ECONOMIE
Carte blanche à Jean-Claude Boyer
Société/Petites et moyennes entreprises
La fin tragique de la jeune coiffeuse
Le Nouvelliste | Publié le :27 juin 2012
Jean-Claude Boyer
Jc2boyer@yahoo.com
Quand, le mercredi 13 juin 2012, je vis arriver le jeune Wilguens Neptune qui fut pris en charge par l'une de ces dévouées dames de la salle de composition de texte, j'étais loin de penser que sa famille était plongée dans l'affliction et le désarroi. Il s'attarda dans les lieux, pour cause : par le téléphone, il était en contact avec la famille pour s'assurer de l'identité d'un parent. Manifestement, il ne voulait oublier personne. Sur le tard, mes yeux glissèrent sur l'écran, c'est alors que je compris qu'il s'agissait d'un meurtre. L'annonce était, en effet, peu banale : «Nous annonçons avec infiniment de peine la triste nouvelle de la mort de Guerline Gaspard, lâchement assassinée par des bandits armés à Thor 14, rue Séguignol, le lundi 4 juin 2012, vers 7 h 20 du soir.»
Le récit de son compagnon me glaça le sang et me rendit aussitôt furieux. Des jours après, je n'arrivais pas à chasser les images de la scène. Ce lundi 4 juin, Guerline s'adonne à son occupation de coiffeuse dans son studio de beauté. Sa motivation est la satisfaction de ces dames et demoiselles qu'avec ses doigts de fée, elle doit rendre belles. Le voile du soir s'étend petit à petit sur la ville. L'heure de ranger son tablier est presque arrivée. Alors qu'elle conversait avec une amie en présence de son compagnon et de son fils Stanleedjee, âgé de seize ans, soudain surgit un homme, l'arme au poing, qui leur demande de s'allonger sur le sol. Guerline n'obtempère pas. C'est alors que le malfrat fait feu en sa direction, elle est touchée de deux balles à la poitrine. Par instinct de survie, elle tente de prendre la fuite pour échapper à son agresseur qui, lui, n'hésite pas à lui loger une balle dans le dos. Blessée, elle est acheminée à l'hôpital de Martissant où est installée une équipe de «Médecins sans frontières». En cours de route, elle succombe à ses blessures.
Son forfait accompli, le meurtrier n'est pas du tout inquiet. Il s'éloigne tranquillement pour rejoindre un motard qui l'attendait quelques mètres plus loin. Les tentatives des riverains pour lui mettre la main au collet sont restées vaines.
Sans doute, ce lâche assassinat fait partie du quotidien ordinaire de la ville. Mais quand même, Guerline Gaspard, 38 ans, avait droit à la protection des institutions établies. Elle a cru bien faire en investissant dans sa petite entreprise pour offrir ses services à la clientèle de son quartier. Elle pouvait croire, que comme mère, citoyenne et entrepreneure, elle aurait droit à une protection immédiate si sa vie et ses biens étaient menacés. Il n'en a rien été. La présence policière sera remarquée sur les lieux après le crime. Comment rester indifférent en apprenant la fin brutale d'une jeune pousse qui ne demandait qu'à s'épanouir dans une atmosphère de paix ? La guerre déclarée par les bandits à la population n'a pas de trêve. Malheureusement.
Jean-Claude Boyer
Jc2boyer@yahoo.com
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