naufrages. Pourtant ici, les récifs se présentent comme des socs pour les récits. C’est donc le miracle de ce salon populaire, ouvert aux réalités et aux imaginaires des îles du monde. »
Jean-Louis Malherbe, éditeur d’Ibis Rouge, avoue: «Ouessant, c’est pour moi un immense plaisir de retrouver les écrivains des quatre coins du monde insulaire comme chaque année depuis 1999. Ouessant est le passage incontournable de la littérature insulaire.»
Par ailleurs, six auteurs haïtiens sont en lice pour le prix du Livre insulaire 2012 : Josaphat Robert Large, «Jérémie et sa verdoyante Grand'Anse» Educa Vision; Makenzy Orcel, « Les latrines », Roman, Mémoire d’encrier; Rodney Saint-Éloi, « Récitatif au pays des ombres » (poésie, Mémoire d’encrier), Jean-Robert Léonidas, « Rythmique incandescente » (poésie, Riveneuve édition); Kiki Wainwright, « Intempéries» (poésie, Éducavision); Anthony Phelps, Nomade je fus de vieille mémoire (poésie, Bruno Doucey).
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