A l’occasion de la commémoration du centenaire de la commune de Ganthier ce jeudi 16 août 2012, il a été mis sur pied un comité du centenaire chargé de mener à bien les différentes activités culturelles et religieuses prévues pour la circonstance. Ce comité était assisté par le Conseil communal, présent à chaque étape suivant un calendrier d’événements établis pour cette célébration. En retraçant ici les cent ans de la commune de Ganthier, je n’entends pas oublier l’apport des dizaines de centenaires ganthiérois, qui ont marqué l’histoire de la ville par leurs discours, leur mode de vie, les contes, les causeries, leurs témoignages, leurs prises de positions. Bref, ils ont appris beaucoup de choses intéressantes aux plus jeunes et aux moins jeunes. On doit retenir pour l’essentiel, suivant leur langage, qu’on a dénoté un bon sourire caractérisant leur satisfaction de la vie d’antan, qui implique tacitement qu’elle valait la peine d’être vécue. De toute évidence, on doit reconnaître qu’il y avait une volonté de vivre dans un pays sain car on respirait à plein poumon. Une telle atmosphère faisait bien l’affaire de ceux-là qui étaient passionnés des choses de l’esprit, particulièrement ceux qui aimaient écrire. Les enseignements transmis par voie orale ne suffisant pas pour convaincre, il faut bien ajouter à cela les récits laissés par les partisans de l’écriture. Il devient donc impérieux de laisser aux générations montantes des arguments qui présentent la ville dans toute sa grandeur et dans toute sa fraîcheur. «Sa fè lontan nou pa wè bon tan», a en croire le slogan du groupe musical « Chandèl » lors d’un défilé carnavalesque.
La ville de Ganthier est devenue commune le 16 août 1912, sous le gouvernement de Tancrède Auguste, avec Rebecca Adelson, premier citoyen de la ville, qui dirigera le conseil municipal pendant de longues années en tant que maire et sera assisté de deux assesseurs. Le recensement de 2009 accuse une population de 58 851 habitants pour une superficie de trois cent vingt-sept (327) kilomètres carrés. Il faut reconnaître, sans ambages, que si la commune paraît petite en superficie, elle est pourtant grande en potentialités. Ce mot n’est pas un vain mot car on s’étonnerait de voir le nombre important de ces jeunes Ganthiérois, professionnels, qui sont sans travail, faisant le va-et-vient continuel entre la capitale et la ville dans l’espoir de trouver un emploi. Une telle situation est très préoccupante !
A l’époque coloniale, un affranchi nommé Ganthier hérita de son père, qui était un colon, une portion de terre d’une superficie de 327 kilomètres carrés qu’il entretenait par l’élevage en grande partie et la culture de certains produits tels que le coton, l’indigo, la canne à sucre et le petit mil. D’où le nom de la ville qui a vu naître une pléiade d’hommes et de femmes célèbres tant par leur grand savoir que par les fonctions qu’ils ont eu à occuper, lesquels deviendront des figures de proue de par leur apport au développement de leur coin de prédilection et plus particulièrement leur pays. Nous voulons parler ici de Mes Boniface Alexandre et de Martial L. Célestin, respectivement ex-président de la République et ex-Premier ministre. Il convient de souligner que l’honneur revenait à ce personnage illustre, fils authentique de Ganthier, d’être honoré en pionnier par ce poste sous la présidence de Leslie François Manigat.
La commune de Ganthier comprend cinq sections dont Balan-Baugé, Galette Chambon, Thoman, Mare-aux-Eaux et Pays-Pourri. Elle est bornée au nord par la commune de Thomazeau, au sud par la commune de la Croix-des-Bouquets, à l’est par la République Dominicaine et à l’ouest par le Morne la Selle. Sous le gouvernement Alexandre-Latortue, la ville se voyait dotée d’un complexe administratif où se trouvent logés la mairie, le bureau de la DGI, le tribunal de Paix, l’Office de L’Etat-Civil et d’un lycée qui accueille des écoliers et des écolières provenant de toutes les écoles nationales et institutions scolaires privées de la zone .Notons aussi que pour la première fois la ville fut électrifiée et les deux principales artères ont été adoquinées. Nous n’entendons pas faire toute une énumération de tous les éléments manquants pour un mieux-être de toute la population, mais il faudrait souligner, entre autres, la nécessité d’avoir un marché public et un hôpital qui viendraient comme réponse aux problèmes auxquels sont confrontés les habitants de la zone au moment de faire des déplacements pour recevoir des soins pour des cas de maladies et aussi pour écouler leurs marchandises dans de meilleures conditions d’hygiène pour la protection des consommateurs. En attendant la concrétisation de ces deux projets, la vaillante population de Ganthier reste sur sa soif. Nous souhaitons que le nécessaire soit fait par l’initiative d’un organisme de bienfaisance étant donné l’urgence de la chose. Un embryon de bibliothèque vient à peine d'être inauguré mais des citoyens de la commune ont promis de faire des dons pour continuer ce travail de longue haleine comme avoir un centre de lecture pour toute une population passionnée des choses de l’esprit.
Les habitants de Ganthier ont la réputation d’être des hommes et des femmes forts et sont de rudes travailleurs. La plupart d’entre eux se livrent à la culture de vivres alimentaires essentiellement maïs, haricots, canne à sucre et à l’élevage de cabris, de bœufs, et de moutons.
Maintenant qu’un grand pas a été fait sous la présidence de Me Alexandre, il revient donc aux autorités du pays de continuer le travail commencé en prêtant assistance à ceux qui sont dans la gestion des affaires de la commune de manière à conserver ce qui est déjà acquis pour doter la ville d’un minimum adéquat pour répondre aux besoins primordiaux de la population. Un problème majeur auquel les paysans sont confrontés est l'accès à l'eau, car les paysans n’ont que cela comme revendication, moyennant un certain encadrement de la part du ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural en leur procurant une assistance en techniciens agricoles et des engrais pour augmenter leur production vivrière. L’irrigation est un besoin crucial pour les paysans de Ganthier et si un effort pouvait être fait en ce sens la vie aurait un autre sens pour eux. Ils deviendront de moins en moins dépendants de l’Etat qui n’a pas d’emploi pour tout le monde mais il y aurait cette possibilité d’offrir des opportunités à plus d’un de se créer un emploi pour tenir le coup au moins. A bon entendeur, agis !
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