NATIONAL
Université de Limonade, rendez-vous en octobre
Le Nouvelliste | Publié le :14 juin 2012
Valéry Daudier et
Gérard Maxineau
L'Université Roi Henri Christophe de Limonade ouvrira ses portes le 15 octobre prochain. C'est le recteur de l'Université d'Etat d'Haïti, Jean Vernet Henry, qui en a fait l'annonce mercredi.
Les inscriptions en ligne pour accueillir la première promotion d'étudiants à l'Université Roi Henri Christophe de Limonade débuteront l'été prochain, après la proclamation des résultats du bac. Ce nouvel agenda a été communiqué mercredi par les responsables de l'université. Les disciplines qui y seront enseignées ne sont pas connues, mais le recteur Jean Vernet Henry a souligné que l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) a commandité une étude dans les départements du Grand Nord afin de déterminer les besoins susceptibles d'aider au developpement de la région.
« C'est en fonction de cette étude qu'on va réfléchir sur ce qu'il faut mettre en place au niveau de ce campus », a expliqué M. Vernet.
Entre-temps, l'installation du conseil provisoire de gestion de l'Université de Limonade, nommé le 16 mars dernier par le Conseil exécutif de l'Université d'Etat d'Haïti(UEH) n'a pas pu avoir lieu. Le rectorat de l'UEH n'a pas encore pris possession formellement des lieux, selon les informations obtenues. La firme dominicaine chargée de la supervision du bâtiment ne remettra les travaux pas avant mardi.
La représentante spéciale de l'Unesco en Haïti, Michaëlle Jean, le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, Jean-Claude François, le directeur de l'Unesco, un groupe d'étudiants des facultés et universités de la région, entre autres, avaient fait le déplacement pour assister à la cérémonie d'installation, reportée sine die.
Pour une énième fois, le professeur Vernet a déploré le retard enregistré dans le décaissement des fonds octroyés par l'Etat haïtien pour préparer la première année académique de ce complexe offert par la République dominicaine. Cette lenteur, a souligné le recteur de l'UEH, a retardé le démarrage des cours de mis à niveau prévus préalablement pour juillet.
Malgré tout, Jean Vernet Henry est optimiste. Grâce notamment au soutien de l'ancienne gouverneure du Canada, du président du conseil provisoire de gestion de cette entité de l'UEH, le professeur Jean Marie Théodat, de personalités de la société civile dans le Nord. Selon M. Vernet, le professeur Théodat a accepté volontiers d'abandonner sa chaire de professeur à la Sorbonne, en France, pour aider à planifier la destinée de l'Université Roi Henri Christophe de Limonade.
Deux années préparatoires
Dans un souci d'excellence, le professeur Jean-Marie Théodat ne voulait pas démarrer sans une garantie sur la capacité réelle des étudiants. A cause des retards de financement qui ont empêché les cours de mise à niveau, M. Théodat, ancien responsable de l'Agence universitaire de la francophonie (Auf) pour les Caraïbes, compte consacrer les deux premières années des étudiants rien qu'à l' orientation de ces derniers. Les deux premières années, a confié le professeur, seront des années préparatoires.
« Après les deux années préparatoires, il y aura des renforcements, selon le choix de l'étudiant. Notre ambition ou notre plan de vol, c'est de créer un établissement avec un souci d'excellence, car nous n'avons plus droit à l'erreur », selon Jean-Marie Théodat.
Prête à aider l'UEH à réaliser ce « grand projet »
Vouloir réussir est également le rêve de Michaëlle Jean, qui a été pressentie pour diriger une commission que le chef de l'Etat allait mettre sur pied pour préparer la première rentrée académique de l'université de Limonade. Toutefois, l'ancienne gouverneure du Canada est membre d'un conseil consultatif composé notamment des membres de la société civile du pays.
« Je mets à disposition tout le bagage qui est le mien, comme ancienne gouverneure générale du Canada, comme envoyée spéciale de l'Unesco pour Haïti, comme chancelière de l'Université d'Ottawa, pour rassembler le plus de partenaires et d'occasions de coopérations possibles, de sorte qu'on ait de très bons professeurs invités qui viennent sur place enseigner à Limonade, pour qu'on ait aussi des jumelages de facultés (...) », a assuré la représentante spéciale de l'Unesco en Haïti.
« Il faut croire en nos possibilités ...croire que nous sommes capables d'y arriver. On n'est pas voué à l'échec, on n'est pas né pour échouer, on est né pour rêver grand pour faire de grandes choses »,a ajouté Michaëlle Jean.
Une chose est sûre: tous ces mots d'espoir ne chasseront pas le doute chez certains avant l'ouverture de la prochaine année académique.
Valéry Daudier et
Gérard Maxineau
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