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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
La monnaie américaine s'échange à plus de 44 gourdes pour un dollar. La tendance, séance après séance, est à la hausse. Ce n'est pas la première fois que la devise de référence de l'économie haïtienne franchit ce seuil. Nous avons connu des niveaux de décote plus élevés dans le passé. Cela date de l...
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NATIONAL
Conjoncture
Dans le miroir de la République dominicaine
Le Nouvelliste | Publié le :16 août 2012
 Frantz Duval

La délégation haïtienne qui a pris part à la sortie de scène du président Leonel Fernandez et à l’intronisation du nouveau président dominicain, Danillo Medina, a pesé lourd. Le président de la République, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, la ministre du Tourisme, l’ambassadeur d’Haïti accrédité en République dominicaine et des conseillers des uns et des autres ont fait le déplacement.

Il est plus que compréhensible que l’exécutif haïtien rende la réciprocité à Fernandez présent le 14 mai 2010 pour la prestation de serment de Michel Martelly. La République dominicaine n’est-elle pas aussi notre voisin, notre ami le plus proche, notre principal partenaire commercial, le pays avec lequel nous partageons la même terre et où nous exportons une partie de nos problèmes ?

Les relations entre les deux pays sont grevées d’un lourd héritage historique et de l’appétit économique de plus en plus grand des entrepreneurs des deux côtés de l’île. Il y a même des aspirations hégémoniques d'un bord de l’île plus que de l’autre. Entre les sourires et deux poignées de mains, les officiels des deux pays ont-ils eu le temps de partager de nouvelles pistes sur comment faire pour que les deux nations tirent avantage dans l’harmonie de ce qui se dessine dans les années à venir ?

Les autorités haïtiennes ont-elles profité de cette halte en pays voisin pour prendre la mesure de l’écart abyssal qui sépare les deux peuples ? Toute honte bue, nos responsables ont-ils pu mesurer les défis qui les attendent en imaginant, ne serait-ce qu’un instant, ce qu’il leur faut impulser pour nous permettre de commencer la course et rêver un jour à mesurer nos pieds dans l’empreinte des pas de nos voisins ?

Pas tant sur le point du développement que sur celui du nécessaire apaisement politique et social essentiel pour créer cette continuité dans le processus démocratique indispensable à la stabilité, puis à l’amorce du développement.

Martelly et Lamothe sont partis pour la République dominicaine en laissant sur le feu les prémisses de la prochaine crise avec un Conseil électoral permanent bancal. Martelly et Lamothe, intelligents et ingénieux, mais après d’autres tout aussi doués qu’eux, vont faire le plus difficile des exercices de ces années de l’après-Duvalier : réussir des élections qui ne seront pas contestées.

Tout un défi. Aucun président élu n’a réussi haut la main le tour de force de bien mener des élections en espérant les remporter pour son camp, son parti. Aucun.

Le peuple ou la communauté internationale, souvent les deux, ont dû à chaque fois peser de tout leur poids dans la balance.

Le miroir dominicain nous donne l’exemple d’un autre chemin, Martelly et Lamothe ont-ils eu le temps d’y jeter un coup d’œil ?

Frantz Duval
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