En réponse à la volonté du gouvernement haïtien de placer l’emploi au cœur du processus de reconstruction, la secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle, Mme Marina Gourgue, et le coordonnateur du Bureau international du travail (BIT) en Haïti, M. Antonio Cruciani, ont ratifié le mardi 10 juillet 2012 un accord qui permet d’instaurer un programme national de formation professionnelle. « Seule une main-d’œuvre qualifiée pourra créer les conditions nécessaires à une croissance forte, durable et équilibrée en Haïti », a rappelé madame Gourgue, dans son discours.
Cette entente entre l’INFP et le BIT s’articule autour de trois objectifs principaux. Le premier point traite de la révision des programmes et des curricula de formation. Une réforme du système de formation professionnelle pourrait même voir le jour dès 2013, dans le cadre du programme G20, initiative mondiale des pays du G20 pour le développement des ressources humaines. Le deuxième objectif de cet accord concerne l’adaptation prioritaire des formations professionnelles aux secteurs porteurs du marché et aux activités bénéficiaires de la relance de la croissance économique, en partant du secteur de la construction pour s’élargir progressivement à d’autres secteurs économiques porteurs d’espoir. De nombreux citoyens haïtiens vont ainsi être mieux formés pour devenir : chefs de chantiers, maçons spécialisés en normes parasismiques et anticycloniques, plombiers, électriciens, mécaniciens spécialisés. Ces apprentissages concernent également les métiers de la télécommunication, de la réfrigération et de l’informatique. Le dernier point du protocole signé mardi permet l’intégration dans les programmes de formation technique de modules d’apprentissage sur la création et la gestion d’entreprise.
Favoriser l’accès à l’emploi
Avant d’entériner le protocole d’accord, M. Antonio Cruciani a insisté sur l’engagement constant du BIT pour soutenir et appuyer les institutions de l’Etat haïtien, comme le MAST, le MTPTC ou le MENFP. Le coordonnateur du BIT en Haïti s’est également félicité du renforcement de la collaboration avec l’INFP, ce qui permettra selon lui de contribuer à l’expansion et à la consolidation d’une main-d’œuvre qualifiée et opérationnelle, favorisant ainsi l’accès au marché du travail en Haïti.
Cet accord permettra donc de faire adopter des mesures qui établiront des conditions favorables au développement du marché du travail national. Une fois l'accord signé, madame Gourgue et monsieur Cruciani ont souligné que la collaboration entre l’INFP et le BIT était déjà concrète et fructueuse. Leurs institutions respectives, en partenariat avec Haïti Tech, la coopération suisse et Build Change, ont permis à 20 bénéficiaires de suivre des séances de formation en construction parasismique, ils deviendront à leur tour des formateurs. Ils recevront au cours de la semaine leurs diplômes. Composante stratégique du « Projet 16/6 », cette formation professionnelle constitue la première étape d’une reconstruction saine et durable de Port-au-Prince. « Grâce à l’intense collaboration entre le BIT et l’INFP, ce programme d’apprentissage permettra de former graduellement 1 000 ouvriers en construction parasismique, qui reconstruiront ou répareront près de 1 700 maisons dans les 16 quartiers concernés par ce projet, d’ici à la fin de l’année 2013 » a assuré la secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle.
Suivant les principes fondateurs du BIT, tous les programmes développés doivent améliorer l’employabilité de nos jeunes, et permettre l’accès pour tous à un travail décent. Le gouvernement haïtien et les institutions internationales semblent aujourd’hui reprendre à leur compte la citation du célèbre entrepreneur Philippe Bloch : « Investir dans la formation professionnelle, c’est conjuguer l’avenir de chacun au futur ».
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