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par Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com
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NATIONAL

Certains sinistrés commencent à perdre patience
Le Nouvelliste | Publié le :26 juillet 2012
 Hansy Mars hansymars@lenouvelliste.com Twitter: @marshansy
Plusieurs camps d'hébergement qui abritaient les déplacés du séisme du 12 janvier 2010 ont été vidés de leurs occupants à la suite des efforts déployés par les autorités en place et certains organismes internationaux. Toutefois, les sinistrés vivant dans d'autres sites de l'aire métropolitaine se sentent négligés.

Ils sont encore des centaines, voire des milliers, à s’entasser dans des conditions difficiles dans plusieurs camps dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Parmi ces camps, on peut citer celui se trouvant sur la cour de l’école nationale République d’Argentine,  autrement dit camp des déplacés de carrefour Péan, et le camp Barthélémy situé à Delmas 18 prolongé. Les conditions pénibles d'existence dans ces camps sautent aux yeux.

A l’intérieur de ces camps, les sans-abri  continuent de réclamer le support des autorités et des institutions humanitaires. « Depuis l’incendie du 7 février 2012, la situation a empiré ici. L’insécurité, le banditisme font rage », déclare Evelyne Frémont, vice-présidente du comité de gestion du camp des réfugiés de carrefour Péan. Elle confie avoir déjà reçu la visite d'instances responsables du  relogement des sinistrés qui ont identifié les tentes et noté leurs numéros d’identification nationale, mais le processus pour les reloger tarde encore à se mettre en branle. 

« Difficile de rester à l’intérieur des tentes quand il pleut, où il y a de véritables gouttières », lance Jean-Pierre, un sexagénaire. Monsieur Jean-Pierre dit attendre avec impatience le jour où il devra retourner vivre en toute intimité dans un espace décent avec sa famille. S’il avait de l’argent, dit-il, il aurait fait la même chose que ses anciens voisins qui sont partis sans attendre l’aide des autorités. A l'instar de Jean-Pierre, la majorité des déplacés expriment le désir de partir.

Même avec un effectif réduit, le camp Bigo et Barthélémy fait face aux mêmes difficultés. Les bâches et les tentes sont en lambeaux. La situation sanitaire reste encore précaire surtout avec la défectuosité des toilettes construites depuis 2010 par une organisation internationale. « Personne ne souhaiterait vivre dans de telles conditions, mais nous sommes obligés d’y rester parce que nous n’avons pas suffisamment de moyens pour partir », s’est plaint Jean-Rénald Orée, responsable de ce camp érigé sur une propriété privée.

Le responsable du camp exhorte les autorités gouvernementales à se pencher sur leur cas, redoutant un éventuel déguerpissement malgré la bonne volonté dont fait montre le propriétaire de cet espace. Orée qualifie d'inhumaines les conditions dans lesquelles ses camarades évoluent dans ce camp. N'ayant pas été recensés, les sinistrés perdent tout espoir d'être relogés dans le cadre du programme 16/6.

Interrogé à ce sujet, le responsable de l'Unité de construction de logements  et bâtiments publics (UCLPB), l’ingénieur Clément Bélizaire, s'est réfusé de se prononcer sur des camps en particulier. Toutefois, il annonce la mise en place d’une stratégie visant à libérer les espaces privés occupés par les déplacés. « 72% des camps restants sont sur des espaces privés. L’objectif, c’est de leur offrir une maison », a  fait savoir le responsable du projet 16/6 transformé en programme 45 camps sur recommandation de la présidence. Dans le cadre de ce programme, plusieurs espaces qui avaient accueilli des sans-abri après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 ont été vidés de leurs occupants, notamment à Pétion-Ville et au Champ de Mars qui doit accueillir le carnaval des Fleurs.

Hansy Mars hansymars@lenouvelliste.com Twitter: @marshansy
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