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par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
La monnaie américaine s'échange à plus de 44 gourdes pour un dollar. La tendance, séance après séance, est à la hausse. Ce n'est pas la première fois que la devise de référence de l'économie haïtienne franchit ce seuil. Nous avons connu des niveaux de décote plus élevés dans le passé. Cela date de l...
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EDITORIAL

Martelly-Lamothe: leurs rêves et le budget
Le Nouvelliste | Publié le :25 juin 2012
 Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@dalfaz
Laurent Lamothe voit grand. Son président Michel Martelly aussi. Les bonnes intentions pleuvent, les annonces se suivent, les promesses fleurissent ces derniers temps. Education gratuite, Carte rose pour l'assurance-maladie, Aba grangou pour lutter contre la faim, Crédit rose pour les femmes, Ti manman cheri pour les familles nécessiteuses, autant de projets encore embryonnaires qui peuvent changer la donne d'un pays en retard d'un siècle de politiques sociales. Le hic, ce pays, le nôtre, est affecté par une pauvreté endémique. Nous voici arrivés à la dernière ligne droite pour le premier exercice de vérité : le budget. Le premier de l'ère Martelly. La ministre de l'Economie et des Finances, une économiste pour une fois -non pas un brillant cadre du ministère qui a gravi les échelons ni un politique qui sait que plaire doit être son premier devoir-, a eu, sans langue de bois, des mots limpides : « l'Etat haïtien n'a pas pu dépenser son budget d'investissement et nous devons cesser de faire comme Pierrette et le pot au lait et baser notre poste dépense sur les promesses que les autres ne tiennent jamais depuis des années ». Que Haïti ne dépense que moins de vingt pour cent de son budget d'investissement à date peut paraître paradoxal, mais c'est le fidèle portrait de la situation. Pas d'argent et pas de capacité de dépenser ce qui est disponible, c'est un vrai casse-tête pour un gouvernement qui voit grand et veut aller loin dans le social et dans la réparation de toute une série de bobos qui s'entassent depuis des lustres. Le dernier Conseil de gouvernement qui s'est déroulé sous les yeux de la presse en dit long sur les intentions du Premier ministre Lamothe; l'homme d'affaires ne comprend pas que les projets ne se suivent pas, ne s'enchaînent pas. Pour chaque problème, il souhaite une solution et les millions qui vont avec. Souvent sur la sellette lors de cet exercice hautement démocratique, le ministre des Travaux publics, Transports, Communication et Energie, le premier des ministres qui n'a que des responsabilités concrètes, n'a cessé de parler d'argent qui manque, de fonds qui font défaut, de retards pour des questions de décaissement. Les Travaux publics comme d'autres ministères d'intervention peuvent vous dépenser des milliards si vous avez des rêves grandioses, et le gouvernement Martelly-Lamothe n'en manque pas. Comment faire le tour sans casser le cercle ? Le Premier ministre a déclaré la guerre à la corruption et à la contrebande. Rien n'est encore dit sur l'obligation de bien utiliser les fonds publics, un acte de foi en ce sens ne devrait pas tarder. C'est une option qui peut aussi permettre des économies pour payer d'autres factures. L'élargissement de l'assiette fiscale sera sans doute évoqué bientôt. Il faut de l'argent et des fonds mieux utilisés. Les réunions pour finaliser le budget doivent être passionnantes. Frustrantes aussi. Ce sont les premières de Lamothe et de son équipe rapprochée. Arbitrage, cadrage, tours de vis, appels à l'aide aux grands bailleurs, tout sera mis à contribution d'ici le 30 juin. Le président Michel Martelly en avait parlé au début de son mandat: qu'il est triste pour un pays de ne pas pouvoir emprunter pour cause d'annulation récente de sa dette... Le Premier ministre Lamothe n'aime pas l'étiquette d'Etat en faillite qui colle à Haïti dans le récent classement mondial; il a une chance de nous faire améliorer notre score en présentant un budget équilibré, des objectifs réalistes grâce à des solutions audacieuses.
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@dalfaz
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