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EDITORIAL

Du crédit et des idées nouvelles
Le Nouvelliste | Publié le :16 août 2012
 Frantz Duval

Le gouvernement Martelly planche sur des initiatives pour doper le crédit. Cela inquiète certains et remplit d’espoir d’autres. « Tout sera dans la manière », croit Le Nouvelliste.

Crédit aux particuliers, crédit agricole, crédit aux petites et moyennes entreprises, crédit au logement, prêt aux étudiants, fonds de soutien aux jeunes entreprises, crédit automobile, jusqu’au crédit commercial classique dont nos banques commerciales sont les championnes, il y a de la place pour toute une palette de produits.

Il y a des risques associés à chacune des formes de crédit. L’audace et la prudence devront coucher dans le même lit. Les instruments de contrôle devront être renforcés et le bureau de crédit, annoncé depuis des années, mis sur pied.

Haïti, exempte des affres de la crise mondiale qui secoue le monde de la finance depuis 2007 et qui déstabilise des économies plus fortes que la nôtre, n’a nul intérêt à se lancer dans une aventure périlleuse, mais ne tirera aucune gloire à se tapir dans un attentisme stérile.

Que se passe-t-il au niveau des acteurs économiques locaux dans le Nord où se met en place toute une batterie d’initiatives ? Quelles sont les institutions financières et bancaires qui ont été sur place étudier les potentialités de la zone ? De Ouanaminthe à l’Acul du Nord quels sont les services qui font défaut ? Quels sont les investissements, petits et grands, qui pourraient changer la donne pour des populations oubliées depuis des siècles ?

Le crédit et les services bancaires vont-ils se démocratiser en commençant par ce département prometteur ? Y croyons-nous ? Qui sont les pionniers qui iront au-devant des attentes ? Parieront sur l’émergence d’un nouveau pôle d’activités ?

Que doit offrir l’Etat pour que le crédit, au Nord comme ailleurs, ait des chances de s’épanouir et d’accompagner les initiatives porteuses de croissance ? Que veulent les entreprises financières et bancaires pour mieux servir la population ?

Ces questions restent sans réponse depuis la prestation de serment du président Michel Martelly. Le président en parle, mais n’a jamais rencontré les acteurs économiques pour évoquer de façon sereine et constructive l’avenir commun que privé et public pourraient mettre en plan, si nous faisons foi aux informations de sources variées que nous avons receuillies.

Qu’est-ce qui bloque ? Pourquoi le Premier ministre, les ministres de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, de l’Agriculture, à la Jeunesse et aux Sport, celle du Tourisme ne rencontrent pas les banques, les acteurs du microcrédit, les maîtres de l’argent pour chercher des pistes, des voies, des solutions ?

Dans cette édition, Le Nouvelliste reprend trois articles du journal Le Monde. Deux des articles traitent de « la dette publique, une vielle histoire », une espèce de chronique avant Jésus-Christ, de la Grèce à l’Angleterre, sur les différentes formes trouvées par les rois pour financer leurs envies ou les Etats leurs besoins. C’est édifiant. Les hommes ont pour devoir de chercher des idées nouvelles pour faire avancer la machine sociale.

L’autre article  traite d’un concours financé par Bill Gates. Le génie de l’informatique veut laisser aux hommes une innovation qui pourra changer la vie des femmes et des hommes de tous les pays, de toutes les conditions sociales.

Bill Gates finance des recherches sur une toilette hygiénique, des WC révolutionnaires. Il fallait y penser. Tout le monde en a besoin, c’est évident, mais depuis le XVIIIe siècle aucune innovation n’avait été apportée à la chaise percée.

Rien à voir avec le crédit ? La chasse aux idées nouvelles, telle est l’invitation de ces quelques mots.

Frantz Duval
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