A l’origine, je pensais que le carnaval des Fleurs allait être une porte ouverte sur la culture haïtienne. Un canal de diffusion de nos coutumes et de notre grande capacité créative. Un magnétisme assez puissant pour nous attirer de l’admiration et de l’argent dans les secteurs artistiques et touristiques. Je voyais les trois journées plus qu’une bamboche populaire, mais comme des mots de bienvenue à des milliers de touristes que nous aurions drainés vers nos festivités estivales. Nos fêtes patronales.
Ma perception de ce rendez-vous était différente de ce qui se faisait en février, où l’attention populaire s’était tournée, comme d’habitude, vers nos groupes musicaux et leurs polémiques. Je pensais que la grande place allait être réservée aux raras et aux designers, aux mannequins, danseurs et écoles d’expression artistique. Je nourrissais le désir de voir, au lieu des maillots frappés des noms des entreprises commerciales, les bandes à pieds habillées par des écoles de couture et de créations ? Je m’attendais à moins de décibels et à plus de tambours, de banbou, de djembé, de tchatcha, aux voix des sambas, à la présentation du savoir de nos « Lakou » et aux chars déguisés par des professionnels de la décoration. Je voyais les reines et les rois le long du parcours sur une structure architecturale moderne, avec en plus des concours de déguisements, de chorégraphies afin de stimuler la création chez nos talents. Le carnaval des fleurs à laquelle je rêvais a toutefois des similitudes avec celui des 29, 30 et 31 juillet derniers. Une implication du secteur privé, une activité rentable pour les caisses de l’État, beaucoup de couleurs, mais…
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