La décision du MENFP de reporter la rentrée des classes au 1er octobre aura, d’après des acteurs, de multiples conséquences sur le système. « On a planifié l’année en fonction du calendrier soumis par le ministère depuis le mois de juillet », a lâché Marc Anthony Alix, président du Consortium des organisations du secteur privé de l’éducation (COSPE). Le président du COSPE estime que la décision de reporter la réouverture des classes n’est pas tout à fait opportune. Il avance que les conséquences seront traduites à travers la qualité et le taux exécrable de réussite à la fin de l’année. « La réduction du nombre de jours de classe traduit la délivrance des diplômes au rabais par le ministère », a-t-il soutenu.

« Ce n’est pas la date de réouverture qui est le plus important, a répondu le ministre à ceux qui présentent sa décision comme une mesure rétrograde. Il souligne que le ministère est en train de travailler sur un nouveau calendrier qui permettra de rester dans la limite des 190 jours escomptés. »

 

Des parlementaires très remontés

Le sénateur du Sud-Est, Wencesclas Lambert, a qualifié d’anormale la décision de différer la rentrée des classes au mois d’octobre. « C’est une décision politico-économique », a déclaré le parlementaire, s’interrogeant sur l’utilité des programmes de développement annoncés par le gouvernement. Le sénateur Lambert suggère de mettre en place des mesures préventives, question de mieux planifier la rentrée des classes au cours des années à venir. Le vocable  «qui veut juin prépare octobre» n’est plus de mise dans le monde, a lancé ironiquement le parlementaire.

De son côté, le député Astrel Dolné exprime sa déception face à cette décision. Pour le député de Côteaux, Haïti ne fait que s’isoler davantage étant le seul pays à avoir si peu de jours de classe dans le monde. Le parlementaire pense que la décision du Premier ministre de reporter la rentrée des classes cette année ne fait que causer des préjudices à plusieurs éléments du système.

 

 

Des associations syndicales sceptiques

« Si la décision des autorités de reporter la rentrée vise à leur donner du temps pour pouvoir construire beaucoup plus d'écoles et pour augmenter le nombre des enseignants dans le système ce serait tant mieux », a déclaré le coordonnateur de l’Union des normaliens haïtiens (UNNOH). De son côté, Léo Litholu, le responsable de l’Union des parents et élèves progressistes d’Haïti (UPEPH), s’est dit surpris de l’annonce du gouvernement Lamothe qu’il qualifie de désinvolture. « Le report ne rapportera pas grand-chose mais ça soulagera un peu », a confié l’éducateur. Déjà, le responsable de l’UPEPH met en doute la capacité du ministère à faire respecter dans toutes les écoles la décision de reporter la rentrée scolaire. Plus loin, Léo Litholu presse l’exécutif à publier dans les plus brefs délais la loi sur les frais scolaires. « Les parents seront malgré tout contraints de payer dix mois de scolarité pour leurs enfants qui, eux, ne suivront que neuf mois de cours cette année », a regretté le responsable de l’UPEPH.

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Report de la rentrée des classes/Reactions
Rentrée des classes en octobre, les arguments ne suffisent pas
Le Nouvelliste | Publié le :06 août 2012
 Hansy Mars hansymars@lenouvellsite.com John Smith Sanon smithsanon@gmail.com
La décision du gouvernement de reporter la rentrée des classes au 1er octobre prochain est accueillie différemment. Si certains croient que cela va aider les parents à mieux se préparer, d'autres estiment qu'il s'agit d'une décision maladroite qui va priver les élèves d'un mois de classe.

« Suite à de nombreuses demandes formulées auprès du gouvernement qui reste toujours à l’écoute de la population, il a été décidé de reporter la rentrée des classes pour l’année académique 2012-2013 au 1er octobre ». Voilà la raison avancée par le Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), dans un communiqué de presse, pour justifier le report de la réouverture des classes pour l’année scolaire 2012-2013.

Le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe était le premier à annoncer la nouvelle lors d’une rencontre avec des parlementaires. « La décision de différer la rentrée scolaire répond aux préoccupations de la population en proie à de sérieux problèmes économiques et donnera aux parents de meilleures possibilités d’envoyer leurs enfants à l’école », avançait le chef du gouvernement.

Ni la déclaration de Laurent Lamothe, ni le communiqué de presse du MENFP n’ont  convaincu certains acteurs du système éducatif. Pour la professeure Mirlande H. Manigat, le gouvernement a concentré toute son énergie à la réalisation du carnaval des Fleurs. Voilà, à son avis, la cause fondamentale du report de la rentrée des classes. « C’est un gros scandale ! », s’exclame-t-elle. « Je ne comprends pas comment l’idée d’organiser un carnaval, une bamboche puisse être un argument déterminant pour modifier la date de la rentrée des classes ».

« Rouvrir les classes en octobre, c’est priver les enseignants des écoles privées d’un mois de salaire », a indiqué l’ex-sénateur du Centre, Edmonde Supplice Beauzile, sur les ondes de Magik 9 ce lundi, faisant remarquer que la plupart des écoles privées ne payent pas habituellement les trois mois de vacances, contrairement aux écoles publiques.

« Ont-ils décidé de repousser la rentrée en vue de permettre à tous les établissements scolaires du pays de se mettre au pas du nouveau système scolaire envisagé ? », s’est demandée, par ailleurs, la spécialiste en Education avant de critiquer vertement la décision jugée maladroite des autorités haïtiennes. Elle conseille au gouvernement de profiter de ce mois de vacances supplémentaires pour "partir en caravane vers la formation des enseignants".

La décision du MENFP de reporter la rentrée des classes au 1er octobre aura, d’après des acteurs, de multiples conséquences sur le système. « On a planifié l’année en fonction du calendrier soumis par le ministère depuis le mois de juillet », a lâché Marc Anthony Alix, président du Consortium des organisations du secteur privé de l’éducation (COSPE). Le président du COSPE estime que la décision de reporter la réouverture des classes n’est pas tout à fait opportune. Il avance que les conséquences seront traduites à travers la qualité et le taux exécrable de réussite à la fin de l’année. « La réduction du nombre de jours de classe traduit la délivrance des diplômes au rabais par le ministère », a-t-il soutenu.

« Ce n’est pas la date de réouverture qui est le plus important, a répondu le ministre à ceux qui présentent sa décision comme une mesure rétrograde. Il souligne que le ministère est en train de travailler sur un nouveau calendrier qui permettra de rester dans la limite des 190 jours escomptés. »

 

Des parlementaires très remontés

Le sénateur du Sud-Est, Wencesclas Lambert, a qualifié d’anormale la décision de différer la rentrée des classes au mois d’octobre. « C’est une décision politico-économique », a déclaré le parlementaire, s’interrogeant sur l’utilité des programmes de développement annoncés par le gouvernement. Le sénateur Lambert suggère de mettre en place des mesures préventives, question de mieux planifier la rentrée des classes au cours des années à venir. Le vocable  «qui veut juin prépare octobre» n’est plus de mise dans le monde, a lancé ironiquement le parlementaire.

De son côté, le député Astrel Dolné exprime sa déception face à cette décision. Pour le député de Côteaux, Haïti ne fait que s’isoler davantage étant le seul pays à avoir si peu de jours de classe dans le monde. Le parlementaire pense que la décision du Premier ministre de reporter la rentrée des classes cette année ne fait que causer des préjudices à plusieurs éléments du système.

 

 

Des associations syndicales sceptiques

« Si la décision des autorités de reporter la rentrée vise à leur donner du temps pour pouvoir construire beaucoup plus d'écoles et pour augmenter le nombre des enseignants dans le système ce serait tant mieux », a déclaré le coordonnateur de l’Union des normaliens haïtiens (UNNOH). De son côté, Léo Litholu, le responsable de l’Union des parents et élèves progressistes d’Haïti (UPEPH), s’est dit surpris de l’annonce du gouvernement Lamothe qu’il qualifie de désinvolture. « Le report ne rapportera pas grand-chose mais ça soulagera un peu », a confié l’éducateur. Déjà, le responsable de l’UPEPH met en doute la capacité du ministère à faire respecter dans toutes les écoles la décision de reporter la rentrée scolaire. Plus loin, Léo Litholu presse l’exécutif à publier dans les plus brefs délais la loi sur les frais scolaires. « Les parents seront malgré tout contraints de payer dix mois de scolarité pour leurs enfants qui, eux, ne suivront que neuf mois de cours cette année », a regretté le responsable de l’UPEPH.

Hansy Mars hansymars@lenouvellsite.com John Smith Sanon smithsanon@gmail.com
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