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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
Le Brésil, parmi les nouveaux meilleurs amis d'Haïti, est en train de prendre une place à part. Depuis 2004, la terre de Pelé fournit une portion importante du contingent des troupes de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustha). Cette dernière permet au pays le plus va...
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CULTURE

Sortie du numéro 224 de la revue Conjonction
Le Nouvelliste | Publié le :27 juin 2012
 
C'est par un débat sur le cinéma, avec des cinéastes et réalisateurs que l'Institut français en Haïti a lancé le numéro 224 de la revue franco-haitienne Conjonction sur le thème : Le cinéma et/en/sur Haïti. Il était sans doute utile, pour lancer ce numéro, de débattre, en public, des différents problèmes auxquels ce secteur est confronté en Haïti dont le plus crucial est sans doute la disparition des salles de cinéma depuis quelques années. Autour de Sabine Manigat, rédactrice en chef de la revue Conjoction et modératrice lors de ce débat, se trouvaient Arnold Antonin, Jean-Claude Bourjolly, Kharmeliaud Moïse, Rachel Magloire, Laurence Magloire. Le cinéaste Kharméliaud Moise a avancé trois raisons qui, selon lui, ont conduit à la disparition des salles : l'insécurité, le piratage, l'indifférence de l'État. Pour Rachel Magloire, si les salles sont un élément important, notamment parce qu'elles servent à une forme d'éducation par l'image, il faut commencer, si on veut vraiment parler de cinéma haïtien, par créer des écoles pour former des cinéastes. Arnold Antonin a quant à lui souligné que la crise du cinéma n'était pas spécifique à Haïti, que beaucoup de pays, notamment ceux du continent africain, se retrouvent sans salles de cinéma comme le Bénin et le Burkina Faso. La contrefaçon, dont sont victimes les films haïtiens, n'est pas un problème spécifique à Haïti, sauf que nous, nous n'avons pas l'arsenal qu'il faut pour le combattre. Si le piratage existe partout, souvent il se fait sous le manteau, alors que dans les pays pauvres comme le nôtre, c'est sur la voie publique et dans les magasins ayant pignon sur rue que sont vendus les produits contrefaits, culturels et autres. Les cinéastes et réalisateurs autour de la table de conférence ce mardi à l'Institut français étaient unanimes à déplorer que les chaînes de télévision locales diffusent souvent leurs films sans leur autorisation. La question des droits d'auteur et des droits voisins en Haïti se pose, plus que jamais, de manière cruciale et le chemin du texte législatif à son application semble tellement long dans le pays de la débrouillardise généralisée que le public a pu percevoir une sorte de tristesse sur l'Institut français, comme si nous étions dans une chose inextricable. Le beau et le bien fait sont heureusement consolants. Le numéro 224 de la revue Conjonction offre un beau regard, parfois nostalgique, sur ce que fut le cinéma haïtien en termes de production, de disponibilité de salles et sur le métier, ô combien beau! de cinéaste. On lit et on sort tout imprégné de la passion d'Arnold Antonin, de Raoul Peck, des soeurs Magloire. Le cinéma est un métier de rêve, dans tous les sens du mot. Il le reste, malgré les difficultés que connaît sa pratique dans le monde et dans les pays pauvres particulièrement. Les salles de cinéma étaient au nombre de 28 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, c'est-à-dire comprenant Delmas, Carrefour et Pétion-Ville, en tenant compte du fait que le Capitol à la rue Lamarrre en comptait 4 et l'Impérial à Delmas 11 en comptait 3. Quand vous aurez lu l'extrait tiré du tome VIII de Port-au-Prince au cours des ans de Georges Corvington « Les débuts du cinéma à Port-au-Prince », vous ne passerez plus jamais devant ce qui reste du Rex au Champ de Mars sans un sentiment de révolte. Le hall de cette salle de spectacle est devenu une décharge. Les gens balancent à travers la grille tout ce qu'ils peuvent comme déchets. Dans la bonne tradition de la revue franco-haitïenne Conjonction, la dernière partie parle de culture et nous retrouvons deux articles de Guy Maximilien, un sur le festival des Gede et l'autre sur le carnaval ainsi qu'une recension signée Emmelie Prophète sur l'avant-dernier livre de Lyonel Trouillot « La belle amour humaine » Emmelie Prophète
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