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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
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EDITORIAL

Grands enjeux et petits jeux
Le Nouvelliste | Publié le :19 juin 2012
 Frantz Duval duval@lenouvelliste.com twitter: @dalfaz
La Constitution amendée va entrer en vigueur par décision concertée des trois pouvoirs. Dans une belle unanimité, mais sans cacher les nuances qui fondent leur accord, le président de la République, celui de la Cour de cassation, le président du Sénat et celui de la Chambre des députés ont expliqué à la nation leur point de vue avant que ne soit lu l'arrêté qui met fin à une de ces batailles sans enjeux réels que nous affectionnons de mener. Non pas que les changements apportés à la Constitution de 1987 soient mineurs, oh que non! Mais personne n'avait de vraies raisons de s'opposer à leur publication ni de se battre pour les faire passer. Martelly avait une porte de sortie grande ouverte pour dire non : les erreurs plus que graves entre la version votée et celle publiée. Le Parlement, pris la main dans le sac dans un maladroit exercice de tripatouillage, n'avait pas d'arguments pour faire pencher la balance en sa faveur. Voilà que Martelly s'est embrouillé dans une suspension de publication qui l'a amené ce 19 juin devant la nation, 12 mois et 16 jours plus tard, dans un de ces exercices de communication qui font passer une capitulation pour une victoire. Cela dit, les enjeux pour le pays sont évidents. La nouvelle mouture de la Constitution renforce des institutions indépendantes et enlève un peu de pouvoirs aux trois pouvoirs. Il y a une redistribution de cartes. Pas de chambardements. Les puristes épuiseront les arguments pour chercher à savoir s'il fallait ou non publier la Constitution amendée. Les immobilistes éprouveront un grand chagrin de constater que les temps changent. René Préval, qui avait orchestré l'amendement, restera le grand perdant de cette affaire, même si tous ses conseillers qui y étaient impliqués, à un titre ou à un autre, se sont recasés. Bref, la vie politique va continuer son cours. La population a bien raison de ne pas s'exciter sur l'annonce de ce mardi. D'autant que l'on se demande qu'est-ce qui a bien pu pousser le président Martelly à céder sur toute la ligne. Sur toute la ligne? Non. Dans l'euphorie du jour, le président a placé une pointe, un pion. Un directeur général du Conseil électoral a été nommé, a annoncé le président à ses hôtes médusés. Le saisissement était de taille : faire l'annonce de cette nomination alors que la publication de la Constitution amendée consacre davantage l'indépendance du CEP qui sera dorénavant permanent avec des membres nommés pour dix ans, il fallait le faire. Preuve si besoin est que la Constitution n'est que du papier et que les jeux dépassent souvent les enjeux. Les Constitutions passent, la politique et les rapports de force demeurent. Avec l'aboutissement de l'affaire de la Constitution, Michel Martelly se libère d'un poids. Il va avoir les coudées franches pour gouverner s'il reste dans le périmètre invisible qui délimite son pouvoir. Le Parlement a repris de son prestige en gagnant une nouvelle manche, mais il reste fragile tant les forces qui s'y trouvent sont dispersées. Le pays se portera mieux si toute l'énergie des protagonistes se met à son service. Précision : il y aura bien des reines ! Un membre du comité d'organisation du Carnaval des fleurs a fait savoir au Nouvelliste qu'il y aura bien des reines à la fête. Des reines mais pas de chars allégoriques. Les beautés seront montées sur des voitures décapotables, pour introduire une nouveauté.
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com twitter: @dalfaz
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