Gary Victor
Dimanche dernier, je m’étais rendu à Bassin Zim; un site extraordinaire qui, en d’autres lieux, aurait fait le bonheur des touristes. Les grottes attenantes à la chute sont d’une merveille à couper le souffle. On est abasourdi en découvrant des inscriptions indiennes sur les parois.
Mais on est aussi choqué de voir comment tout est laissé à l’abandon alors qu’on parle de tourisme à coups de colloque et de million qui devraient être dépensés en construction d’hôtels. On a coutume de dire qui peut le plus peut le moins. Moi je dirais: qui ne peut pas moins, peut-il faire plus ?
Encore une fois, comme dans beaucoup d’autres lieux à vocation touristique, on constate que des détritus jonchent les abords de la chute. Dimanche, quand je suis arrivé vers les 14 h, une partie de l’eau du bassin au bas de la chute était recouverte d’une couche de déchets. Les gens de la zone que j’ai questionnés sur l’origine de ces fatras m’ont expliqué que c’était l’eau qui les avait apportés lors des dernières pluies.
Moi, je secoue la tête quand on me raconte que l’État haïtien n’a pas de moyens. Il y a des moyens pourtant pour des dépenses qui n’ont souvent rien à voir avec l’essentiel. Qu’on ne vienne pas soutenir que le ministère du Tourisme ne peut pas trouver des fonds pour constituer des équipes de nettoyage et de surveillance de nos sites touristiques. Nous avons été guidés pendant notre visite à Bassin Zim par trois jeunes, visiblement soucieux de ce lieu qui les a vus naître. Il suffirait d’une simple formation pour des jeunes comme eux, et d’un salaire même minime pour qu’ils se préoccupent au quotidien de la propreté de l’endroit.
À Saut-d’Eau, l’effort a été fait pour rendre le site plus accessible. C’est à féliciter. Mais il faut vraiment que nous abandonnions les normes « haïtiennes », que nous nous mettions en tête que ce n’est pas seulement les Haïtiens d’ici et de la diaspora qui visiteront l’endroit. Le site reste sale, fréquenté souvent par une faune interlope:ivrognes, mendiants, détraqués, entre autres, qui peut mettre mal à l’aise des touristes. Un ministère du Tourisme qui se respecte ne devrait pas tolérer ce type de petit commerce qui se pratique aux abords du site, comme partout malheureusement aussi ailleurs. Il faudrait encadrer, aider ces petits commerçants en leur procurant un espace respectant la beauté du lieu.
Bref, beaucoup de choses à faire, qui ne coûteraient pas des millions, mais qui nécessitent pour les mettre en œuvre de la volonté et une autre manière de voir notre pays et notre peuple qui rompt avec cette mentalité « kokoratiste ».
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