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par Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com
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ECONOMIE

4e avenue Bolosse/Martissant/ Travaux de drainage
Insurmontable défi pour les Travaux publics
Le Nouvelliste | Publié le :27 juin 2012
 Gérard Junior Jeanty et Cyprien L. Gary
Existe-t-il un service de contrôle des ouvrages de travaux publics réalisés dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince ? L'état piteux et quasiment choatique de certaines artères très fréquentées de la capitale haïtienne, notamment au niveau des tronçons de Bolosse et de Martissant, peut aider à trouver une réponse à cette interrogation.
L'Etat haïtien, particulièrement le Ministère des Travaux publics, Transports, Communication et Energie (MTPTCE), fait preuve d'une incapacité avérée à pallier les différents problèmes de drainage, de détérioration et d'assainissement qui se posent pourtant depuis des années à Port-au-Prince et ses environs. Prenons à titre d'exemple ce tronçon situé à l'entrée sud de la capitale, les 1ere, 2e, 3e, 4e et 5e avenue Bolosse. Quelques décennies de cela, il faisait bon vivre dans cette zone pauvre mais dont la salubrité et le pittoresque ne laissaient pas indifférents les visiteurs. Aujourd'hui, les avenues Bolosse (surtout la 4e avenue) symbolisent, aux yeux de ceux qui les fréquentent, l'antichambre de l'enfer où des amas d'immondices, de boue, de mouches, d'eaux puantes coulant en permanence sur une chaussée complètement ravinée font bon ménage avec les produits alimentaires étalés çà et là par des petits détaillants. Dans ce décor apocalyptique que présente ce tronçon du boulevard Jean-Jacques Dessalines, de temps à autre des chauffeurs essayent difficilement de se frayer un chemin en dépit des interventions ponctuelles et inefficaces du MTPTCE. Face aux appels incessants des usagers de ce tronçon et des riverains, les autorités ont décidé en mars - avril dernier de trouver une solution au problème en entreprenant des travaux de drainage au niveau de l'angle 4e avenue et boulevard Jean-Jacques Dessalines. Cela a entraîné la fermeture de ce tronçon pendant environ un mois aux automobilistes. Toutefois, comme le redoutaient des observateurs, deux mois seulement après la fin des travaux de réaménagement de ce tronçon, la zone a repris son visage du début d'année: eaux sales et boueuses, déchets de toutes sortes, petits marchands étalant leurs produits à même le sol, circulation piétonne quasiment impossible à cause de la présence constante d'eau sur la chaussée. Certains chauffeurs évitent d'emprunter cette voie à cause de son mauvais état. Le dalot fraîchement construit pour contenir les eaux n'a pas pu en empêcher pendant longtemps l'écoulement sur la chaussée. Pour certains, les travaux effectués jusque-là au niveau de cette zone représentent une perte d'argent pour le Ministère des Travaux publics, Transports, Communication et Energie(MTPTCE); il s'agirait d'un pis-aller. Les autorités ne sont pas épargnées par les critiques des habitants de ladite zone qui mettent en cause la négligence de l'Etat haïtien à toujours vouloir traiter le problème en aval sans tenir compte des causes réelles. Ces critiques sont rejetées par le MTPTCE. « Le problème de cette zone est complexe », a laissé entendre Alfred Piard, directeur du MTPTCE, joint au téléphone le mardi 26 juin. « On ne peut faire que des pis-aller au niveau de ces quartiers afin d'améliorer une situation ponctuelle », a-t-il soutenu soulignant que la situation serait compliquée davantage s'il n'y avait pas eu des travaux de drainage réalisés dans les quartiers de Bolosse. Les bidonvilles construits au niveau de ces quartiers sont identifiés par le directeur du MTPTCE comme l'un des éléments rendant complexe le problème de la 4e avenue Bolosse. « Autrefois, toutes ces zones n'étaient pas habitées. Ces dernières années, même le littoral au Bicentenaire s'est "bidonvillisé". Pourtant ce sont des zones impropres à l'habitat », a critiqué Piard, rappelant que cette dérive a commencé vers la fin des années 80. La coupe des arbres au niveau du morne L'Hôpital est aussi responsable du mauvais état dans lequel se trouvent les quartiers de Bolosse et ses zones avoisinantes selon le directeur du MTPTCE. « Au début des années 80, des travaux de drainage avaient eu lieu dans la capitale. Ils avaient résolu tous les problèmes auxquels nous faisons face ces derniers temps. Ce système de drainage n'existe pas maintenant car les travaux n'ont pas été protégés. Certains matériels ont été même vandalisés », a rappelé M. Alfred Piard, soulignant que ces travaux s'inscrivaient dans le cadre d'un projet ayant deux phases. « La première phase du projet consistait à reboiser le morne L'Hôpital, à curer et entretenir les canaux », a ajouté le directeur du MTPTCE qui a annoncé que le ministère s'apprête à intervenir encore une fois dans les quartiers de Bolosse pour un prolet déjà à l'étude et intitulé : « Drainage et assainissement de la zone de Bolosse ». Cependant, ces déclarations du responsable du MTPTC ne dédouanent pas les dirigeants de cette institution de leur mission de contrôle sur les travaux réalisés dans le pays. Car, loin de servir la communauté, certains des travaux de réaménagement entrepris à la capitale, ne font qu'amplifier les calamités de la population. A ce sujet, on saurait passer sous silence les plaintes permanentes des résidents du quartier de Martissant qui vivent un calvaire avec les travaux interminables d'une compagnie sur le tronçon par Martissant 7. Du début de l'année à nos jours, une partie de ce tronçon a été démolie puis reconstruite trois fois de suite sans aucune explication de la part de la compagnie ni des autorités haïtiennes. A côtés des problèmes de circulation que ces travaux causent, il convient aussi de souligner les nombreux cas d'accident provoqués en tant de pluie par les gros camions tombant dans les trachées béantes non indiquées laissées par la compagnie. Pire encore, les embouteillages monstres créées par ces travaux font l'affaire des malfrats qui en profitent pour braquer et rançonner chauffeurs et passagers obligés parfois de stopper net leur véhicule. Blocus oblige.
Gérard Junior Jeanty et Cyprien L. Gary
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