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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
L'EPPLS organise une journée porte ouverte mercredi en ses locaux de Delmas 3. Ne vous demandez pas ce que ce sigle signifie ? Il y a fort à parier qu'il n'éveille en vous aucun souvenir ni le nom d'aucun organisme vivant. Normal. EPPLS est le nom d'une entité de l'Etat haïtien : Entreprise pu...
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ECONOMIE
Carte Blanche à Jean-Claude Boyer
Société/Education/ Prochaine rentrée scolaire
La surenchère a des causes plus profondes
Le Nouvelliste | Publié le :06 juillet 2012
 Jean-Claude Boyer jc2boyer@yahoo.com Mardi 3 juillet 2012

Est arrivée la fin de l'année scolaire. Les valises sont refermées. Rangés sont les ouvrages et autres outils d'apprentissage. On pense aux vacances, on pense au relâchement, à la distraction, à l'évasion, aux loisirs. Mais déjà les parents sont sous pression. Ils font face aux exigences de la rentrée prochaine.

Au fil des rencontres, il suffit que l'on pousse un ouf de soulagement -parce que l'année scolaire a été bouclée- pour voir un interlocuteur évoquer avec appréhension les charges auxquelles les parents font face. Il y a quelques mois, je rapportais dans cette rubrique le propos d'un journaliste senior qui mettait ainsi fin à un échange sur la question scolaire: «Bon lekòl la koute chè.» (L'école de qualité exige que l'on mette la main au porte-monnaie). Ce constat traduit un cercle vicieux. L'école est républicaine, or revient de façon récurrente l'expression du souhait de l'école unique. Eh oui ! L'on scande: «Il faut une seule école.» Mais comment matérialiser ce voeu quand l'argent domine tout ? L'école n'échappe pas à la différenciation qu'impose le triomphe de la marchandisation. Les rapports marchands débordent le cadre des biens et services traditionnels pour toucher de plus en plus la fonction scolaire.

Depuis la catastrophe du 12 janvier on constate que les gens évoluent comme s'ils voulaient rattraper le temps perdu. On dirait que, dans leur marche vers l'enrichissement, ils ont été freinés ou stoppés. Et, pour rattraper le temps perdu, il n'y a rien de plus indiqué que la surenchère. La surenchère, c'est aller largement au-dessus du prix raisonnable. Pour tout dire, c'est en quelque sorte perdre la mesure, c'est l'exagération. Je n'irai pas jusqu'à parler de mettre les bouchées doubles, ce n'est pas l'expression appropriée. Journellement, les constats de ce fonctionnement spéculatif sont visibles et palpables. Pourquoi l'école en serait-elle épargnée? En ce début de juillet 2012, la grogne de certains parents est perceptible. Une mère de famille me confiait le lundi 2 juillet que, dans une école congréganiste, le paiement annuel de quarante mille gourdes doit être fait pour une gosse qui va faire la 2e année. Au matin du mardi 3 juillet, un père de famille exprime sa satisfaction parce que ses deux enfants passent en classe supérieure, la fille va en 9e année fondamentale et le garçon en 6e année. Mais voilà, aux frais d'entrée de dix mille gourdes pour chacun, il faut désormais ajouter mille cinq cent gourdes.

«Où trouver ces valeurs?», se demande-t-il ne dissimulant pas sa préoccupation. La veille, la mère de famille aboutissait à la conclusion logique: «Pour une place dans une bonne école, il faut un bon salaire.» Elle a raison. Mais c'est un cercle vicieux: Quand, sous la poussée du temps et sous la pression de la DGI, frais d'entrée, frais annuels et frais mensuels sont régulièrement relevés, il faudrait périodiquement ajuster les salaires. Mais ce n'est pas si simple. La décision de révision salariale dépend de l'amélioration de l'environnement économique. Plus les affaires marchent, c'est-à-dire dans chaque entreprise se répand l'embellie économique, mieux le patron est disposé à faire des heureux parmi le personnel. Or, la morosité des temps présents pousse à l'attentisme. Tous les acteurs économiques, principalement les producteurs de biens et services, sont confirnés dans le wait and see. Voir venir est l'attitude prudente. On ne prend pas d'initiative et on observe. Pendant ce temps, l'esprit spéculatif, la volonté de surenchère poursuit ses ravages. Tant que l'Etat n'aura pas mis un frein à sa propension dépensière qui entraine que les contribuables soient davantage sollicités, il y a fort à parier que la mesure, comme en toute chose, ne reviendra pas.

Jean-Claude Boyer jc2boyer@yahoo.com Mardi 3 juillet 2012
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