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Kassav/Tabou Combo -- Ambiance explosive au Parc de la Canne-à-Sucre
Le Nouvelliste | Publié le :13 août 2012
 Lord Edwin Byron ebyronlord@gmail.com lordedwinb@yahoo.fr
Ce vendredi 10 août 2012 le Parc historique de la Canne-à-Sucre a été le cadre idéal pour offrir un concert des plus spectaculaires aux mélomanes haïtiens. Kassav et Tabou Combo, deux gros ténors incontestés de la musique antillaise ont fait la fête. Un concert qui marquera pendant longtemps les fans du Konpa et du Zouk en Haïti.

Dix  heures  du soir le parc est investi par une foule compacte de fans. Nul ne semble vouloir manquer le plus grand concert de l’été, comme il a été annoncé. Les tables sont garnies de bouteilles, de verre et de plats de friture, dont l’odeur se mêle à la fumée du tabac et des bonnes fragrances pour flatter l’odorat.

Quelques minutes s’ecoulent et Minouche Chouloutte, de sa voix sensuelle et empreinte de patriotisme vient entonner l’hymne nationale suivi de « Tande m », une musique qui figurera sur son premier album. Le décor est fascinant et reflète bien la dimension du spectacle annoncé. Marc Anderson Bregard, et Jessica Géneus, les deux mc de la soirée  s’en mêlent à corps perdu pour tenir compagnie au public. Ce dernier trop apprêté à danser et à jouir des performances explosives des deux ténors qui lui sont offerts en cadeaux, ne s’y adonne pas. Ils préfèrent attendre.

Dix, quinze, ving minutes ! Le temps continue de filer et les bêtes de scène du groupe Kassav gravissent l’estrade. L’atmosphère commence bien à se surchauffer avec le zouk. Du zouk bien épicé. Jocelyne Beroard ne perd rien de sa beauté et de sa vivacité d’antan. Elle chante et bouge. Malgré son âge, la jeunesse brille sur son visage. Idem pour Jacob Desvarieux, dont la dextérité à la guitare et la voix feutrée sont encore remarquables. Avec une brochette de musiciens talentueux et expérimentés, des musiques qui ont fait vibrer des générations antérieures à la nôtre et des jeunes femmes dans des chorégraphies bien travaillées, kassav déploie tout son arsenal, pour offrir un show spectaculaire. Pour répéter un fan : Kasav sa fenk desann dife. Les souvenirs de jeunesse sont exhumés en grande pompe. Bien que la majorité des chansons interprétées ne soient pas connues du grand public, le zouk de Kassav, avec cette chaleur qui lui est inhérente, et cette virtuosité qu’on lui a toujours reconnu, ne cesse pas de survolter l’assistance. « Zouk la se sèl medikaman nou li », le morceau tant attendu par la foule, comble les attentes avant que les musiciens ne partent sous un standing ovation.

C’est le moment d’apprécier le jeune Valmix, l’n des Djs les plus adulés ces derniers jours, avec son lot de mixes. Un bon répit pour le public qui vient de zouker pendant une heure environ. Bregard ne fait pas faux bond. Cette fois-ci, il anime avec plus de fougue.

Après un long interlude d’une heure environ, c’est maintenant le tour de la bande à Shoubou. Bien élégants dans leur tenue noir et blanc, les musiciens investissent le podium sous les applaudissements de l’assistance. Un moment inoubliable de retrouvailles pour les centaines de personnes ayant connu les prouesses de cette formation musicale. Mais aussi l’occasion pour les jeunes de découvrir un groupe ayant porté le compas haïtien à des sommets. Herman Nau, Fanfan tibot, Shoubou, Dener Seide…ils ont tous sur le visage cet air de fête non feint et invitent à un moment de détente hors-pair.

« Men nou men nou », Le premier morceau interprété en guise d’intro, commence à déchaîner des vagues d’euphorie dans l’assistance. Et déjà des applaudissements se font entendre. L’on est astreint à opiner : « apre sa Kasav fin fè la, fok Tabou leve bonè ». Après le deuxième morceau, l’on n’a plus de doute. « Tabou est chez lui et connait son public », c’est la déduction qui s’ensuit. Avec un tempo qui s’accroît à une vitesse exponentielle, Tabou surfe la vague et tient le public au fil de l’émotion. « Yo » se révèle encore une fois, l’un des morceaux fétiches de la bande. Le public est emporté et devient la deuxième voix de cette interprétation. Shoubou, comme toujours, est plaisant sur scène, il ne ménage pas ses pas de danse. C’est fascinant ! Les vétérans sont encore là. « Ayiti alam kontan wèw, Potoprens pou janm t anvi wew…Ayiti cheri… » Des mots empreintes de couleur locale qui touchent en profondeur. Jeunes et vieux, ils sont tous happés par la magie des interprétations. Le président Joseph Michel Martelly, qui s’est montré très présent sur la scène musicale en Haïti ces jours-ci, ne prend pas ombrage. Sa présence sur scène aux côtés des musiciens de Tabou et de Jean Philippe du groupe Kassav, ravit la foule. Avec ses maniérismes et ses petites danses, l’assistance se rappelle bien les exploits de Sweet Micky.

Shaba, Roberto Martino et Reynaldo Martino font partie de ceux qui prêtent leur voix ou leur doigté à cette ambiance explosive qui marquera pendant longtemps les fans du Konpa et du zouk en Haïti.

 

Lord Edwin Byron ebyronlord@gmail.com lordedwinb@yahoo.fr
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