Au deuxième appel nominal qui a accusé la présence de seulement dix sénateurs, Simon Dieuseul Desras a décidé, jeudi, de lever la séance. L’air déçu du mépris fait à la « Déclaration d’Indigo » du nom de l’hôtel de plage qui a hébergé une retraite de deux jours sur la Côte des Arcadins, le président du Grand Corps a même considéré les absentéistes comme des mineurs. « Vous avez une obligation morale de venir travailler puisque vous êtes régulièrement rémunérés », a déclaré le sénateur Desras du haut de la tribune. « Vu l’engagement qui a été pris lors de la retraite d’Indigo, veuillez citer la liste des sénateurs absents », a-t-il demandé à la secrétaire qui procédait à l’appel nominal.
Deuxième secrétaire du bureau et signataire de la « Déclaration d’Indigo » Joël Joseph John s'est montrée encore plus virulent que son président. « Certains sénateurs sont plus présents dans les couloirs de ministères que sur leur lieu de travail », a tempêté le parlementaire. Les ministères, a-t-il insisté, sont considérés comme les lieux d’approvisionnement pour la plupart de ses collègues. Signataire lui aussi de l’engagement pris à Montrouis pour la reprise des séances, Fritz Carlos Lebon, ne digère pas non plus la politique de la chaise vide pratiquée par certains des pères conscrits. « Les contentieux ont été vidés en partie et le Sénat demeure un corps », a indiqué le questeur tout en soulignant l’absence de plusieurs des signataires.
Absent au deuxième appel nominal, le vice-président de la Chambre haute, Andris Riché s’en prend à Simon Dieuseul Desras. « Le président a peut-être d’autres rendez-vous, il a précipité les choses », a réagi le sénateur Riché, qui digère mal le thème « mineur » utilisé par le président du Sénat. Ce dernier, a-t-il ajouté, a violé les règlements internes qui prévoient un troisième appel nominal avant de lever une séance. « Le président savait attendre jusqu’à 4 heures de l’après-midi pour ouvrir une séance », a rappelé Andris Riché, qui a pris en exemple la séance au cours de laquelle le premier ministre Laurent Lamothe avait fait l'énoncé sa politique générale.
Dans une déclaration signée presque à l'unanimité par les seize sénateurs qui prenaient part à la retraite, il a été convenu de « reprendre les séances en assemblée au Sénat de la République dès ce jeudi 5 juillet 2012 ». Les séances plénières sont suspendues à la Chambre haute depuis le vote controversé de l'énoncé de politique générale du Premier ministre Laurent Lamothe le 14 mai dernier. Ce vote avait coïncidé avec la fin du mandat de dix sénateurs, ce qui a rendu fragile le quorum au Grand Corps, qui a besoin de la présence de seize des vingt sénateurs en fonction.
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